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Catégorie : La vie du thé

De quoi la T.O by Lipton est-elle le symptôme ?

Le mardi 6 septembre, T.O by Lipton, en partenariat avec Pierre Hermé, invitait des blogueurs à un atelier accords thés et pâtisseries. Que le meilleur pâtissier du monde s’associe avec le leader mondial du thé m’a intriguée. J’y suis donc allée, également motivée par l’idée de rencontrer le théologue de Lipton, Kurush Bharucha, qui a co-réalisé avec Pierre Hermé les accords.

En préambule

Infusion de perles de Dragon

 

Pour les puristes et amateurs de thés, le moment consacré à la préparation du thé est aussi important que sa dégustation. Perpétuer des gestes ancestraux : sentir, regarder les feuilles avant et après infusion, ébouillanter la théière ou le gaiwan, doser le thé selon l’envie, maîtriser le temps d’infusion, ré-infuser plusieurs fois certains thés, est un véritable rituel qui lui garanti un moment de dégustation unique. Selon qu’il recherche un thé vert japonais ou chinois, un oolong, un puer, un darjeeling, (etc.) l’accroc aux feuilles va s’orienter vers différents comptoirs spécialisés : Jugetsudo, Palais des Thés, Frères Mariage, George Cannon, La maison des 3 thés, etc.

Comme pour le vin, les vrais amateurs ne sont pas légion. Ils sont parvenus à ce niveau d’appréciation du thé après un long cheminement. La T.O by Lipton, avec ses capsules et son temps d’infusion pré-programmé selon le thé, correspond donc plus au goût du grand public qu’aux buveurs de thés initiés qui sont moins nombreux.

Le contexte et quelques chiffres sur le thé en France

Les français préfèrent le café au thé et 75% utilisent du thé en sachet. Ces dernières années, les ventes de thé en grande surface stagnent. Les réseaux spécialisés, plus axés sur le thé en vrac, représentent 20% des ventes, avec une belle croissance : +10% (selon LSA).

 

Sachet de thé

Depuis 2004, deux marques de thé sont devenues très offensives en multipliant les points de vente. En 2015, le Palais des Thés a ouvert 5 boutiques en franchise. Kusmitea qui a également opté pour le système de franchise, prévoit d’ici 2018, d’ouvrir une cinquantaine de points de vente (source Les Echos). La marque développe également depuis un an des Kusmikiosk, des distributeurs automatiques de thés, notamment dans des gares comme celle de Montparnasse.

Kusmikiosk Montparnasse

 

Parallèlement au foisonnement des points de vente haut de gamme, l’initiation à la dégustation du thé sous forme d’ateliers se développe. Aujourd’hui de nombreux comptoirs de thés organisent des cours ou dégustations : Mariage Frère, Palais des thés, le Parti du Thé, Lupicia, etc. Les cours indépendants restent marginaux mais citons tout de même Nadia Bécaud et son Institut du thé et Lauren Pascault et son Atelier thé.

 

mangajo   may-tea    BOS ice tea Apple

 

 

 

 

 

Autre phénomène : l’engouement pour le thé glacé, notamment en grande surface et dans les snackings. Le midi, les français qui déjeunent sur le pouce ne choisissent plus systématiquement un soda mais optent également pour des ices tea, souvent vendus comme une boisson saine.
Les Ice tea de Lipton restent les plus consommés en France, mais de nombreuses marques ont développé une offre : Herbalist, BOS ice tea, Green, Mangajo et Blue Veda, etc. Preuve du succès : Orangina, pas du tout spécialisé dans le thé, a créé son ice tea parfumé cet été : le May Tea.

Bref, le succès des ice tea, le nombre croissant de cours d’initiation au thé et l’accélération du développement des boutiques spécialisées montrent à quel point le thé se démocratise et s’installe de plus en plus dans le quotidien des français.

Conséquence, on s’éloigne de plus en plus de l’image de la vieille dame anglaise buvant son thé le petit doigt en l’air. T.O by Lipton ne s’y est pas trompé : la consommation de thé prend de l’ampleur en France et il est possible de développer de nouveaux usages.

 

La cup of tea de DiviniThé

La T.O by Lipton et le thé dépoussiéré

Lancé depuis un an, la machine plait principalement au 30-50 ans. Sa spécificité réside dans la chambre à infusion transparente où les feuilles se déploient afin de libérer pleinement leurs arômes. C’est un agréable spectacle que de voir ces feuilles danser sous nos yeux. Sa sophistication technologique séduit également un public de geeks.

Il existe bien sûr plusieurs machines à thé, j’ai évoqué cette offre dans un autre article. (lire l’article). Ces machines nous renseignent sur une nouvelle façon de boire le thé. Avec la T.O by Lipton et sa sélection de thés nous sommes qualitativement, un cran au dessus d’une préparation thé en sachet et la maîtrise de l’infusion est assurée. C’est un bon compromis pour ceux qui ne veulent pas préparer le thé eux-même en théière par peur de le rater ou manque de temps.

Mais ce qui est intéressant avec cette machine, c’est de comprendre sa démarche. Pourquoi s’est-elle associée avec un grand chef pour cet atelier ?

La déclaration de Pierre Hermé et Kurush Bharucha

Pierre Hermé et Kurush Bharucha
Pierre Hermé et Kurush Bharucha

 

Avant de commencer l’atelier, le Maître des macarons a expliqué que pour lui, le thé est la boisson idéale pour accompagner une pâtisserie et le Tea master de chez Lipton de définir le thé comme une positive drink, une boisson saine contenant zero calories.

Une des spécificités des artistes est de ne pas avoir besoin d’études de marché pour sentir les tendances. Quand Pierre Hermé créé des accords thés-macaron, précisant démarrer la journée par une tasse de thé et le préconise en accompagnement de ses macarons, ce n’est pas anodin. Cela corrobore les données chiffrées citées précédemment : le thé s’installe de plus en plus dans nos foyers.

 

Association très réussie du macaron Jardin oriental de Pierre Hermé avec le thé Citron vert à la Cubain, créé pour la T.O by Lipton.
Association réussie du macaron Jardin oriental de Pierre Hermé avec le thé Citron vert à la Cubaine, créé pour la T.O by Lipton

 

Depuis 2010, le repas gastronomique des Français est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Notre réputation de fins gourmets est reconnue mais introduire le thé en accompagnement de notre cuisine est une nouveauté. Qu’un grand chef qui s’y intéresse est donc une très bonne nouvelle !

Les marques le savent déjà, le Palais des thés, le Parti du Thé, Beetjman & Barton, etc. s’associent régulièrement avec des fromagers pour proposer des dégustations. Il existe d’ailleurs un certain nombre de livres sur les accords thés et mets.

Ce n’est pas un hasard la Special T, la machine de Nestlé propose en octobre un salon de thé éphémère à Paris où l’on pourra déguster des pâtisseries du chef Gilles Marchal, créées spécialement pour s’accorder avec les thés. La tendance est bien là.

Associer le thé à des pâtisseries en s’appuyant sur la notoriété d’un plus grand pâtissier du monde, est une  façon pour la T.O by Lipton de travailler son image de marque bien sûr, mais également d’installer la machine au coeur des foyers et d’en légitimer l’utilisation. Les buveurs de thé en sachet qui veulent passer à une dégustation plus pointue, peuvent être ravis et rassurés par une machine qui calcule pour eux le temps d’infusion idéal et la quantité de feuilles à utiliser. Ils sont sûrs de boire, ou proposer un bon thé à leurs proches. Ils ne souhaitent pas jouer à trouver le meilleur temps d’infusion, la bonne quantité de feuilles. Ils veulent du simple et pratique.

Alors, de quoi la T.O by Lipton est-elle le symptôme ?

Oolong du dragon avec chocolats de Pierre Hermé

 

Pour répondre à la question  posée comme titre de cet article, cette machine est révélatrice de la place que le thé est entrain de prendre en France. Elle nous montre qu’il existe différentes façons de le consommer et que le meilleur moyen de le faire accepter durablement est de l’accorder avec nos traditions culinaires.
Par ailleurs, en s’installant au coeur des plans de travail des foyers, la T.O by Lipton entérine le fait que, le thé comme le café, est une boisson couramment consommée en France.

Demain, le thé sera la boisson la plus consommée en France ?

Il fut un temps où la France était une des plus grandes puissances mondiale et on utilisait le français, plutôt que l’anglais, comme langue de la diplomatie. Au cours de ces cinq dernières années, les Etats-Unis, première puissance mondiale, sont parvenus à imposer au coeur de la cuisine française leurs burgers.A présent, de nombreux restaurants de cuisine française proposent un hamburger, souvent revisité selon la région, à leur menu.

 

Image empruntée à l'émission M6: 100% Mag
Image empruntée à l’émission M6: 100% Mag

 

Aujourd’hui les deux pays où le thé est le plus consommés sont la Chine et l’Inde. Ce sont également les plus gros producteurs de thé. Deux pays ayant une forte croissance et qui vont de plus en plus s’imposer à l’avenir. Cela peut contribuer au développement de la consommation de thé en France. Mais gageons que comme pour le hamburger, nous saurons l’arranger à notre sauce, notamment en créant des accords avec nos spécialités culinaires, comme les macarons par exemple…

 

Macaron caramel beurre salé de Pierre Hermé

 

La consommation du thé en France n’en est qu’à ses débuts. Rêvons qu’un jour, dans nos foyers et restaurants, on nous proposera, au même titre qu’un vin, un grand choix de thés pour accompagner nos repas !

 

 

Quiz : mais qui a peint cette tasse ?

Vous aimez voir le thé en peinture ?  Saurez-vous identifier les peintres qui ont représenté ces 10 tea times ?
Un seul, moyen de le savoir : THEstez-vous !

Quizz : le thé dans la peinture

* Qui a peint cette buveuse de thé solitaire ?

* Qui a peint ce tea time champêtre ?

* Qui a peint ces buveuses de thé en 1879 ?

* Qui est l'auteur de cette estampe ?

* Qui a peint cette femme buvant un thé ?

* Qui a peint cette femme mélancolique qui semble absente de la toile ?

* Qui a représenté cette femme portant une tasse de thé ?

* Qui a peint ces femmes prenant le thé dans un jardin ?

* Qui a représenté cette jeune-femme devant un service à thé ?

* Qui a peint ce soyeux tea time, poussant le soucis d\'harmonie jusqu\'à assortir nappe et tasse ?

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La fabuleuse histoire de la Théière voyageuse : 2e épisode

La passation de la #theirevoyageuse

Rares sont les théières aventureuses. Généralement, elles vont du lieu de fabrication au point de vente pour terminer chez un particulier. Certaines, héritées ou chinées dans une brocante, auront une seconde vie. C’est pourquoi la plupart des théières pensent qu’une vie réussie est une vie passée entre des mains familières. Certaines vont se spécialiser dans une famille de thé, voire un thé, tandis que d’autres infuseront à tout vent toutes sortes de feuilles. Leur bonheur est là. Mais il existe une autre voie, rare et audacieuse : celle qu’a choisie la #theierevoyageuse…

 

 

La #theierevoyageuse est née en janvier 2016 des mains de Jé le Potier qui a eu une idée simple mais originale : permettre à cette théière de rencontrer de nombreux amateurs. Il a donc posté un message dans groupe Facebook, Le Club thé. Chacun recevoir la théière quelques temps, l’essayer, raconter dans le carnet ses impressions et s’engage à la passer à un autre membre du groupe. C’est ainsi que lundi, j’ai rencontré Estelle de VoluteTea, autour d’un oolonk milky, qui fut la première à l’accueillir.

 

La fabuleuse théière en grès émaillée.
La fabuleuse théière en grès émaillé.

 

La première émotion a été visuelle. La #theierevoyageuse est en grès, mouchetée de bleus, gris, avec un brun très chaleureux dominant. Ventrue à souhait, elle possède une sorte d’écusson ying et yang qui accentue sa touche asiatique.
La seconde émotion est tactile. On a tout de suite envie de la toucher. Et là, belle surprise : d’une contenance d’environ 30 cl, elle a une très bonne main.
Maline la #theierevoyageuse, elle est émaillée, on peut donc y faire infuser toutes les familles de thés, ce n’est pas une théière à mémoire.

Trouver quel(s) thés offrir à cet hôte de marque ne fut pas un problème, j’avais plein d’idées. En revanche, lui assurer la compagnie d’une tasse avec laquelle elle soit en harmonie était plus compliqué.

Je l’ai donc inaugurée le mardi matin, avec Panyong Nid Doré du Parti du thé que j »ai servi dans mon bol préféré du petit déjeuner, fabriqué selon la technique ancestrale du nériage par Benoist Lagarde. J’ai craint que ce mélange des genres ne la froisse. Si tel a été le cas, elle ne l’a pas exprimé dans son infusion qui était parfaite, juste chocolatée comme il faut avec un arrière petit goût de lichi.

 

La Théière au petit déjeuner, avec un Panyong Nid Doré.
La Théière au petit déjeuner, avec un Panyong Nid Doré.

 

Le mercredi, je lui ai proposé un de mes thés favoris du moment, un Yunnan Green de chez Thé rouge, café noir. Comme la liqueur est claire, j’ai opté pour un verre transparent. Au final, il allait très bien avec la théière qui a su révéler les saveurs légumineuses de ce yunnan.

 

La #theierevoyageuse prend l'air sur le balcon
La #theierevoyageuse prend l’air sur le balcon

 

Le jeudi, je lui ai offert des Perles de Jade au jasmin du Temple du thé. Avec cette fois-ci, en guise de compagnie, une tasse en grès également émaillé. J’ai l’impression que tasse et théière étaient en harmonie chromatique et bien complices. Le thé a pu être infusé trois fois.

 

La #theierevoyageuse au petit déjeuner
La #theierevoyageuse en bonne compagnie

 

Le vendredi, comme j’ai eu le sentiment qu’elle se plaisait avec la tasse en grès, j’ai  renouvelé l’opération avec, en infusion, un Oloong aux 5 agrumes du Palais des Thés. C’était le thé idéal pour ce moment de la journée, pas trop théiné mais avec des agrumes dynamisants.

 

La #theierevoyageuse : parfaite pour le tea time five o'clock !
La #theierevoyageuse : parfaite pour le tea time five o’clock !

 

Et puis est arrivé samedi, jour où je devais retrouver la prochaine personne qui allait recevoir cet hôte. J’ai donc remis la théière dans son emballage, non sans l’avoir remerciée pour ces jolis moments passés ensemble et je lui ai souhaité bon voyage. Nous avons pris le métro et elle a même eu une place assise.

 

La #theierevoyageuse prend le métro incognito
La #theierevoyageuse prend le métro incognito

 

La rencontre avec Sakina s’est faite chez Rose thé. Après avoir partagé un thé, j’ai pu lui laisser la #theierevoyageuse entièrement rassurée. Elle allait passer une semaine entre de bonnes mains.

 

La passation de la #theirevoyageuse
La passation de la #theirevoyageuse

 

Merci à Jé le Potier pour cette très belle initiative qui m’a permis de belles plages de dégustation mais également de rencontrer deux autres amatrices de thés. Ce fut amusant car généralement, on partage un thé mais rarement les accessoires utilisés pour sa préparation.

J’ai hâte de connaître la suite des aventures de la fabuleuse #theierevoyageuse. Je souhaite aux suivants de pouvoir la recevoir des mains d’un autre amateur de thés et la transmettre de la même façon. Il est toujours passionnant d’échanger avec d’autres tea addicts !

 

 

 

Le clip publicitaire de la T.O by Lipton

Il y a un mois, j’évoquais ici la T.O by Lipton, présentée en avant-première au BHV. Aujourd’hui, la marque lance officiellement une campagne publicitaire originale, en collaboration avec le Cirque du Soleil. Revenons sur ce concept et regardons comment ce film présente le thé.

 

La machine à Thé

La T.O by Lipton est le fruit de 5 années de recherche. Avant de lancer sa machine, la marque a longuement observé les consommateurs de thés ainsi que les études sur Lifestyle (nos modes de vie) dans les prochaines années.

Des années 90 jusqu’aux années 2010, nous avons vécu dans une société basée sur la recherche de la performance à tout prix. Le café a très bien symbolisé cette période.

Les études du Kantar Worldpanel révèlent que dans les 5 prochaines années, nos modes de vie seront plutôt orientés vers le je prends soin de moi, sans cette recherche de performance. Le thé incarne parfaitement cet état d’esprit.

Pour Lipton, il existe actuellement deux principaux types de consommateurs de thé en France. Le premier : les amateurs de thé, qui boivent du thé en vrac dans une théière, en respectant le temps d’infusion et qui se fournissent dans des boutiques spécialisées. Le second, majoritaire : les buveurs de thé, qui représentent plus de 95% de la consommation de thé en France et achètent du thé en sachet et un peu de vrac. Ils ne boivent pas obligatoirement du thé le matin, ce peut être un café, mais à différents moments de la journée ils vont boire du thé et des infusions. C’est à ces buveurs de thé français que la T.O by Lipton est destinée.

 

Oolong du Dragon infusé
Oolong du Dragon infusé

 

Les français consomment majoritairement du café mais la tradition de gastronomie du pays les rend très curieux. C’est pourquoi la marque a choisi ce pays et non le Royaume-Uni ou l’Irlande qui sont les plus grands consommateurs de thé d’Europe.

Cette machine propose donc une nouvelle façon de boire le thé et pour la promouvoir, en dehors d’une tournée du stand T.O by Lipton dans les centres commerciaux, la marque a réalisé un film publicitaire.

 

Making of du film publicitaire T.O by Lipton
Making of du film publicitaire T.O by Lipton

 

Le film publicitaire T.O by Lipton

Il existe peu de campagnes publicitaires télévisuelles pour le thé. Elles véhiculent généralement les images d’Epinal du thé : bien-être, relaxation, convivialité, esprit british, sérénité, etc.

Internet permet facilement d’effectuer des recherches, comme en témoigne la publicité ci-dessous. Cette campagne publicitaire Lipton qui date du début de la seconde guerre mondiale possède un certain charme désuet. Le message apparaît très daté mais révèle bien les clichés sur le thé et est très ancré dans son époque.

 

 

 

Ce n’est absolument pas dans ce style de clichés que la T.O by Lipton cherche à s’inscrire aujourd’hui. Dans toute sa communication autour de la machine, la marque parle de révolution. Le clip sort donc des poncifs et propose une autre image du thé : originale, moderne, énergique et avec des images colorées, très esthétiques et épurées.

 

Nageuse incarnant l'infusion Caprice de Citron
Nageuse incarnant l’infusion Caprice de Citron

 

La musique choisie est un classique connu du grand public, un extrait du ballet le Lac des Cygnes de Tchaïkovski. Mais il a été remixé par Dominic Howard pour T.O by Lipton afin d’être résolument moderne.

 

Nageuse incarnant l'infusion Rouge Baiser
Nageuse du Cirque du Soleil, dans le rôle de l’infusion Rouge Baiser

 

Pour les personnages, la marque a fait appel à un cirque de renommée internationale. Très contemporain, le Cirque du Soleil a notamment réalisé des spectacles aquatiques et ses membres sont de véritables athlètes.

Le film publicitaire se déroule donc dans la chambre à infusion de la machine à thé. Huit nageuses du Cirque du Soleil incarnent trois parfums. La première en jaune est Caprice de Citron n°97, une infusion citron avec des arômes de cupcake.

Les secondes en bleu incarnent un thé, le Oolong du Dragon n°45. Les troisièmes en rouge sont Baiser des Îles n°74, une infusion aux arômes de pamplemousse et d’hibiscus.

 

Nageuse incarnant le thé Oolong dragon
Nageuses incarnant le thé Oolong dragon

 

Les 3 parfums sont brassés très dynamiquement et leurs mouvements et gestes libèrent tous les arômes de la boisson en cours d’infusion.

Au final, ce film nous présente une nouvelle façon de faire infuser le thé, moderne et qui permet d’obtenir une boisson de qualité et très pratique à préparer. A voir si d’ici quelques années, à côté ou à la place de la machine à café, la T.O by Lipton trônera dans nos cuisines.

 

Capsule de feuilles du Oolong dragon
Capsule de feuilles du Oolong dragon avant et après infusion

Feuilles du Oolong dragon après infusion

Le thé et les expositions

Le thé de Maître Kuniyoshi, de George Cannon. Mélange de thé vert sencha avec des arômes de coings et poires.

Vous aimez les estampes japonaises ? Alors allez visiter l’exposition Fantastique Kuniyoshi, le démon, au Petit Palais du 1 octobre 2015 au 17 janvier 2016.
Vous êtes également amateurs de thé ? Alors vous serez comblés. La maison de thé George Cannon offre aux visiteurs, à l’entrée de l’exposition, un thé créé spécialement pour cet événement : Le thé de Maître Kuniyoshi. Une exception ? Depuis quelques années plusieurs maisons de thés parisiennes développent cette pratique. Quel est leur intérêt ? Pourquoi vendre du thé sur un lieu d’exposition ?

Les premières créations de thés pour des expositions

Le Palais des thés et la maison George Cannon ont débuté le partenariat avec un lieu d’exposition presque au même moment.

L’exposition Le thé à Guimet, Histoires d’une boisson millénaire s’est déroulée du 3 octobre 2012 au 7 janvier 2013. Il s’agit de la plus importante exposition consacrée au thé en France. Le musée Guimet a trouvé un partenaire bien connu des amateurs de thés : Le Palais des thés. La maison a créé pour l’occasion  le Thé Guimet. La couleur bleue de sa boîte est une référence au créateur du musée, le collectionneur Emile Guimet. Son père fabriqua un bleu, dit le bleu Guimet, qui assura sa fortune et celle de sa descendance.

Thé Guimet, créé par le Palais des thés
Thé Guimet, créé par le Palais des thés

Créé spécialement pour l’exposition, le Thé Guimet est un mélange composé d’un thé vert, parfumé avec des pétales de bleuets du yuzu et des arômes de cerises. Il est offert aux visiteurs au début de l’exposition et vendu uniquement à la boutique du musée. Un collector.

Du 21 novembre 2012 au 25 mars 2013 a lieu la rétrospective Dali au Centre Pompidou. Un partenariat est établi avec George Cannon qui crée pour l’occasion un mélange, vendu exclusivement durant 3 derniers jours de l’exposition. Le musée organise des nocturnes de 22h à 3 heures du matin où une tasse de thé Dali de Gala est offerte aux noctambules. Il s’agit d’un mélange à base de thé vert et oolong de Chine, accompagné d’arômes de bergamote, jasmin,  vanille, longane, lavande, agrumes et chocolat. Oui du chocolat, évident pour Dali !

Pourquoi ces partenariats ?

Les maisons de thé haut de gamme représentent 15% du CA du thé en France. Elles sont en très forte concurrence les unes avec les autres. Elles doivent donc particulièrement soigner leur image de marque. La plupart d’entre elles (George Cannon, Dammann Frères, Le Parti du thé, etc.) travaillent avec de grands hôtels. Elles fournissent, sous leur marque ou en marque blanche, du thé pour ces établissements.

Ces partenariats vont devenir importants pour Le Palais des thés et George Cannon qui développent de plus en plus ces dégustations et ventes sur le lieu d’une exposition.

 

Le thé de l'école de Sangai de chez George Cannon est un oolong de Chine, avec des arômes et morceaux de goji, églantier, chrysanthème, agrumes, jujube, longane et nashi
Thé Ecole de Shangai, de George Cannon
Le thé Au fil des saisons de George Cannon est un mélange de thés verts sencha de Chine et du Japon, avec des arômes de pomme, raisin, cassis, amande, coing, poire et rhubarbe et des pétales de soucis.
Thé Au fil des saisons, de George Cannon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

George Cannon travaille en partenariat avec le musée Cernuschi. A l’occasion de l’exposition L’Ecole de shangai du 8 mars au 30 juin 2013, la maison de thé propose un thé éponyme, semblable au Ba Bao cha (thé aux 8 trésors), sauf que le thé vert est remplacée par un oolong de Chine.

Toujours dans le même lieu, lors de l’exposition Japon au fil des saisons du 19 septembre 2014 au 11 janvier 2015, la marque crée le thé Au fil des saisons. Le mélange est composé d’un sencha du Japon et d’un thé vert de Chine, avec des arômes de pomme, raisin, cassis, amande, coing, poire et rhubarbe et des pétales de soucis.

Thé Hokusai, créé par le Palais des thés
Thé Hokusai, créé par le Palais des thés

Au musée du Grand Palais, pour l’exposition consacrée à Hokusai du 1 octobre 2014 au 18 janvier 2015, les visiteurs se sont vus offrir un mélange créé par le Palais des thés. Le Thé Hokusai est composé de thé vert sencha, avec des fleurs (dont de la rose), des agrumes et du gingembre. Il est vendu sur le lieu de l’exposition.

Une tasse de thé Maitre Kuniyochi est offerte par George Cannon à l'entrée de l'exposition.
Une tasse du Thé de Maitre Kuniyochi est offerte par George Cannon à l’entrée de l’exposition.

Au Petit Palais, pour  l’exposition Kuniyoshi, le démon de l’estampe du 1 octobre 2015 au 17 janvier 2016, le partenariat est établi avec George Cannon. La marque crée le thé de Maître Kuniyoshi, un mélange contenant du  thé vert sencha parfumé avec des arômes de poire et coing.

Mélange de thé Maitre Kuniyochi : thé vert sencha parfumé avec des arômes de poires et de coings
Mélange du Thé de Maitre Kuniyochi : thé vert sencha avec des arômes de poire et  coing

Créer un thé pour un grand musée parisien apporte du prestige à une maison de thé. C’est une reconnaissance officielle de la marque, de son savoir-faire. Les grands hôtels parisiens reçoivent de nombreux touristes qui y seront sensibles, ainsi que le grand public qui visite les expositions.

En France, plus de 60% du thé consommé est du thé parfumé. Les mélanges conçus  à l’occasion de ces expositions permettent aux marques de monter leur créativité et leur capacité à faire du sur mesure.

Le Palais des thés et George Cannon choisissent généralement des expositions en lien avec l’Asie, continent d’où est originaire le thé. Ils renforcent ainsi leur image d’experts et leur positionnement haut de gamme. Et puis, les visiteurs de ces lieux sont susceptibles d’avoir une certaine sensibilisation à cette boisson.

 

Le cas de la maison Theodor

La maison de thé Theodor réalise également des partenariats avec de grands lieux d’exposition. Le positionnement de la marque diffère puisqu’elle s’appuie sur la notoriété du lieu pour lancer de nouveaux thés mais le mélange créé n’est pas en lien avec le lieu.
Sous la verrière du Palais de Tokyo, l’après midi du 30 avril 2015, Theodor a présenté une installation éphémère Voyage en Jardin de Création qui racontait la genèse de son nouveau thé J.C. absolu Oolong. J.C. pour Jardin de création, un oolong parfumé au lotus, pêche et poire.
Le thé était vraiment la star du lieu et le directeur de la marque présentait au public sa démarche.

 

 

Perseus, collection Regard sur les étoiles, Theodor
Perseus, collection Regard sur les étoiles. Theodor

 

Plus récemment, du 10 au 13 septembre 2015, a lieu le salon des métiers d’art et de la création Révélations au Grand Palais. Theodor était présent pour présenter une oeuvre d’art autour d’une nouvelle collection Un regard sur les étoiles composée de 3 nouveaux thés. La marque a passé commande à deux élèves de l’École Camondo. Nicolas Jandrot et Florence Tajan ont conçu un totem de 2 mètres de haut autour de la création du thé et des astres.

 

Totem de Theodor, en hommage à la création de thés.
Totem de Theodor, en hommage à la création de thés.

Les 3 thés que l’on peut sentir sous les boules en bois en forme de planète du totem sont mis en avant juste à côté de l’oeuvre et disponibles à la dégustation sur place.
Perseus est un mélange d’earl grey, de bergamote, de yuzu et de prune.
Petite Ourse est un thé vert avec des arômes de mandarine et gingembre.
Phoenix est basé sur un thé noir et un maté vert avec des arômes de chocolat et une note pimentée.

 

Mélange Petite Ourse, de la collection Regard sur les étoiles, Theodor
Mélange Petite Ourse, de la collection Un regard sur les étoiles. Theodor

 

La maison de thé cherche clairement à mettre en avant sa dimension créatrice et novatrice en s’associant à des lieux dédiés à la création la plus contemporaine. Les thés sont vendus en avant première sur le lieu d’exposition. Ils sont ensuite intégrés au catalogue de thés de la maison.

 

Perseus et la Petite Packaging du thé Phoenix, de la collection Regard sur les étoiles.
Packaging du thé Phoenix, de la collection Un regard sur les étoiles, Theodor.

 

Les prix

Le Palais des thés et George Cannon pratiquent les mêmes prix : 15€ la boîte de 100 grammes. Cela correspond au prix moyen des thés vendus en boîte par ces marques.
La maison Theodor vend ses boîtes d’une même contenance à 20€. Le packaging est plus élaboré puisque la boîte en métal est abritée dans un écrin en carton particulièrement soigné.

Créer de l’éphémère et de la rareté

Au départ, le mélange de thé conçu pour une exposition est vendu uniquement durant l’exposition et donc en édition limitée et collector. A cela s’ajoute un packaging en lien avec l’exposition qui est une très bonne publicité pour la marque. Rapporter d’une exposition un cadeau-souvenir gustatif change des crayons, catalogues d’expositions, magnets, posters ou cartes postales.
George Cannon a choisi de rendre disponibles ses créations chez les revendeurs de la marque ainsi que dans sa boutique parisienne.

Cette formule, associer un thé à une exposition, peut être un succès au delà de l’exposition. Un an après l’exposition Le thé à Guimet, Histoires d’une boisson millénaire, le Palais des thés a obtenu l’autorisation du musée d’ajouter le Thé Guimet à son catalogue permanent.

Nous ne somme sans doute qu’au début d’un nouveau phénomène de création de thés sur mesure qui va nous permettre de prolonger le plaisir de l’exposition autrement qu’en feuilletant le catalogue. Un an après, nous pourrons nous installer confortablement dans un fauteuil pour déguster le thé de l’exposition XX. En le regardant, en le humant et le dégustant, nous reverrons de magnifiques images de l’exposition et d’intenses moments d’émotions resurgiront. Le thé est une madeleine de Proust !

Madeleine

La T.O by Lipton, une machine à thé

Stand T.O by Lipton au BHV

Pour le lancement de sa machine à thé, la marque Lipton, leader du marché du thé, a choisi la France et plus précisément le BHV du Marais à Paris. On peut donc aller jusqu’au 10 octobre 2015 tester gratuitement la T. O. by Lipton et être chaleureusement accueilli par l’équipe sur le stand.

Cet article a été rédigé en 2015, malheureusement, aujourd’hui la machine n’est plus commercialisée depuis 2019. Elle n’a pas rencontré le succès escompté.

Une machine à thé pour quoi faire ?

Soyons clairs. Les puristes du thé ont l’habitude de consommer du thé en vrac. Ils le préparent selon les règles de l’art alors pour eux, l’idée d’une machine est assurément une hérésie.

En effet, l’initié ou l’amateur éclairé de thé apprécie le rituel de la préparation. Il commence par sentir les feuilles de thé, puis, choisit la température de l’eau, la durée d’infusion, la quantité de feuilles pour pleinement réussir sa tasse.

Cette machine ne s’adresse donc pas à lui mais plutôt aux 75% des français qui consomment le thé en sachet. Ce chiffre laisse penser qu’une machine à préparer le thé a sa place chez les consommateurs de thé… pressés.

Oolong du Dragon infusé
Oolong du Dragon infusé

La légitimité de Lipton

Il y a 5 ans, le leader mondial du café Nestlé a lancé la première machine à thé individuelle. Et, malgré les avis mitigés du début, la Special T a trouvé sa place, néanmoins, elle n’a pas encontré un succès aussi retentissant que la Nespresso, lancée par la même marque.

Lipton arrive sur un marché déjà occupé par Nestlé mais avec un argument supplémentaire : la marque existe depuis 150 ans. Elle est réputée dans le monde entier et apparait donc comme légitime auprès des buveurs de thés.
Par ailleurs, Lipton a commercialisé depuis peu des capsules compatibles avec la machine de Nestlé.

Pour fabriquer sa machine, Lipton a soigneusement choisi 3 partenaires prestigieux : Krups pour la machine, la tasse est signée Bodum signe la tasse et c’est Brita qui conçoit le réservoir qui filtre l’eau afin d’en assurer la qualité.

Les différentes largeurs des opercules métalisés renseignent la machine sur le temps d'infusion et la température à programmer.
Les différentes largeurs des opercules métalisés renseignent la machine sur le temps d’infusion et la température à programmer.

La spécificité de T.O by Lipton

Comme pour la Special T, les capsules ont un marquage prédéfinit. C’est à dire que selon le thé choisi; le temps d’infusion et la température ont été définis par l’un des Tea masters de Lipton, Kurush Bharucha.

Les amateurs de thé savent que la qualité de l’eau est un élément primordial pour faire un bon thé. Une tasse de thé est composée de 98% d’eau et une eau faible en minéraux favorisera l’extraction des arômes dans la tasse. L’eau du robinet est donc à éviter car souvent très calcaire. C’est pourquoi, Brita a été choisi comme partenaire. Le réservoir de la machine contient un filtre Brita.

L’autre spécificité est la chambre d’infusion transparente placée sur le devant de la machine. Elle permet de voir les feuilles brassées lors de l’infusion. Cela comble un peu la frustration du buveur de thé de n’avoir pu examiner la qualité des feuilles en choisissant sa capsule. Il peut également les contempler une fois infusées. Cela n’est pas la cas avec la Special T, sauf à prendre le temps d’éventrer la capsule, les feuilles ne sont pas visibles. Par ailleurs, ces feuilles, en restant compressées dans la capsules, ne libèrent pas tous les arômes du thé.

Les capsules et leur prix

Pour le lancement, 33 capsules de thés différents ont été créées. Une belle place est faite aux thés natures, avec des noms prometteurs : Grand assam, Sencha splendide, Jardins précieux de Darjeeling, Mille et un jasmins, Yunnan d’or, etc. Les thés parfumés ont également des noms très évocateurs : Goûter petit-beurre, Délice de rose, Nuit d’épices, etc. A terme, il y aura 100 thés différents, dont un Pu Erh et des thés blancs.
Les capsules seront en vente uniquement sur les sites de la marque dans un premier temps. Lipton garde l’exclusivité du brevet pendant 2 ans. Ensuite, à l’instar de la machine Nespresso, les autres marques pourront proposer leur offre.

Capsules de la machine T.O by Lipton
Capsules de la machine T.O by Lipton

La boîte de 10 capsules est vendue 3,90€ quel que soit le thé. Nestlé a opté pour la même politique de prix unique. Ceci laisse un peu perplexe car on imagine que Lipton (ou Nestlé pour ces thés) ne doit pas acheter un Grand sencha  au même prix qu’un English breakfast

Capsule de thé Assam de la T.O by Lipton après infusion
Capsule de thé Assam de la T.O by Lipton après infusion

Le prix de la T.O by Lipton

La machine est vendue 179€, avec un assortiment de 40 cartouches, 2 verres Bodum et un filtre Brita. Elle est plus onéreuse que la Nespresso, mais le positionnement est clairement celui d’un produit premium, avec un prix en conséquence.

Il existe une autre machine à thé avec chambre à infusion, la Teforia, qui permet de modifier le temps d’infusion mais son prix à 1 174€ est vraiment celui d’un produit haut de gamme.

Où acheter la machine ?

La France est le premier pays où la T.O by Lipton est commercialisée. A compter de 2016, elle sera présente dans d’autres pays d’Europe.
Pour le lancement de sa Spécial T, Nestlé annonçait 1 000 machines fabriquées. Lipton, plus prudent, annonce une quantité de départ inférieure. Il faut dire que le marché des dosettes-capsules de thé ne représente que 4% du marché (source LSA) mais la marque mise sur une très forte croissance dans les 10 années à venir.

Le temps du lancement, c’est-à-dire jusqu’au 10 octobre 2015, T.O by Lipton est vendue uniquement au BHV et sur le site dédié à la machine. Ensuite, la machine sera également disponible pour la fin d’année dans quelques grandes surfaces spécialisées, comme Darty, Fnac et Boulanger.

Stand dédié à la T.O by Lipton au BHV
Stand dédié à la T.O by Lipton au BHV

La T.O by Lypton, présente l’avantage de préparer un thé rapidement et les capsules fermées hermétiquement permettent une meilleure conservation du thé que des sachets qui s’éventent vite. Elle peut être un bon compromis au bureau, où l’on n’a pas forcément la possibilité de se préparer un thé selon les règles de l’art.

Robert Fortune : aventurier, botaniste, espion et voleur de thé

Illustration extraites de Voyages en Chine à la recherche des fleurs et du thé (1843 — 1850), de Robert Fortune, Hachette, Paris, 1855

Non, l’espionnage industriel n’est pas spécifique de notre époque ! On le pratiquait déjà au milieu du 19e siècle, comme en témoigne le livre de Robert Fortune, « La route du thé et des fleurs ». Un récit plein de charme, même s’il « date » par certains aspects.

Le contexte ou pourquoi les britanniques ont voulu dérober les secrets du thé aux chinois ?

La Chine, berceau du thé, eut pendant des siècles le monopole de sa culture et de sa fabrication. A partir du 18e siècle, les Britanniques importent le thé exclusivement de Chine et assurent sa commercialisation en Europe. Les Chinois, forts de leur monopole, augmentent les prix à leur guise. L’Empire britannique d’alors a beau être l’un des plus puissants, il ne possède pas de denrées commercialisables pouvant être utilisées en échange du thé.

L’East India Company décide donc d’importer depuis sa colonie du Bengale de l’opium dans l’Empire du milieu, où il est officiellement prohibé. Cet échange, opium contre thé, n’est pas sans risque. En 1839, un fonctionnaire chinois furieux, Lin Zexu, qui lutte contre ce trafic fait détruire d’importantes cargaisons d’opium.

Quelques années auparavant, en 1834, l’East India Company a perdu son monopole sur le commerce de thé avec l’Europe. Il devient alors urgent de trouver une solution pour mettre fin à cette dépendance vis-à-vis de la Chine. C’est en Inde qu’elle va s’amorcer. Au début des années 1820, un arbre ressemblant étrangement au théier a été découvert dans la jungle d’Assam. Des essais de culture sont réalisés mais le produit livré à Calcutta ne sera pas jugé concluant.

Puisque le théier semble pouvoir vivre en Inde et que les Chinois sont détenteurs des secrets de la fabrication du thé, l’East India Company imagine alors une solution audacieuse. Ils vont envoyer un espion en Chine afin de prélever des plants de thé et ramener des Chinois en maîtrisant la culture, afin d’implanter des théiers sur les contreforts de l’Himalaya.

Pourquoi choisit-on Robert Fortune ?

Robert Fortune est un botaniste qui aime l’aventure. Il a séjourné en Chine, entre 1842 et 1845, pour le compte de la Société d’horticulture de Londres. Il parle chinois et connait les us et coutumes de ce pays.

En 1848, l’East India Company se tourne donc naturellement vers cet écossais de 36 ans et lui propose un salaire 5 fois supérieur à celui qu’il gagne alors afin de s’assurer de son adhésion.

C’est ainsi que Robert Fortune débarque en Chine en septembre 1848. Il a pour mission de s’aventurer dans la Chine interdite, afin de : « trouver et rapporter des graines et des plants d’arbustes de thé destinés aux plantations de l’Hon East India Compagny des régions de Chine où sont produits les meilleurs thés. »

Le récit de Robert Fortune : La route du thé et des fleurs

Les amateurs de récits à la James Bond vont être déçus. Le botaniste ne fait nullement état d’une mission d’espionnage et n’éclaircit pas certains points qui peuvent laisser perplexe. Un exemple ? Pour se fondre efficacement dans la masse, Robert Fortune s’habille en chinois, s’affuble d’une natte et se fait appeler Shing Wah. Certes, il parle la langue mais il semble difficile à imaginer que des Chinois, peu habitués à des étrangers, ne soient pas intrigués par son accent. Un Britannique de grande taille ne doit pas passer inaperçu dans l’Empire Céleste.

Quoiqu’il en soit, Robert Fortune prend sa mission très au sérieux et celle-ci s’avère compliquée :

Les susceptibilités ombrageuses du gouvernement chinois ont empêché les étrangers de visiter aucun des districts où se cultive l’arbre à thé, et les renseignements fournis, à cet égard, par les marchands de cette nation ne méritent aucune confiance.

La route du thé et des fleurs , Robert Fortune, éditions Hoëbeke, 1992

Pénétrer à l’intérieur de la Chine était passible de mort pour un étranger. Le botaniste envoie donc, dans un premier temps, des chinois chercher le thé. Les plants et graines rapportés le laissent dubitatif. Il va donc faire preuve d’une grande conscience professionnelle en décidant d’aller lui-même chercher les pants. Il opte pour deux régions : d’une part celle du Hwuy-chow (Woo-e), réputée pour son thé vert, d’autre part celle du mont Huangshan, réputée pour son thé noir.

Il réalise une découverte qui nous fait aujourd’hui sourire, mais en dit long sur la méconnaissance qu’avait l’Occident du thé à cette époque : thés vert et noir proviennent du même arbre.

Les thés verts et noirs proviennent de la même espèce, et la différence de couleur, de goût, etc, ne vient absolument que de la différence des modes de préparation. 

La route du thé et des fleurs , Robert Fortune, éditions Hoëbeke, 1992

En 1848, il réalise un premier envoi de graines qui arrivent pourries à Calcutta. L’intérêt d’avoir choisi un botaniste pour cette mission secrète se révèle alors crucial en de pareilles circonstances. L’année suivante, Robert Fortune a recours aux caisses de Ward (petites serres portatives en terre cuite découvertes une vingtaine d’années plus tôt) pour transporter les plantes.

1851, les premiers plans de thé arrivent à Darjeeling…

En mars 1851, 20 000 pieds de théiers destinés à être plantés sur les contreforts de l’Himalaya, accompagnés de huit ouvriers chinois spécialisés dans la culture et la manufacture du thé. Ils voyagent à bord de l’Island Queen et cette fois-ci la marchandise arrivera en bon état à Calcutta ! Ainsi va débuter la culture du thé sur les contreforts de l’Himalaya.

Ici s’arrête le récit de Robert Fortune, mais il retournera en Chine entre 1853 et 1856 afin de recruter d’autres ouvriers pour développer la culture du thé en Inde à plus grande échelle.

On s’amuse beaucoup à la lecture de ce récit très british. Robert Fortune s’y plaint régulièrement du manque de confort et de la roublardise des Chinois qui l’accompagnent. Ces derniers lui redemandent sans cesse de l’argent pour continuer le voyage, inventant des frais imprévus. Il n’a pas toujours le choix et doit souvent s’incliner.

Pour l’amateur de thé, cet ouvrage est une mine d’informations sur la culture du thé au 19e siècle et la façon dont les feuilles sont travaillées. 

Cette première récolte se fait dans les premiers jours du printemps, lorsque les boutons des feuilles commencent à se montrer. On en fait une qualité de thé tout à fait supérieure, qui répond à celle que l’on obtient des premières feuilles dans les districts à thé vert. La seconde récolte, comme nous l’avons déjà dit, est la plus importante ; les feuilles de la troisième et de la quatrième sont grossières et donnent un thé d’une qualité inférieure. 

La route du thé et des fleurs , Robert Fortune, éditions Hoëbeke, 1992

En revanche, l’importance de la préparation du thé pour sa dégustation semble quelque peu lui échapper, ou tout du moins reste-t-il très british dans son approche de celle-ci :

La maîtresse des lieux posa une tasse devant chacun de nous, dans laquelle elle plaça du thé, qu’elle couvrit d’eau bouillante. Inutile de préciser qu’elle ne nous proposa si sucre, ni lait. Toutes les autres tables étaient occupées, la plupart des clients étaient des coolies transportant du thé vers Chang-shan, et dont les caisses bloquaient le chemin, devant la maison. Nous bûmes notre thé, qui me parut très rafraîchissant à l’état pur, sans sucre ni lait. De temps à autres, un employé de la maison passait de table en table et remplissait nos tasses d’eau bouillante. Cela se renouvelait en général deux ou trois fois, jusqu’à ce que les feuilles de thé eussent perdu leur parfum.

La route du thé et des fleurs , Robert Fortune, éditions Hoëbeke, 1992

Robert Fortune continuera ses aventures botaniques, notamment au Japon et à Taïwan où il ira observer la culture du riz et des vers à soie. Néanmoins, son aventure chinoise constitue l’apogée de sa carrière. Dès 1887, l’importation de thé indien au Royaume de Sa Majesté va devancer celle du thé chinois. Il a donc réussi sa mission.

Les amateurs de darjeeling peuvent avoir une pensée émue pour cet aventurier-botaniste sans qui ils ne pourraient pas déguster ce champagne des thés cultivé sur les contreforts de l’Himalaya.

En savoir plus sur Robert Fortune :

– Documentaire : Robert Fortune, le voleur de thé, réalisé par Diane Perelsztejn 2001-52mn
– Le récit, disponible en ligne : Voyages en Chine à la recherche des fleurs et du thé (1843 -1850), de Robert Fortune, Hachette, Paris, 1855, VII+265 pages

Les illustrations sont extraites de : Voyages en Chine à la recherche des fleurs et du thé (1843-1850), de Robert Fortune, Hachette, Paris, 1855 et celle des caisses de Ward de Wikipédia

Exposition : Thé, café ou chocolat au musée Cognacq-Jay

Les expositions sur le thé sont rares. Aussi, quand le musée Cognacq-Jay en consacre une aux boissons exotiques, Thé, Café ou Chocolat ?, il faut se précipiter, quitte à être un peu déçue par le peu de place accordée au thé.

L’exposition débute par deux salles, intitulées Des exotismes dans la tasse et Vertus et dangers des boissons exotiques, qui sont à mon sens les plus intéressantes de l’exposition.

Thé, café et chocolat arrivent en Europe au 17e siècle. La Compagnie Française des Indes orientales nait en 1664, alors que la compagnie anglaise existe depuis 1600 et la néerlandaise depuis 1602. La consommation de thé sera donc plus tardive dans l’hexagone.

Dans un premier temps, ces boissons sont consommées comme liqueurs, au cours des repas. Des débats naissent alors à propos de leurs vertus médicinales. Cela explique pourquoi elles vont d’abord être vendues par les apothicaires.

 

Bon usage du thé, du café et du chocolat, du Nicolas de Blégny, 1687
Le bon usage du thé, du café et du chocolat, du médecin Nicolas de Blégny, paru en 1687

L’exposition présente un exemplaire de 1687 du Bon usage du thé, du café et du chocolat, du médecin Nicolas de Blégny. Il écrit qu’il faut faire preuve d’ « assez de précaution dans le choix du thé » afin de « distinguer ses degrés de bonté ». Il recommande le thé contre les maux de tête, pour favoriser la digestion et réguler les excès. On constate donc que les vertus prêtées au thé n’ont guère changé.

Au 17e siècle, ces boissons sont des cadeaux précieux réservés aux cours royales. Leur diffusion s’étend aux grandes maisons de l’aristocratie au 18e siècle et s’accompagne de la création de tasses spécifiques pour chacune des trois boissons.

Théière, 18e siècle  - Affiche de l'Exposition Thé, café ou chocolat au musée Cognacq-Jay
Affiche de l’Exposition Thé, café ou chocolat au musée Cognacq-Jay, d’après l’oeuvre de Carmontelle, 1773

La 3e salle intitulée Cercles de consommation abrite des tableaux mettant en scène la dégustation de ces boissons. Outre une magnifique nature morte de Chardin, on trouve un portrait de la Comtesse du Barry buvant un café par Jean-Baptiste-André Gautier d’Agoty. Mais le tableau le plus révélateur du nouveau rituel qui se met alors en place est celui du peintre Carmontelle, choisi pour l’affiche de l’exposition. Ce tableau de 1773 représente la Marquise de Montesson, en compagnie de la Marquise du Crest et de la Comtesse de Damas prenant le thé au jardin.

Cabaret, décor vert-rose, 18e siècle  - Exposition Thé, café ou chocolat
Cabaret, décor vert-rose, 18e siècle – Exposition Thé, café ou chocolat, musée Cognacq-Jay

Afin de répondre à une nouvelle demande, les manufactures européennes créent de nouvelles vaisselles pour ces boissons : des tasses et soucoupes, trembleuses, théières, cafetières verseuses, gobelets cornets à deux anses, etc. Concernant le thé, l’inspiration asiatique reste très présente, comme en témoigne cette théière de la manufacture de Sceau, en forme de dragon.

Théière en forme de dragon - Exposition Thé, café ou chocolat,
Théière en forme de dragon – Exposition Thé, café ou chocolat, musée Cognacq-Jay

Les deux dernières salles de l’exposition Nouveaux services présentent de nombreuses pièces, notamment un panneau entier de dessins de modèles provenant de la manufacture de Sèvres. Concernant le thé, on constate avec amusement comment le style s’éloigne progressivement des modèles asiatiques pour créer des modèles spécifiquement français.

Théière, 18e siècle  - Exposition Thé, café ou chocolat
Théière, 18e siècle – Exposition Thé, café ou chocolat, musée Cognacq-Jay

On peut regretter que l’exposition ne propose pas plus de panneaux explicatifs pour la seconde partie. Des colonnes olfactives permettent de sentir des odeurs de café ou de chocolat mais pas de thé. Est-ce parce que la palette gustative des thés est tellement large qu’il était difficile d’en choisir un seul ?

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Quelques dates historiques pour l’introduction du thé en Europe

1298 : Première description d’une boisson issue du thé dans Le Devisement du monde par Marco Polo (1ère édition imprimée en 1477).
1606 : Amsterdam enregistre la première cargaison de thé noir issu de Java.
1684-1686 : Ambassades de Siam ; plus de 1500 porcelaines de Chine, une théière et un bol à thé en or figurent parmi les cadeaux diplomatiques reçus par Louis XIV.

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L’exposition : Thé, café ou chocolat ? L’essor des boissons exotiques au 18ème siècle

du 27 mai au 27 septembre 2015
Musée Cognacq-Jay :  8, rue Elzevir – 75 003 Paris
Ouvert de 10h à 18h, du mardi au dimanche
Entrée : 7€