La légende de Tie Guan Yin

En Chine, on adore raconter des histoires, notamment autour des thés, de leur découverte et de leur création. Aujourd’hui on parle de storytelling mais à l’époque, il s’agissait de légendes…

Le fameux oolong, appelé Tie Guan Yin, s’inscrit dans cette tradition. Il existe même plusieurs légendes concernant la naissance de ce thé. Voici l’une des plus célèbres : celle du pieux et méritant paysan, remercié par une déesse pour sa dévotion !

Il y a fort longtemps, dans le sud de la province du Fujian, au pied des monts d’Anxi, vivait un paysan. Il était, très pauvre et très pieux et se nommait Wei Yin.

Pour se rendre aux champs, il passait toujours devant un temple délabré, dédié à Guan Yin. Dans le taoïsme, Guan Yin est une déesse tandis que pour le bouddhisme, c’est un bodhisattva. Quoiqu’il en soit, dans les deux cas, son nom signifie compassion et miséricorde. On l’évoque donc souvent pour les causes désespérées…. et la situation de notre pieux paysan l’était !

Malgré sa pauvreté, Wei Yin ne manquait jamais l’occasion de se recueillir et faire une offrande à la statut.

Il était désolé de voir ce temple si délabré. Un jour, il promit à la statue que si sa situation s’améliorait, il redonnerait son éclat originel au temple.

Le rêve salvateur…

Peu de temps après cette promesse, une nuit de printemps, la déésse Guan Yin lui apparût en rêve. Elle lui indiqua une grotte où trouver un trésor. Elle lui promit que ce trésor lui assurait la prospérité, ainsi que celle des habitants de la région.

Le lendemain matin, Wei Yin se mit donc en route vers le lieu indiqué. Il chercha longtemps le trésor dans la grotte, sans rien trouver. Il finit par remarquer un petit arbuste, baigné d’un rayon de soleil. Dépité, il le déterra pour le replanter dans son champ.

Les débuts d’un grand thé…

En grandissant, l’arbuste se révéla être un théier. Notre paysan récolta les feuilles afin de goûter le thé obtenu. La délicatesse de la liqueur et par la richesse de la tasse obtenue le surprirent.

Sans plus attendre, il le fit donc goûter à ses voisins. Immédiatement conquis, ils lui demandèrent le nom de ce thé ! Wei Yin réfléchit. Ce thé était un don de la déesse. Il déclara donc : « Nous l’appellerons Tie Guan Yin. Tie car ses perles de thé sont lourdes comme le fer. Guan Yin en hommage à la déesse qui me l’a fait découvrir. »

Fidèle à son vœux, Wei Yin fit restaurer le temple de la déesse et donna des boutures du théier à ses voisins. Très rapidement, le Tie Guan Yin se répandit dans toute la vallée d’Anxi et fit la richesse de la région.

Le Tie Guan Yin est aujourd’hui un cultivar qu’on trouve bien au-delà de la région d’Anxi, notamment à Taïwan.

Le Tie Guan Yin d’Anxi est considéré comme l’un des 10 meilleurs thés de Chine. Il est aujourd’hui l’objet d’une appellation d’origine contrôlée.

Le moine indien qui inventa le thé

La légende la plus répandue veut que ce soit l’Empereur Shen Nong, père de l’agriculture et la médecine chinoise qui ait découvert le thé. Il existe également une autre légende que je vous donne à méditer.

Au 6e siècle avant notre ère, le prince Dharma quitta l’Inde pour aller enseigner le bouddhisme en Chine. Il y fonda, sous le nom de Bodidharma, l’école Chan, qui sera également à l’origine de l’école zen au Japon.
En 527, il décide de s’installer à Henah, dans un temple du Mont Song. Après 9 années de méditation, le sommeil s’empara de lui. A son réveil, il prit une mesure radicale pour que cela ne se reproduise jamais. Il se coupa les paupières.
Quelques années après, en allant méditer, il remarqua un magnifique arbre près du temple. En s’approchant, il vit que les feuilles avaient la forme de paupières. Il décida de les goûter. II lui fut ensuite très facile de rester concentré pendant la médiation. Il fit alors le rapprochement entre les feuilles de l’arbre qui avaient poussées là où il avait jeté ses paupières et la qualité de sa méditation.
Bodidharma venait de découvrir le cha (le théier) et un moyen pour les moines de rester éveiller : boire du thé.

Feuille de thé

La feuille chut, et le thé fut !

Le thé est une boisson millénaire mais savez-vous d’où vient le thé et surtout qui l’a découvert ?

Il y a fort longtemps, dans le pays du milieu, vivait un homme passionné par les plantes et les remèdes qu’il pouvait en tirer. Cet homme était également Empereur. Soucieux de la santé de ses sujets, il avait ordonné que l’eau soit systématiquement bouillie avant d’être consommée.

Il passait le plus clair de son temps dans la montagne à récolter des plantes afin de tester leurs effets sur la santé. Un jour de grande chaleur où il avait beaucoup marché, en redescendant, il ressentit le besoin de faire une pause. Il fut alors attiré par l’ombre des feuilles d’un vieil arbre. Il s’assit dessous afin de se reposer un instant. Tout naturellement, on lui prépara un chaudron d’eau chaude.

Il s’assoupit, bercé par le doux le bruit de la brise dans les feuilles du vieil arbre. A son réveil, une odeur inconnue l’intrigua. Elle provenait du chaudron sur lequel il se pencha. Il vit que des feuilles de l’arbre coloraient l’eau. Il but le breuvage qu’il trouva fort à son goût. Puis, il reprit sa route. Le soir, il était étonné d’être encore éveillé et de se sentir en si bonne forme après une aussi longue marche. Il fit le rapprochement avec les feuilles de l’arbre dans son eau et renouvela l’expérience.

C’est ainsi qu’en 2737 avant notre ère, l’Empereur Shen Nong, père de la médecine chinoise découvrit le thé et ses bienfaits selon un principe toujours en vogue aujourd’hui… la sérendipité.

Portrait de Shen Nong emprunté à Wikipédia
Portrait de Shen Nong goûtant les feuilles de thé (image empruntée à Wikipédia)