Courrez voir l’exposition Utsuwa chez Muji au Forum des Halles !

Exposition Utsuwa chez Muji au Forum des Halles

Vous ignorez ce qu’est l’Utsuwa mais vous êtes sensibles à l’esthétique japonaise, le zen ? Vous aimez la céramique et les belles poteries ? Alors, cette exposition qui se déroule chez Muji au Forum des Halles, du 11 au 21 octobre 2018, est conçue pour vous !

Exposition Utsuwa chez Muji au Forum des Halles

Utsuwa

Lors de la cérémonie du thé japonais, la personne qui reçoit le chawan (bol contenant le thé), le fait délicatement tourner entre ses mains pour apprécier le travail du potier ou du céramiste. Elle lui rend ainsi hommage.

C’est dans cet état d’esprit que je suis allée visiter cette exposition. J’ai ressenti un très grand respect pour le travail des artisans qui ont fabriqué ces pièces et le sentiment que chacune était unique et lié à un moment particulier. On y retrouve l’esthétique zen japonaise, très dépouillée, chaque objet est une oeuvre en soi.

Bien que le terme japonais utsuwa désigne les récipients destinés à recevoir les aliments : plats, assiettes, bol, tasses, etc. nous avons ici affaire à des pièces d’exception. Comme pour la cérémonie du thé, nous sommes en présence d’objets qui sublimeront nos gestes et le moment où nous allons les sortir. En effet, on imagine bien les utilier lors de grandes occasions, pour sublimer un thé ou des mets d’exception.

La scénographie de l’exposition est minimaliste afin de vraiment en valeur l’objet en lui même. Chaque pièce est unique, ce qui quand on se trouve dans un magasin comme Muji est assez détonnant !

Les céramiques japonaises présentées

Bien que le visiteur ait conscience d’être face à des objets japonais précieux, la tentation est grande de les saisir, de les toucher pour sentir la matière, pour voir comment ils sont une fois en main.

Cette exposition a été réalisée par la galerie japonaise 1to7. Une belle initiative permet au grand public qui n’ose pas toujours franchir le pas des galeries d’accéder à ces belles pièces.

Certains de ses objets sont anciens, cependant, l’essentiel est le fruit du travail 7 artisans contemporains japonais. Ils bénéficient déjà d’une certaine notoriété : Akihiro Nikaido, Takayuki Watanabe, Yukari Hirotani, Ryuichi Haga, Tomoya Numata, Masao Koizumi, Chihiro Akino et Go Koyama.

J’ai eu un coup de ce pour le travail d’Akihiro Nikaido dans lequel j’imagine très bien infuser un bon matcha !

Informations pratiques :
? chez Muji, place Carrée du Forum des Halles, à Paris
Quand ? du 11 au 21 octobre 2018
Horaires : du lundi au samedi, de 10 à 20h et le dimanche de 13 à 19h

Le thé et les expositions

Le thé de Maître Kuniyoshi, de George Cannon. Mélange de thé vert sencha avec des arômes de coings et poires.

Vous aimez les estampes japonaises ? Alors allez visiter l’exposition Fantastique Kuniyoshi, le démon, au Petit Palais du 1 octobre 2015 au 17 janvier 2016.
Vous êtes également amateurs de thé ? Alors vous serez comblés. La maison de thé George Cannon offre aux visiteurs, à l’entrée de l’exposition, un thé créé spécialement pour cet événement : Le thé de Maître Kuniyoshi. Une exception ? Depuis quelques années plusieurs maisons de thés parisiennes développent cette pratique. Quel est leur intérêt ? Pourquoi vendre du thé sur un lieu d’exposition ?

Les premières créations de thés pour des expositions

Le Palais des thés et la maison George Cannon ont débuté le partenariat avec un lieu d’exposition presque au même moment.

L’exposition Le thé à Guimet, Histoires d’une boisson millénaire s’est déroulée du 3 octobre 2012 au 7 janvier 2013. Il s’agit de la plus importante exposition consacrée au thé en France. Le musée Guimet a trouvé un partenaire bien connu des amateurs de thés : Le Palais des thés. La maison a créé pour l’occasion  le Thé Guimet. La couleur bleue de sa boîte est une référence au créateur du musée, le collectionneur Emile Guimet. Son père fabriqua un bleu, dit le bleu Guimet, qui assura sa fortune et celle de sa descendance.

Thé Guimet, créé par le Palais des thés
Thé Guimet, créé par le Palais des thés

Créé spécialement pour l’exposition, le Thé Guimet est un mélange composé d’un thé vert, parfumé avec des pétales de bleuets du yuzu et des arômes de cerises. Il est offert aux visiteurs au début de l’exposition et vendu uniquement à la boutique du musée. Un collector.

Du 21 novembre 2012 au 25 mars 2013 a lieu la rétrospective Dali au Centre Pompidou. Un partenariat est établi avec George Cannon qui crée pour l’occasion un mélange, vendu exclusivement durant 3 derniers jours de l’exposition. Le musée organise des nocturnes de 22h à 3 heures du matin où une tasse de thé Dali de Gala est offerte aux noctambules. Il s’agit d’un mélange à base de thé vert et oolong de Chine, accompagné d’arômes de bergamote, jasmin,  vanille, longane, lavande, agrumes et chocolat. Oui du chocolat, évident pour Dali !

Pourquoi ces partenariats ?

Les maisons de thé haut de gamme représentent 15% du CA du thé en France. Elles sont en très forte concurrence les unes avec les autres. Elles doivent donc particulièrement soigner leur image de marque. La plupart d’entre elles (George Cannon, Dammann Frères, Le Parti du thé, etc.) travaillent avec de grands hôtels. Elles fournissent, sous leur marque ou en marque blanche, du thé pour ces établissements.

Ces partenariats vont devenir importants pour Le Palais des thés et George Cannon qui développent de plus en plus ces dégustations et ventes sur le lieu d’une exposition.

 

Le thé de l'école de Sangai de chez George Cannon est un oolong de Chine, avec des arômes et morceaux de goji, églantier, chrysanthème, agrumes, jujube, longane et nashi
Thé Ecole de Shangai, de George Cannon

Le thé Au fil des saisons de George Cannon est un mélange de thés verts sencha de Chine et du Japon, avec des arômes de pomme, raisin, cassis, amande, coing, poire et rhubarbe et des pétales de soucis.
Thé Au fil des saisons, de George Cannon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

George Cannon travaille en partenariat avec le musée Cernuschi. A l’occasion de l’exposition L’Ecole de shangai du 8 mars au 30 juin 2013, la maison de thé propose un thé éponyme, semblable au Ba Bao cha (thé aux 8 trésors), sauf que le thé vert est remplacée par un oolong de Chine.

Toujours dans le même lieu, lors de l’exposition Japon au fil des saisons du 19 septembre 2014 au 11 janvier 2015, la marque crée le thé Au fil des saisons. Le mélange est composé d’un sencha du Japon et d’un thé vert de Chine, avec des arômes de pomme, raisin, cassis, amande, coing, poire et rhubarbe et des pétales de soucis.

Thé Hokusai, créé par le Palais des thés
Thé Hokusai, créé par le Palais des thés

Au musée du Grand Palais, pour l’exposition consacrée à Hokusai du 1 octobre 2014 au 18 janvier 2015, les visiteurs se sont vus offrir un mélange créé par le Palais des thés. Le Thé Hokusai est composé de thé vert sencha, avec des fleurs (dont de la rose), des agrumes et du gingembre. Il est vendu sur le lieu de l’exposition.

Une tasse de thé Maitre Kuniyochi est offerte par George Cannon à l'entrée de l'exposition.
Une tasse du Thé de Maitre Kuniyochi est offerte par George Cannon à l’entrée de l’exposition.

Au Petit Palais, pour  l’exposition Kuniyoshi, le démon de l’estampe du 1 octobre 2015 au 17 janvier 2016, le partenariat est établi avec George Cannon. La marque crée le thé de Maître Kuniyoshi, un mélange contenant du  thé vert sencha parfumé avec des arômes de poire et coing.

Mélange de thé Maitre Kuniyochi : thé vert sencha parfumé avec des arômes de poires et de coings
Mélange du Thé de Maitre Kuniyochi : thé vert sencha avec des arômes de poire et  coing

Créer un thé pour un grand musée parisien apporte du prestige à une maison de thé. C’est une reconnaissance officielle de la marque, de son savoir-faire. Les grands hôtels parisiens reçoivent de nombreux touristes qui y seront sensibles, ainsi que le grand public qui visite les expositions.

En France, plus de 60% du thé consommé est du thé parfumé. Les mélanges conçus  à l’occasion de ces expositions permettent aux marques de monter leur créativité et leur capacité à faire du sur mesure.

Le Palais des thés et George Cannon choisissent généralement des expositions en lien avec l’Asie, continent d’où est originaire le thé. Ils renforcent ainsi leur image d’experts et leur positionnement haut de gamme. Et puis, les visiteurs de ces lieux sont susceptibles d’avoir une certaine sensibilisation à cette boisson.

 

Le cas de la maison Theodor

La maison de thé Theodor réalise également des partenariats avec de grands lieux d’exposition. Le positionnement de la marque diffère puisqu’elle s’appuie sur la notoriété du lieu pour lancer de nouveaux thés mais le mélange créé n’est pas en lien avec le lieu.
Sous la verrière du Palais de Tokyo, l’après midi du 30 avril 2015, Theodor a présenté une installation éphémère Voyage en Jardin de Création qui racontait la genèse de son nouveau thé J.C. absolu Oolong. J.C. pour Jardin de création, un oolong parfumé au lotus, pêche et poire.
Le thé était vraiment la star du lieu et le directeur de la marque présentait au public sa démarche.

 

 

Perseus, collection Regard sur les étoiles, Theodor
Perseus, collection Regard sur les étoiles. Theodor

 

Plus récemment, du 10 au 13 septembre 2015, a lieu le salon des métiers d’art et de la création Révélations au Grand Palais. Theodor était présent pour présenter une oeuvre d’art autour d’une nouvelle collection Un regard sur les étoiles composée de 3 nouveaux thés. La marque a passé commande à deux élèves de l’École Camondo. Nicolas Jandrot et Florence Tajan ont conçu un totem de 2 mètres de haut autour de la création du thé et des astres.

 

Totem de Theodor, en hommage à la création de thés.
Totem de Theodor, en hommage à la création de thés.

Les 3 thés que l’on peut sentir sous les boules en bois en forme de planète du totem sont mis en avant juste à côté de l’oeuvre et disponibles à la dégustation sur place.
Perseus est un mélange d’earl grey, de bergamote, de yuzu et de prune.
Petite Ourse est un thé vert avec des arômes de mandarine et gingembre.
Phoenix est basé sur un thé noir et un maté vert avec des arômes de chocolat et une note pimentée.

 

Mélange Petite Ourse, de la collection Regard sur les étoiles, Theodor
Mélange Petite Ourse, de la collection Un regard sur les étoiles. Theodor

 

La maison de thé cherche clairement à mettre en avant sa dimension créatrice et novatrice en s’associant à des lieux dédiés à la création la plus contemporaine. Les thés sont vendus en avant première sur le lieu d’exposition. Ils sont ensuite intégrés au catalogue de thés de la maison.

 

Perseus et la Petite Packaging du thé Phoenix, de la collection Regard sur les étoiles.
Packaging du thé Phoenix, de la collection Un regard sur les étoiles, Theodor.

 

Les prix

Le Palais des thés et George Cannon pratiquent les mêmes prix : 15€ la boîte de 100 grammes. Cela correspond au prix moyen des thés vendus en boîte par ces marques.
La maison Theodor vend ses boîtes d’une même contenance à 20€. Le packaging est plus élaboré puisque la boîte en métal est abritée dans un écrin en carton particulièrement soigné.

Créer de l’éphémère et de la rareté

Au départ, le mélange de thé conçu pour une exposition est vendu uniquement durant l’exposition et donc en édition limitée et collector. A cela s’ajoute un packaging en lien avec l’exposition qui est une très bonne publicité pour la marque. Rapporter d’une exposition un cadeau-souvenir gustatif change des crayons, catalogues d’expositions, magnets, posters ou cartes postales.
George Cannon a choisi de rendre disponibles ses créations chez les revendeurs de la marque ainsi que dans sa boutique parisienne.

Cette formule, associer un thé à une exposition, peut être un succès au delà de l’exposition. Un an après l’exposition Le thé à Guimet, Histoires d’une boisson millénaire, le Palais des thés a obtenu l’autorisation du musée d’ajouter le Thé Guimet à son catalogue permanent.

Nous ne somme sans doute qu’au début d’un nouveau phénomène de création de thés sur mesure qui va nous permettre de prolonger le plaisir de l’exposition autrement qu’en feuilletant le catalogue. Un an après, nous pourrons nous installer confortablement dans un fauteuil pour déguster le thé de l’exposition XX. En le regardant, en le humant et le dégustant, nous reverrons de magnifiques images de l’exposition et d’intenses moments d’émotions resurgiront. Le thé est une madeleine de Proust !

Madeleine

Exposition : Thé, café ou chocolat au musée Cognacq-Jay

Les expositions sur le thé sont rares. Aussi, quand le musée Cognacq-Jay en consacre une aux boissons exotiques, Thé, Café ou Chocolat ?, il faut se précipiter, quitte à être un peu déçue par le peu de place accordée au thé.

L’exposition débute par deux salles, intitulées Des exotismes dans la tasse et Vertus et dangers des boissons exotiques, qui sont à mon sens les plus intéressantes de l’exposition.

Thé, café et chocolat arrivent en Europe au 17e siècle. La Compagnie Française des Indes orientales nait en 1664, alors que la compagnie anglaise existe depuis 1600 et la néerlandaise depuis 1602. La consommation de thé sera donc plus tardive dans l’hexagone.

Dans un premier temps, ces boissons sont consommées comme liqueurs, au cours des repas. Des débats naissent alors à propos de leurs vertus médicinales. Cela explique pourquoi elles vont d’abord être vendues par les apothicaires.

 

Bon usage du thé, du café et du chocolat, du Nicolas de Blégny, 1687
Le bon usage du thé, du café et du chocolat, du médecin Nicolas de Blégny, paru en 1687

L’exposition présente un exemplaire de 1687 du Bon usage du thé, du café et du chocolat, du médecin Nicolas de Blégny. Il écrit qu’il faut faire preuve d’ « assez de précaution dans le choix du thé » afin de « distinguer ses degrés de bonté ». Il recommande le thé contre les maux de tête, pour favoriser la digestion et réguler les excès. On constate donc que les vertus prêtées au thé n’ont guère changé.

Au 17e siècle, ces boissons sont des cadeaux précieux réservés aux cours royales. Leur diffusion s’étend aux grandes maisons de l’aristocratie au 18e siècle et s’accompagne de la création de tasses spécifiques pour chacune des trois boissons.

Théière, 18e siècle  - Affiche de l'Exposition Thé, café ou chocolat au musée Cognacq-Jay
Affiche de l’Exposition Thé, café ou chocolat au musée Cognacq-Jay, d’après l’oeuvre de Carmontelle, 1773

La 3e salle intitulée Cercles de consommation abrite des tableaux mettant en scène la dégustation de ces boissons. Outre une magnifique nature morte de Chardin, on trouve un portrait de la Comtesse du Barry buvant un café par Jean-Baptiste-André Gautier d’Agoty. Mais le tableau le plus révélateur du nouveau rituel qui se met alors en place est celui du peintre Carmontelle, choisi pour l’affiche de l’exposition. Ce tableau de 1773 représente la Marquise de Montesson, en compagnie de la Marquise du Crest et de la Comtesse de Damas prenant le thé au jardin.

Cabaret, décor vert-rose, 18e siècle  - Exposition Thé, café ou chocolat
Cabaret, décor vert-rose, 18e siècle – Exposition Thé, café ou chocolat, musée Cognacq-Jay

Afin de répondre à une nouvelle demande, les manufactures européennes créent de nouvelles vaisselles pour ces boissons : des tasses et soucoupes, trembleuses, théières, cafetières verseuses, gobelets cornets à deux anses, etc. Concernant le thé, l’inspiration asiatique reste très présente, comme en témoigne cette théière de la manufacture de Sceau, en forme de dragon.

Théière en forme de dragon - Exposition Thé, café ou chocolat,
Théière en forme de dragon – Exposition Thé, café ou chocolat, musée Cognacq-Jay

Les deux dernières salles de l’exposition Nouveaux services présentent de nombreuses pièces, notamment un panneau entier de dessins de modèles provenant de la manufacture de Sèvres. Concernant le thé, on constate avec amusement comment le style s’éloigne progressivement des modèles asiatiques pour créer des modèles spécifiquement français.

Théière, 18e siècle  - Exposition Thé, café ou chocolat
Théière, 18e siècle – Exposition Thé, café ou chocolat, musée Cognacq-Jay

On peut regretter que l’exposition ne propose pas plus de panneaux explicatifs pour la seconde partie. Des colonnes olfactives permettent de sentir des odeurs de café ou de chocolat mais pas de thé. Est-ce parce que la palette gustative des thés est tellement large qu’il était difficile d’en choisir un seul ?

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Quelques dates historiques pour l’introduction du thé en Europe

1298 : Première description d’une boisson issue du thé dans Le Devisement du monde par Marco Polo (1ère édition imprimée en 1477).
1606 : Amsterdam enregistre la première cargaison de thé noir issu de Java.
1684-1686 : Ambassades de Siam ; plus de 1500 porcelaines de Chine, une théière et un bol à thé en or figurent parmi les cadeaux diplomatiques reçus par Louis XIV.

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L’exposition : Thé, café ou chocolat ? L’essor des boissons exotiques au 18ème siècle

du 27 mai au 27 septembre 2015
Musée Cognacq-Jay :  8, rue Elzevir – 75 003 Paris
Ouvert de 10h à 18h, du mardi au dimanche
Entrée : 7€