Courrez voir l’exposition Utsuwa chez Muji au Forum des Halles !

Exposition Utsuwa chez Muji au Forum des Halles

Vous ignorez ce qu’est l’Utsuwa mais vous êtes sensibles à l’esthétique japonaise, le zen ? Vous aimez la céramique et les belles poteries ? Alors, cette exposition qui se déroule chez Muji au Forum des Halles, du 11 au 21 octobre 2018, est conçue pour vous !

Exposition Utsuwa chez Muji au Forum des Halles

Utsuwa

Lors de la cérémonie du thé japonais, la personne qui reçoit le chawan (bol contenant le thé), le fait délicatement tourner entre ses mains pour apprécier le travail du potier ou du céramiste. Elle lui rend ainsi hommage.

C’est dans cet état d’esprit que je suis allée visiter cette exposition. J’ai ressenti un très grand respect pour le travail des artisans qui ont fabriqué ces pièces et le sentiment que chacune était unique et lié à un moment particulier. On y retrouve l’esthétique zen japonaise, très dépouillée, chaque objet est une oeuvre en soi.

Bien que le terme japonais utsuwa désigne les récipients destinés à recevoir les aliments : plats, assiettes, bol, tasses, etc. nous avons ici affaire à des pièces d’exception. Comme pour la cérémonie du thé, nous sommes en présence d’objets qui sublimeront nos gestes et le moment où nous allons les sortir. En effet, on imagine bien les utilier lors de grandes occasions, pour sublimer un thé ou des mets d’exception.

La scénographie de l’exposition est minimaliste afin de vraiment en valeur l’objet en lui même. Chaque pièce est unique, ce qui quand on se trouve dans un magasin comme Muji est assez détonnant !

Les céramiques japonaises présentées

Bien que le visiteur ait conscience d’être face à des objets japonais précieux, la tentation est grande de les saisir, de les toucher pour sentir la matière, pour voir comment ils sont une fois en main.

Cette exposition a été réalisée par la galerie japonaise 1to7. Une belle initiative permet au grand public qui n’ose pas toujours franchir le pas des galeries d’accéder à ces belles pièces.

Certains de ses objets sont anciens, cependant, l’essentiel est le fruit du travail 7 artisans contemporains japonais. Ils bénéficient déjà d’une certaine notoriété : Akihiro Nikaido, Takayuki Watanabe, Yukari Hirotani, Ryuichi Haga, Tomoya Numata, Masao Koizumi, Chihiro Akino et Go Koyama.

J’ai eu un coup de ce pour le travail d’Akihiro Nikaido dans lequel j’imagine très bien infuser un bon matcha !

Informations pratiques :
? chez Muji, place Carrée du Forum des Halles, à Paris
Quand ? du 11 au 21 octobre 2018
Horaires : du lundi au samedi, de 10 à 20h et le dimanche de 13 à 19h

Goutte de thé : transmettre l’amour des thés de Chine

Goutte de thé, est l’histoire de la rencontre de 2 chinoises à Paris, Xin et Yao qui ont a coeur de transmettre certains aspects de leur culture d’origine. Elles décident de le faire à travers une sélection de thés de Chine de qualité. Depuis près de 3 ans, nous pouvons nous procurer leurs thés via internet, dans certaines épiceries et salons de thés. Nouvelle étape en 2018 : elles ont ouvert leur propre comptoir de thé dans le 12e arrondissement de Paris. L’occasion d’élargir leur gamme au-delà des thés de Chine… pour le plus grand bonheur des amateurs de thés de qualité !

L’HISTOIRE DE LA MAISON

Les fondatrices de la marque, Xin et Yao, se sont rencontrées à Paris, chez une amie commune, amatrice de thé.

Xin, s’est formée auprès d’un maitre de thé à Chongqing. Pendant trois années, elle a appris les spécificités différents thés, comment bien les infuser et également l’art de la préparation en Gong fu cha. Elle se charge donc de sélectionner les thés pour la marque et d’aller à la rencontre des producteurs en Chine. Elle propose également des dégustations et donne des conférences théinées.

Yao, originaire de Zhejiang, une province réputée pour sa production de thés, notamment des thés verts, a commencé à réellement en boire après son arrivée en France. Aujourd’hui, elle, s’occupe de la partie commerciale, spécialement de la vente de thés aux professionnels.

Vous pouvez les rencontrer toutes les deux en boutique !

Yao dans la boutique Goutte de thé
Yao dans la boutique Goutte de thé

Goutte de thé doit son nom à un ancien rituel qui consistait à boire le thé dans des petits bols recevant 9 gouttes de thé maximum. Il suffit d’ailleurs d’assister à une dégustation dans la boutique, pour comprendre l’importance des gestes dans la préparation du thé.
Le logo affirme la même volonté de transmettre une culture ancestrale. Le calligraphe chinois qui l’a réalisé s’est inspiré de l’ancienne écriture chinoise pour créer chacune des lettres de la marque.

Un des objectifs de Xin et Yao est de donner une meilleure image du made in China en France. Pour cela, elles sélectionnent des thés de Chine de qualité, provenant de petits et moyens producteurs chinois.

Les noms donnés aux thés sont très poétiques. Certains comme Diamant vert (perles de thé vert), Clair de lune (thé blanc) ou Joie de vivre (un thé noir) sont devenus des incontournables pour les amateurs de thés chinois.

La marque s’illustre également par sa capacité à s’adapter au marché français. En effet, elle propose des mini galettes de Tuo Cha de 3 grammes, au lieu des 5 grammes habituellement commercialisés en Chine.

Set de dégustation Goutte de thé

Avant d’avoir pignon sur rue, la marque vendait uniquement des thés chinois. Avec sa boutique, elle élargit sa gamme aux thés parfumés et à quelques thés du Japon et d’Inde. Cette démarche témoigne d‘une volonté de s’adresser au plus grand nombre. Il est fréquent qu’un amateur de thé débute par des thés parfumés avant de s’intéresser aux thés d’origine.

La boutique présente également de très beaux accessoires de thé chinois, ainsi que des théières et mugs européens et des bols japonais.

Logo-Goutte_de_the

INFORMATIONS PRATIQUES

Année de fondation : Fin 2015
Nombre de références : plus de 70, une quarantaine de thés d’origine (nature), une vingtaine de thés aromatisés et des tisanes et rooibos.
Dégustation sur place : pour le moment à la demande et sous réserve qu’il n’y ait pas trop d’influence.
Particularités : une sélection de thés provenant de petits et moyens producteurs chinois, sourcés directement sur place ainsi que des noms de thés emprunts de poésie.

Points de vente Goutte de thé  :
Consulter la liste des épiceries, salons et boutiques de thé.

Coordonnées de la boutique
77, avenue Ledru Rollin, 75012 Paris (Métro Ledru Rollin)

Horaires d’ouverture : du lundi au vendredi, de 10h30 à 14h et de 15h à 19h30 et le samedi, ouverture dès 10h.
Consulter le site Internet de Goutte de thé

Théière en vente chez Goutte de thé

En quoi consiste le métier d’acheteur thé ?

 

Dammann Frères organise régulièrement des rencontres avec des blogueurs et journalistes afin d’évoquer les coulisses du thé. Cela permet de rencontrer des professionnels du thé qui sont rarement sur le devant de la scène pour leur poser des questions sur leur métier. L’acheteuse thé Chine et Japon, Marine Sonié était présente. L’occasion d’en savoir plus sur cette profession, mal connue du grand public.

 

DiviniThé : Quel est votre parcours professionnel ? Comment devient-on acheteuse thé ?

 
Marine Sonié : J’ai suivi des études d’ingénieur agronome, avec dans l’idée de partir régulièrement à l’étranger. Et puis, j’ai également une passion pour le thé qui est très ancienne. D’ailleurs,  tous les projets que j’ai réalisés pour l’école étaient en lien avec cette boisson.
Puis, pour mon master d’agronomie tropicale, je suis allée en Australie : un projet de recherche de six mois qui au final a duré presque un an. Le sujet était bien évidemment le thé, plus précisément, l’impact des engrais et du climat sur le taux de caféine et de catéchine dans le thé.

 

DiviniThé : Quelles ont été les conclusions de votre étude ?

 
MS : Plus la croissance des plantes est poussée, plus elles contiennent de caféine et cela a également des conséquences sur la qualité gustative. On observe également une déperdition de la qualité gustative quand il fait très chaud et que la plante pousse trop vite.Les composants aromatiques disposent de moins de temps pour s’accumuler dans les feuilles.
Le goût d’un thé nous renseigne donc sur les conditions climatiques et la façon dont les théiers ont été cultivés.

 

 

Marie, Sonié, acheteuse thés Japon et Chine pour Dammann Frères
Marie, Sonié, acheteuse thés Japon et Chine pour Dammann Frères

 

DiviniThé : Pour en revenir à vos études, vous saviez-vous que vous vouliez travailler dans le thé en suivant ce cursus ?

 

MS : Oui, j’avais dans l’idée de conseiller les agriculteurs. Je souhaitais les aider à définir le meilleur moment pour obtenir une récolte de qualité et également les aider  à évaluer le bénéfice coût pour les quantités d’engrais.
En choisissant ce projet d’étude, j’avais en tête mon envie de travailler dans le thé. Je savais que le milieu du thé est tout petit. Je devais donc vérifier si le thé était juste une passion ou si je pouvais en faire un métier.
Mes études terminées, j’ai contacté Dammann Frères. J’appréciais cette maison en raison de leur transparence sur leur façon de procéder. Il existe des vidéos, disponibles pour le grand public, qui montrent l’usine, la façon dont ils produisent et achètent. J’ai eu la chance que ma candidature les intéresse.

 

DiviniThé : Quelle formation ont en général les acheteurs thés ?

 
MS : Contrairement au domaine du vin, il n’existe pas de formation particulière. Vous pouvez y venir de différentes manières. Mon collègue Emmanuel Jumeau-Lafond, qui est tea-blender et acheteur pour Dammann Frères, a appris le thé tout petit(*). Il a également suivi une formation de commercial.
Une autre collègue a suivi des études d’agronomie, passionnée par le thé elle connaissais bien la Chine. Vous pouvez donc y venir de différentes manières.

 

DiviniThé : Les marchés du thé sur lesquels vous travaillez, Chine et Japon, ont-il des spécificités ?

 
MS : Le thé chinois reste un domaine un peu particulier, la partie spéculation n’existe pas. Une fois le thé produit, il doit être vendu rapidement. Nous comparons donc les différentes offres, le rapport qualité prix. Si un thé devient populaire en Chine, il devient vite très cher. Nous suivons donc les tendances du marché local.

 

DiviniThé : Travaillez-vous directement avec les plantations où passez-vous par des intermédiaires ?

 
MS : Cela dépend où vous achetez. En Chine,ce sont généralement des sociétés privées ou des sociétés dans lesquelles le gouvernement chinois détient des parts.Ces sociétés privées travaillent pour leurs exploitations et parfois avec des distributeurs.
Au Japon, le système est différent. La taille des plantations reste petite, le système s’organise autour de petites coopératives. Les japonais ont également des usines, où ils vont réunir tout le thé pour le manufacturer. Le thé va ensuite être vendu aux enchères par la Japan Agriculture Cooperative.

 

DiviniThé : Et pour le thé d’Inde, comment se passent les achats ?

 
MS : Mon collègue Emmanuel Jumeau-Lafond achète les thés d’Inde et d’Afrique. Il possède un avantage pour ce marché : son père et son grand-père travaillaient déjà avec les producteurs sur place. Quand il va là-bas, il est donc reçut un peu comme un membre de la famille.
Ces marchés reposent sur des systèmes de mises aux enchères. Toutes les semaines, Emmanuel reçoit des cartons contenant les échantillons des thés qui seront mis aux enchères la semaine suivante. Il les goûte afin de déterminer ceux sur lesquels il souhaite miser et pour quel montant.

 

DiviniThé : Allez-vous souvent en Chine et au Japon dans le cadre de vos achats ?

 
MS : J’y vais pour les récoltes. L’an passé j’y suis allée 7 semaines. Fin mars, je serai en Chine pour les premières récoltes. J’y retournerai fin avril-début mai pour voir d’autres récoles. J’irai également au au Japon pour les premières récoltes.

 

 

Osmanthé d'or de Dammann Frères
Osmanthe d’or de Dammann Frères

 

 

 

DiviniThé : Quelle est la semaine type d’un acheteur thé ?

 
MS : Le travail diffère selon si  suis au siège de Dammann Frères où en déplacement.

 

Au siège je déguste de nombreux lots proposés par nos contacts.
Pour les thés que nous voulons acheter nous effectuons plusieurs analyses. Une première à la sélection, puis nous demandons un second échantillon. Il peut être prélevé dans différents sacs du thé, afin que le lot soit représentatif. Nous le goûtons de nouveau afin de vérifier que ce soit exactement ce que nous avions sélectionné. Nous examinons également la qualité des feuilles pour s’assurer qu’elles n’aient pas été abîmées pendant le voyage
Après, nous organisons l’importation.

 

Chez Dammann, je travaille également avec Aline Guglielmino-Taillefer (l’aromaticienne maison). Je lui indique les bases de thés disponibles pour réaliser des thés aromatisés.

 

En voyage, ma semaine est consacrée à des dégustations, des visites de plantations, de manufactures. Chaque usine est différente, selon ce que les producteurs cherchent à faire comme thé. J’en discute donc pour comprendre quelle est la tendance de l’année, si c’est une bonne année pour eux ou non.
Je passe également pas mal de temps à expliquer aux producteurs ce que nous recherchons comme thés. Chaque société a ses particularités : un Keemun peut être très différent d’une société à l’autre et ne pas valoir la même chose.

 

DiviniThé :  Lorsque vous sélectionnez thés nature, essayez-vous de vous adapter au palais français ?

 
MS : Le palais français n’a pas d’apriori sur le thé. Notre historique du thé reste moins long que celui des anglais, nous avons donc moins d’habitudes de dégustations. C’est pour cela qu’en France actuellement, les thés verts se développent bien ainsi que le thé blanc et les oolongs.

 

 

Dammann Frères : feuilles du thé Jardin du Luxembourg
Dammann Frères : feuilles du thé Jardin du Luxembourg

 

 

Le palais français cherche une typicité en termes de goût et d’arômes. Il n’aime pas trop l’astringence et l’amertume, il recherche des goûts assez délicats. Grâce à la culture du vin nous sommes habitués aux tannins et nous savons donc apprécier une longueur en bouche dans un thé.
Les français cherchent à connaitre le produit, la façon dont il a été récolté, d’où il vient, etc. C’est intéressant pour nous, car nous pouvons proposer des thés très divers à nos clients.
D’ailleurs, nous exportons à l’étranger le goût français pour le thé.

 

DiviniThé :  Quelle est la partie de votre métier d’acheteuse thé que vous préférez ?

 
MS : Celle où nous dégustons les thés autour d’une table avec les producteurs car ils sont très ouverts. Ils discutent de leur famille, de leur histoire et nous posent des questions sur notre pays, nos habitudes. Nous nous sentons vraiment comme des invités, dans ces moments nous dépassons le cadre des affaires pour créer un autre lien.

(*) Depuis 1949, Dammann est une histoire de famille. Jean Jumeau-Lafond et son frère reprennent la société qu’ils laisseront à la génération suivante : à Didier et Jacques Jumeau-Lafond. Emmanuel  est le fils de Jacques Jumeau-Lafond.

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Spécial. T de Nestlé et son salon de T(hé) éphémère du Marais

Tea time au Salon de thé de la Special. T

Le Marais abrite de belles maisons de thé parisiennes : Mariages Frères, Palais des thés, Dammann Frères. C’est sans doute ce constat qui a décidé Nestlé à installer son salon de thé Spécial. T. dans ce quartier. L’ambition est double : mieux faire connaitre sa machine au grand public et dynamiser les ventes de fin d’année. Même si je suis une adepte de feuilles en vrac, je suis toujours curieuse de tester d’autres approches du thé. Je suis donc entrée dans ce salon de thé.

 

Vue Intérieure du salon de thé éphémère de Spécial T
Salon de Thé de la Special. T avec le comptoir de ventes

Le salon de thé

Le salon de thé créé pour cette fin d’année 2016 est un lieu très agréable et très bien pensé. L’endroit est spacieux, décoré avec soin. On y est bien reçu, l’ambiance cosy donne envie de s’y attarder. On s’y sent un peu comme à la maison, avec les coussins et les canapés, on imagine aisément de longues discussions entre amis autour d’une tasse de thé.

NB. Il vaut mieux y aller en semaine que le week end ou il devient difficile d’y trouver une place.

 

Rez de chaussée du salon de thé éphémère de Spécial. T
Rez de chaussée du salon de thé éphémère de la Spécial. T

 

Pour accompagner les thés, Nestlé a fait appel au pâtissier Gilles Marchal. Il a créé pour l’occasion trois biscuits sablés : le biscuit T au citron, le Kipferl à la fève tonka et le Diamant à la pistache. Ils s’accordent avec les différents types de thés.

 

 

Etage du salon de thé éphémère de Spécial. T
Etage du salon de thé éphémère de la Spécial. T

 

Quid de la machine Special. T ?

Forte du succès de la Nespresso, la marque Nestlé a décidé en 2010 de s’attaquer au marché du thé avec une machine qui fonctionne de la même façon.
Le principe est donc très simple : on remplit le réservoir d’eau puis on choisi parmi les 35 capsules celle que l’on souhaite déguster. La capsule en aluminium contient les informations relatives à la température et au temps d’infusion  que la machine détecte automatiquement. Et hop, push the button et le thé se prépare, pour obtenir ce que la marque qualifie de Tasse parfaite.
La machine a évolué puisqu’il existe une 2e version qui propose de choisir entre 3 intensités (légère, moyenne ou forte) du thé. C’est à dire que l’infusion sera plus ou moins poussée.

Le première machine commercialisée, la Mini T est à 99€ alors que My T Light, qui permet de choisir entre 3 densités d’infusion, est à 129€.

 

Machine Special. T de Nestlé
Machines Special. T, de Nestlé

 

Avant de venir dans ce lieu, j’avais goûté chez des amis le Yunnan Royal en capsule. Je n’avais pas particulièrement apprécié la saveur dans ma tasse. Là, j’ai opté pour un oolong Fujian et j’ai été très surprise de sa température. Habituellement le oolong demande d’être infusé à 90°, voir 100°. L’infusion a été très rapide – c’est le principe même de la machine – mais le thé n’était pas brûlant et pouvait donc être bu sans attendre. L’équipe du salon de thé m’a expliqué que c’était le but, proposer un thé que l’on puisse boire immédiatement.
Gustativement, ce thé n’a rien d’exceptionnel. Cela provient-il du choix du oolong ? La marque possède un savoir faire reconnu en matière de machine, elle s’est d’ailleurs associée à Delonghi, mais elle n’est pas connue pour son expertise dans le domaine du thé. L’explication peut également provenir de la façon dont la machine prépare le thé. Les feuilles de ce oolong roulées en perles ont besoin d’espace pour se déployer et exprimer tous leurs arômes. La Special. T ne permet pas cela puisque les feuilles restent emprisonnées dans la capsule.
Les capsules sont à 3,90€ les 10, qu’il s’agisse d’un Royal Yunnan ou d’un basique thé vert parfumé à la pêche. Cela revient donc à 39 centimes l’infusion.
Je n’ai pas testé les 35 capsules. 24 sont dédiées au thé, dont 17 aux thés parfumés et 7 aux thés d’origine. En tout cas, j’ai été déçue par ceux que j’ai goûtés.

 

 

Capsule pour la Machine Special. T de Nestlé

 

Mon avis sur la Special. T et le salon

En conclusion, ce salon de thé est un lieu très agréable et très bien conçu. L’accueil  convivial donne envie de revenir.

En revanche, le thé préparé par cette machine n’est pas forcément à la hauteur de ce que peut attendre un amateur de feuilles. On retrouve le problème inhérent à toutes les machines à thé : le thé ne peut être infusé qu’une seule fois. Or certains thé, comme les oolongs, peuvent l’être plusieurs fois.

La Special. T convient donc à des buveurs occasionnels ou pressés, qui boivent leur thé assez machinalement, comme ils boivent un thé en sachet. Je n’ai d’ailleurs, au travers des thés que j’ai testé, pas vraiment fait la différence avec du thé en sachet. Le prix fait peut être la différence, un sachet de thé coûte en moyenne 10 centimes, mais avec la machine, on arrive à 30 centimes l’infusion.  Avec le sachet, vous êtes libres de décider vous même du temps d’infusion optimal et de la température. Certes, le risque de laisser infuser votre sachet trop longtemps existe. Vous l’aurez compris, pour ma part, je suis plus amatrice de feuilles de thé en vrac.
Néanmoins, si vraiment vous souhaitez avoir une machine qui prépare pour vous le thé, la T.O by Lipton, avec sa chambre à infusion, me semble plus appropriée, elle délivre un thé de meilleur qualité.

Le salon de thé Spécial T.

Ouvert jusqu’au 31 décembre 2016
Adresse : 19, rue de la Verrerie – 75004 Paris
Prix : 3€ la tasse / 5€ la tasse + les 3 biscuits

 

Vue de l'étage du salon de thé éphémère de Spécial. T
Vue de l’étage du salon de thé éphémère de la Spécial. T

Connaissez-vous le Club des buveurs de thés ?

Logo du Club des buveurs de thé

Logo du Club des buveurs de thé

 

Boire un bon thé est un plaisir gustatif mais également un merveilleux moment de partage. Cela explique sans doute les nombreuses communautés qui fleurissent sur les réseaux sociaux et permettent d’échanger des informations sur le thé : le Club Thé, la TeamTeaAddicts, T.H.E. : Tribu des Heureux Effeuilleurs, Un thé pour tous… tous pour un thé, Thé du moment, etc.
Il existe également des communautés qui ne sont pas virtuelles, comme le Club des buveurs de thés. J’ai eu la chance de croiser Sylviane Brisson, la présidente de ce club, au salon de thé International Boyan où elle était également membre du jury. J’ai donc saisi l’occasion, entre deux gorgées de thés, pour l’interviewer.

 

DiviniThé :   Comment êtes-vous venue à vous intéresser au thé ?
Sylviane Brisson : Le thé m’a toujours fasciné. Enfant, j’avais un oncle missionnaire au Maalawi. Il ne buvait que du thé et réalisait lui-même ses blends. J’étais fascinée, je trouvais cela tellement romantique.
Concrètement, j’ai commencé à boire du thé à l’adolescence, du Earl Grey de chez Twinning. Plus tard, je suis passée à un Yunnan de la Compagnie Coloniale. Puis, j’ai découvert les nids de TuoCha, en ignorant totalement ce qu’était le Puer ! Cela a duré jusqu’à ce que j’entre dans une boutique de thé nantaise et là, un monde s’est ouvert à moi. Aujourd’hui, je ne bois plus que des thés d’origine et jamais de thés parfumés.

 

Sylviane Brisson, Présidente du Club des buveurs de thé au Salon de thé International Boyan.
Sylviane Brisson, Présidente du Club des buveurs de thé au Salon de thé International Boyan.

 

D. Comment avez-vous eu l’idée de créer le Club des buveurs de thé ?
S.B. : Je n’ai pas créé le Club des buveurs de thé de Nantes mais j’y ai adhéré dès ses débuts. Je buvais depuis longtemps du thé et je pressentais un univers très riche mais sans avoir approfondi la question. Un jour, je suis passée par hasard devant une boutique de thé. J’ai franchi la porte et c’est comme ça que l’aventure du thé a vraiment commencé. Quelques mois plus tard, la responsable de la boutique m’a invitée à faire partie de l’association le Club des buveurs de thé de Nantes dont elle était présidente. Au bout d’un an, je suis devenue trésorière. Trois ans plus tard, la présidente ne souhaitant pas se représenter, je suis devenue présidente de l’association.

D. Qu’est-ce que le Club des buveurs de thé ?
S.B. : Il s’agit d’une association loi 1901, fondée en 2002. Le Club des buveurs de thé du Pays de Loire était une émanation du club de Paris qui est aujourd’hui en sommeil. (NDRL : celui de Paris a été créé en 1992 par Gilles Brochard).

 

Récolte de thé au Parc nantais du Grand Blottereau, sur la colline du Sucheon ou se tient un jardin coréen. © Club des buveurs de thé
Récolte de thé au Parc nantais du Grand Blottereau, sur la colline du Sucheon ou se trouve un grand jardin coréen. ©Club des buveurs de thé

 

D. Comment devient-on membre de l’association ?
S.B. : Il existe un entretien préalable à l’adhésion afin de comprendre si la personne va correspondre à l’esprit de l’association. L’adhésion annuelle individuelle est de 30€ et 45€ pour un couple. Nous avons également un tarif étudiant et un pour les professionnels qui ont un statut à part.

D. Qui sont les membres du club et combien êtes-vous?
S.B. : Je nous définirais comme des amateurs qui ne s’éclairent plus à la bougie mais à la lampe à huile, cherchant à progresser dans notre connaissance du thé mais de manière ludique. Nous faisons des choses sérieuses mais sans nous prendre au sérieux.
Nous sommes environ une cinquantaine en tout, avec une antenne à Strasbourg. Il existe également deux autres clubs l’un en Finlande, l’autre en Suisse à Zürich.

 

Le Club des buveurs de thé en visite aux Jardin de Gaïa
Le Club des buveurs de thé en visite aux Jardin de Gaïa – ©Club des buveurs de thé

 

D. Quelles sont les activités du Club des buveurs de thé ?
S.B. : Notre but est d’échanger sur le thé et son environnement culturel, géographique, artistique, historique, etc.
Nous nous réunissons toutes les cinq semaines. Nous organisons des dégustations de thés, fournis par les importateurs ou apportés par certains membre du club. Pour ceux fournis par les importateurs, nous les évaluons. C’est ainsi que vous trouvez parfois dans les catalogues des thés des Jardins de Gaïa, de George Cannon et autre, notre logo apposé à côté d’un thé avec la mention Premier prix du Club des buveurs de thé.

Nous proposons également des dégustations accords cuisine et thé avec Christophe Fouré du restaurant nantais Rive Gauche et également diner à thème autour du thé
Nous effectuons des lectures autour du thé. Les membres du club apportent des livres dont ils souhaitent partager des extraits et nous en discutons, autour d’une tasse, bien sûr.

 

Exemple d'accords mets thés réalisés avec le restaurant Rive gauche. Ici, il s'agissait d'un thé vert japonais. © Club des buveurs de thé
Exemple d’accords mets thés réalisés avec le restaurant Rive gauche pour le Club. Ici, il s’agissait d’un thé vert japonais. ©Club des buveurs de thé

 

L’association est par ailleurs partenaire d’expositions. Ce fut le cas pour celle consacrée aux Samourais, au Château des ducs de Bretagne, par exemple, ou celle la Soie et le Canon toujours avec le Voyage à Nantes.
Cette année, le fil rouge de l’association est la Chine. Un autre exemple d’activités : nous apprenons à faire du furoshiki (NDRL. carrés de tissu japonais pliés d’une certaine façon pour emballer des objets). Nous allons dans des musées visiter des expositions. En fait tout ce qui a de près ou de loin un rapport avec le thé nous intéresse.

D. : Vous donnez également des cours de thé ?
S.B. : Oui, je propose, au nom de l’association, des formations sur le thé, sur son histoire, des initiations aux thés, etc. Par exemple, je suis allée sur la Côte d’Azur former les serveurs dans des palaces comme le 3.14 à Cannes. Nous avons aussi aidé des restaurateurs à réaliser leur carte de thés.
Je suis aussi intervenue aussi au nom du Club dans des Ecoles Hôtelière ou des Lycées.

D. Pour finir, quel est le meilleur thé que vous ayez bu ?
S.B. : Je me souviens d’un thé de rocher (NDRL. oolong des monts Wu Yi), bu en Belgique, Aux feuilles vertes. Il provenait de théiers sauvages et qui ont pour engrais des déjections de chauves-souris. En y repensant, j’en ai encore des frissons. Préparé en gong fu, j’avais pu faire 45 infusions de ce thé !
J’ai un faible pour le Gyokuro. Je me souviens d’un Gyokuro exceptionnel. C’était lors d’une réunion du Club, des japonais nous l’avaient apporté. Ils nous ont montré ce qu’est un concours de Gyukuro de printemps. Nous avions dégusté l’infusion avec une sauce ponzu. Chacun prépare le thé, non pas pour son voisin direct mais pour celui qui est assis deux places plus loin. Cela demande donc de bien observer la personne pour essayer de comprendre son goût afin de lui préparer le thé qu’elle va aimer.

 

Théier de la Présidente de l'association Club des buveurs de thé - ©Club des buveurs de thé
Théier de la Présidente de l’association Club des buveurs de thé, qui se plait beaucoup dans son jardin nantais – ©Club des buveurs de thé

Avez-vous déjà bu du Tsaϊ Vounou, le Thé grec des montagnes ?

Greek Mountain tea, thé des montagnes grec

Où qu’il soit et sans même le vouloir, un Tea Addict se retrouve nez à nez avec du thé. J’en ai fait récemment l’expérience à Athènes, où j’étais partie avec ma provision de thé, persuadée qu’on allait systématiquement me proposer un Café grec ou le fameux sachet de thé jaune que je n’arrive plus à boire. La découverte du Thé grec des montagnes fut donc une belle surprise, même si de retour dans mes pénates, Internet m’a informée qu’il existait déjà en France… sous une autre appellation.

 

Sachet de Mountain tea distribué dans les hôtels
Sachet de Thé grec des montagnes proposé dans les hôtels

 

La découverte du Tsaϊ Vounou, le Thé grec des montagnes

Après la visite de l’incontournable Acropole, une pause désaltérante s’imposait. Je fus autant étonnée qu’amusée quand la serveuse nous apporta une carte des thés.

 

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Une carte Kusmi Tea ! Bon, si jamais l’envie d’en boire me prend, j’en trouve très facilement à Paris. Déçue, je me suis rabattue sur un yaourt grec avec un verre d’eau. Puis, nous sommes partis nous balader dans les rues du Centre.

En voilà de drôles de feuilles de thé ! me suis-je exclamée, en passant devant une boutique qui exhibait des sachets de Greek mountain tea. Etranges feuilles dont le duvet évoque plus de la sauge que de jeunes pousses de thé. Etrange classement puisqu’elles sont rangées au milieu des épices.

 

Mountain Tea

 

Deux boutiques plus loin, j’en achète un sachet et demande conseils à la vendeuse. Elle m’explique que le Thé grec des montagnes (Τσάϊ του βουνού en grec ou Tsaϊ Vounou) est une boisson très consommée dans tout le pays. Il s’agit d’un thé, très bon pour la santé, poussant dans les montagnes grecques. Les grecs en boivent le matin mais également le midi et le soir. Il est fréquent d’y ajouter du citron et/ou du miel. Dans de l’eau bouillante, on plonge une belle pincée de thé par mug et on laisse infuser 5 à 10 minutes.

 

Sachet de Mountain tea grec acheté à Athènes
Sachet de Thé grec des montagnes, acheté à Athènes

 

En continuant notre déambulation dans les rues d’Athènes, j’ai pu constater le succès de ce thé présent dans de nombreuses boutiques. Il en existe même une version moins artisanale, l’Anassa mountain tea. Cette marque au packaging soigné, vend également des tisanes bio aux mille et une vertus.

 

Anassa mountain tea
Anassa mountain tea

 

Le lendemain midi, au restaurant, je découvre sur la carte, une sélection de thés et tisanes dont le fameux Thé grec des montagnes. Je me laisse donc tenter.

 

Carte du restaurant du musée de l'Acropole
Carte du restaurant du musée de l’Acropole

 

La carte ne proposant pas de Thé grec des montagnes nature, j’opte pour celui parfumé à la menthe, au citron et à la camomille. Je suis assez perplexe en le goûtant : la camomille très présente, efface les autres goûts. Je sens un peu la menthe, mais devine le citron plus parce que je sais que le sachet en contient, que parce que m’indiquent mes papilles. Le thé, je ne le sens pas du tout. Bref, j’ai l’impression d’avoir affaire à une tisane, délicieuse mais pas très théinée. L’emballage mentionne Wild Mountain herbs et Sideritis Perfoliata. Des pistes à explorer dès mon retour…

 

Mountain tea en sachet, parfumé à la menthe, au citron et à la camomille.
Thé grec des montagnes en sachet, parfumé à la menthe, au citron et à la camomille.

 

Qu’est-ce que le Thé grec des montagnes ?

Le rooibos est souvent qualifié de red tea mais la plante utilisée est un Aspalathus linearis et non le Camellia sinensis à partir duquel on fabrique le thé. La situation est identique pour le Thé grec des montagnes, il n’est pas élaboré à partir d’un Camellia mais du Sideritis. En anglais, le terme tea désigne parfois, de manière plus large, toutes sortes d’infusions.

Le Sideritis est une plante endémique qui pousse à plus de 1 000 mètres d’altitude, dans les montagnes rocailleuses de Grèce. Espèce protégée, elle existe à l’état sauvage et est également cultivée pour fabriquer le thé. Il en existe une centaine de variétés. En Grèce, il est essentiellement question du Sideritis Perfoliata, Clandestina, Syriaca (appelé aussi Malotiras en Crète), Euboea et Scardica. Le Sidertis pousse également dans différents endroits du bassin méditerranéen.

La récolte a lieu entre mai et juin, au moment de sa floraison afin que le thé contienne un maximum d’huiles essentielles. Ensuite, tiges, fleurs et feuilles sont mises à sécher, idéalement une semaine, avant d’être conditionnées.

 

Mountain tea, thé des montagnes grec

Les vertus du Thé grec des montagnes

Le pharmacologue antique grec, Dioscoride, au I siècle ap. J.C. recommandait déjà cette boisson pour ses nombreuses vertus. Sidertis est un dérivé du grec ancien Sideros qui signifie fer et la plante est réputée pour en contenir.

Le Sidertis possède de nombreuses vertus. Je vous cite uniquement celles pour lesquelles j’ai trouvé des études scientifiques l’attestant : renforcement du système immunitaire, antioxydant (présence de flanoïdes), anti-inflammatoire, anti-anémie, diurétique et digestif.

La dégustation du Tsaϊ Vounou, le thé grec des montagnes

Liqueur de thé grec des montagnes
Liqueur de Thé grec des montagnes

De retour chez moi, j’ai enfin pu déguster le Thé grec des montagnes nature acheté sur place.

Dans une eau à 95°, j’ai laissé infuser 10 minutes. J’ai lu que certains préconisent de l’utiliser en décoction mais j’ai préféré l’infuser.

Cela a donné une très belle liqueur couleur miel et très parfumée, très florale. J’ai été étonnée par son goût très doux et assez nouveau pour mon palais. Certes, ça n’a rien à voir avec du thé mais c’est une très bonne tisane nature au goût original.

Si vous voulez en goûter, nul besoin d’aller en chercher en Grèce ou d’en faire venir. Le Sideritis en connu en France sous le nom de Crapaudine et parfois Thé des Alpes. Cette plante pousse également à l’état sauvage dans les Alpes, le Jura et les Pyrénées. Néanmoins, attention, elle est également protégée et sa cueillette est très réglementée !

De quoi la T.O by Lipton est-elle le symptôme ?

Le mardi 6 septembre, T.O by Lipton, en partenariat avec Pierre Hermé, invitait des blogueurs à un atelier accords thés et pâtisseries. Que le meilleur pâtissier du monde s’associe avec le leader mondial du thé m’a intriguée. J’y suis donc allée, également motivée par l’idée de rencontrer le théologue de Lipton, Kurush Bharucha, qui a co-réalisé avec Pierre Hermé les accords.

En préambule

Infusion de perles de Dragon

 

Pour les puristes et amateurs de thés, le moment consacré à la préparation du thé est aussi important que sa dégustation. Perpétuer des gestes ancestraux : sentir, regarder les feuilles avant et après infusion, ébouillanter la théière ou le gaiwan, doser le thé selon l’envie, maîtriser le temps d’infusion, ré-infuser plusieurs fois certains thés, est un véritable rituel qui lui garanti un moment de dégustation unique. Selon qu’il recherche un thé vert japonais ou chinois, un oolong, un puer, un darjeeling, (etc.) l’accroc aux feuilles va s’orienter vers différents comptoirs spécialisés : Jugetsudo, Palais des Thés, Frères Mariage, George Cannon, La maison des 3 thés, etc.

Comme pour le vin, les vrais amateurs ne sont pas légion. Ils sont parvenus à ce niveau d’appréciation du thé après un long cheminement. La T.O by Lipton, avec ses capsules et son temps d’infusion pré-programmé selon le thé, correspond donc plus au goût du grand public qu’aux buveurs de thés initiés qui sont moins nombreux.

Le contexte et quelques chiffres sur le thé en France

Les français préfèrent le café au thé et 75% utilisent du thé en sachet. Ces dernières années, les ventes de thé en grande surface stagnent. Les réseaux spécialisés, plus axés sur le thé en vrac, représentent 20% des ventes, avec une belle croissance : +10% (selon LSA).

 

Sachet de thé

Depuis 2004, deux marques de thé sont devenues très offensives en multipliant les points de vente. En 2015, le Palais des Thés a ouvert 5 boutiques en franchise. Kusmitea qui a également opté pour le système de franchise, prévoit d’ici 2018, d’ouvrir une cinquantaine de points de vente (source Les Echos). La marque développe également depuis un an des Kusmikiosk, des distributeurs automatiques de thés, notamment dans des gares comme celle de Montparnasse.

Kusmikiosk Montparnasse

 

Parallèlement au foisonnement des points de vente haut de gamme, l’initiation à la dégustation du thé sous forme d’ateliers se développe. Aujourd’hui de nombreux comptoirs de thés organisent des cours ou dégustations : Mariage Frère, Palais des thés, le Parti du Thé, Lupicia, etc. Les cours indépendants restent marginaux mais citons tout de même Nadia Bécaud et son Institut du thé et Lauren Pascault et son Atelier thé.

 

mangajo   may-tea    BOS ice tea Apple

 

 

 

 

 

Autre phénomène : l’engouement pour le thé glacé, notamment en grande surface et dans les snackings. Le midi, les français qui déjeunent sur le pouce ne choisissent plus systématiquement un soda mais optent également pour des ices tea, souvent vendus comme une boisson saine.
Les Ice tea de Lipton restent les plus consommés en France, mais de nombreuses marques ont développé une offre : Herbalist, BOS ice tea, Green, Mangajo et Blue Veda, etc. Preuve du succès : Orangina, pas du tout spécialisé dans le thé, a créé son ice tea parfumé cet été : le May Tea.

Bref, le succès des ice tea, le nombre croissant de cours d’initiation au thé et l’accélération du développement des boutiques spécialisées montrent à quel point le thé se démocratise et s’installe de plus en plus dans le quotidien des français.

Conséquence, on s’éloigne de plus en plus de l’image de la vieille dame anglaise buvant son thé le petit doigt en l’air. T.O by Lipton ne s’y est pas trompé : la consommation de thé prend de l’ampleur en France et il est possible de développer de nouveaux usages.

 

La cup of tea de DiviniThé

La T.O by Lipton et le thé dépoussiéré

Lancé depuis un an, la machine plait principalement au 30-50 ans. Sa spécificité réside dans la chambre à infusion transparente où les feuilles se déploient afin de libérer pleinement leurs arômes. C’est un agréable spectacle que de voir ces feuilles danser sous nos yeux. Sa sophistication technologique séduit également un public de geeks.

Il existe bien sûr plusieurs machines à thé, j’ai évoqué cette offre dans un autre article. (lire l’article). Ces machines nous renseignent sur une nouvelle façon de boire le thé. Avec la T.O by Lipton et sa sélection de thés nous sommes qualitativement, un cran au dessus d’une préparation thé en sachet et la maîtrise de l’infusion est assurée. C’est un bon compromis pour ceux qui ne veulent pas préparer le thé eux-même en théière par peur de le rater ou manque de temps.

Mais ce qui est intéressant avec cette machine, c’est de comprendre sa démarche. Pourquoi s’est-elle associée avec un grand chef pour cet atelier ?

La déclaration de Pierre Hermé et Kurush Bharucha

Pierre Hermé et Kurush Bharucha
Pierre Hermé et Kurush Bharucha

 

Avant de commencer l’atelier, le Maître des macarons a expliqué que pour lui, le thé est la boisson idéale pour accompagner une pâtisserie et le Tea master de chez Lipton de définir le thé comme une positive drink, une boisson saine contenant zero calories.

Une des spécificités des artistes est de ne pas avoir besoin d’études de marché pour sentir les tendances. Quand Pierre Hermé créé des accords thés-macaron, précisant démarrer la journée par une tasse de thé et le préconise en accompagnement de ses macarons, ce n’est pas anodin. Cela corrobore les données chiffrées citées précédemment : le thé s’installe de plus en plus dans nos foyers.

 

Association très réussie du macaron Jardin oriental de Pierre Hermé avec le thé Citron vert à la Cubain, créé pour la T.O by Lipton.
Association réussie du macaron Jardin oriental de Pierre Hermé avec le thé Citron vert à la Cubaine, créé pour la T.O by Lipton

 

Depuis 2010, le repas gastronomique des Français est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Notre réputation de fins gourmets est reconnue mais introduire le thé en accompagnement de notre cuisine est une nouveauté. Qu’un grand chef qui s’y intéresse est donc une très bonne nouvelle !

Les marques le savent déjà, le Palais des thés, le Parti du Thé, Beetjman & Barton, etc. s’associent régulièrement avec des fromagers pour proposer des dégustations. Il existe d’ailleurs un certain nombre de livres sur les accords thés et mets.

Ce n’est pas un hasard la Special T, la machine de Nestlé propose en octobre un salon de thé éphémère à Paris où l’on pourra déguster des pâtisseries du chef Gilles Marchal, créées spécialement pour s’accorder avec les thés. La tendance est bien là.

Associer le thé à des pâtisseries en s’appuyant sur la notoriété d’un plus grand pâtissier du monde, est une  façon pour la T.O by Lipton de travailler son image de marque bien sûr, mais également d’installer la machine au coeur des foyers et d’en légitimer l’utilisation. Les buveurs de thé en sachet qui veulent passer à une dégustation plus pointue, peuvent être ravis et rassurés par une machine qui calcule pour eux le temps d’infusion idéal et la quantité de feuilles à utiliser. Ils sont sûrs de boire, ou proposer un bon thé à leurs proches. Ils ne souhaitent pas jouer à trouver le meilleur temps d’infusion, la bonne quantité de feuilles. Ils veulent du simple et pratique.

Alors, de quoi la T.O by Lipton est-elle le symptôme ?

Oolong du dragon avec chocolats de Pierre Hermé

 

Pour répondre à la question  posée comme titre de cet article, cette machine est révélatrice de la place que le thé est entrain de prendre en France. Elle nous montre qu’il existe différentes façons de le consommer et que le meilleur moyen de le faire accepter durablement est de l’accorder avec nos traditions culinaires.
Par ailleurs, en s’installant au coeur des plans de travail des foyers, la T.O by Lipton entérine le fait que, le thé comme le café, est une boisson couramment consommée en France.

Demain, le thé sera la boisson la plus consommée en France ?

Il fut un temps où la France était une des plus grandes puissances mondiale et on utilisait le français, plutôt que l’anglais, comme langue de la diplomatie. Au cours de ces cinq dernières années, les Etats-Unis, première puissance mondiale, sont parvenus à imposer au coeur de la cuisine française leurs burgers.A présent, de nombreux restaurants de cuisine française proposent un hamburger, souvent revisité selon la région, à leur menu.

 

Image empruntée à l'émission M6: 100% Mag
Image empruntée à l’émission M6: 100% Mag

 

Aujourd’hui les deux pays où le thé est le plus consommés sont la Chine et l’Inde. Ce sont également les plus gros producteurs de thé. Deux pays ayant une forte croissance et qui vont de plus en plus s’imposer à l’avenir. Cela peut contribuer au développement de la consommation de thé en France. Mais gageons que comme pour le hamburger, nous saurons l’arranger à notre sauce, notamment en créant des accords avec nos spécialités culinaires, comme les macarons par exemple…

 

Macaron caramel beurre salé de Pierre Hermé

 

La consommation du thé en France n’en est qu’à ses débuts. Rêvons qu’un jour, dans nos foyers et restaurants, on nous proposera, au même titre qu’un vin, un grand choix de thés pour accompagner nos repas !

 

 

Bos ice tea, le goût n’est pas celui que vous attendiez…

Connaissez-vous la marque de thés glacés, BOS ? Je l’ai découverte par hasard et j’ai été très surprise par son contenu, loin de ce à quoi je m’attendais, mais au final pas mal du tout !

Il y a quelques mois, sachant mon intérêt pour tout ce qui est à base de thé, on m’a donné une canette de Ice tea BOS. J’ai bien aimé sa présentation : cannette longiligne, couleur gaie, design sobre mais dynamique.

Pourtant, j’étais assez dubitative. Généralement, le thé glacé, je le prépare moi-même. J’apprécie de pouvoir selon, le temps d’infusion, le volume de feuilles, personnaliser au maximum ma boisson. En réalité, je consomme rarement du ice tea tout prêt, souvent trop sucré pour mon goût. J’ai donc rangé la cannette dans le frigo et je suis passée à autre chose.

L’été battant encore son plein, jeudi après midi, j’ai eu envie d’un thé glacé mais je n’en avais pas de tout prêt. Je me suis souvenue de la jolie cannette de Ice tea BOS, bien au frais dans mon frigo.

 

Dégustation du thé glacé à la pomme de chez BOS

 

Une fois la cannette décapsulée et versée dans mon verre, j’ai humé son contenu. Ca sentait rudement bon la pomme. Rien d’étonnant, c’est le parfum annoncé sur la canette. En revanche, j’ai été très étonnée en la dégustant.

Si le goût de pomme domine, celui de thé n’est pas du tout présent. Non, on sent autre chose. Comme disait Jean Lefebvre dans Les Tontons flingueurs : « y’a pas que de la pomme, y’a aut’chose ».

 

 

Deuxième gorgée. Je le connais ce goût ! Ce n’est pas celui du thé, mais pourtant je l’associe au thé… Je goûte encore, sans plus parvenir à définir ce second parfum. Je saisie la cannette pour lire la composition et découvre le petit macaron précisant Organic rooibos. La liste des ingrédients précise : extraits de rooibos et arôme naturel de pomme. Plus bas, la provenance de la canette est mentionnée : Cape Town.

Là, tout s’éclaire : cette cannette ne contient pas de thé. En Afrique du Sud, on considère le rooibos comme un thé rouge. La boisson est donc classée thé glacé même si la plante qui sert à fabriquer le rooibos, l’Aspalathus, n’a rien à voir avec le Camellia Sinensis dont on récolte les feuilles pour le thé.

La marque BOS existe depuis 2010. Elle a été fondée par Peet Piernaar et Grant Rushmere. En Afrique du Sud, BOS peut signifier rooibos mais également désigner quelqu’un qui a un petit grain de folie.
La gamme se compose de six parfums différents : citron, pomme, pêche, fruits rouges, citron vert et gingembre, citron pétillant.

 

BOS ice tea, thé glacé

 

Point positif, le rooibos utilisé est bio et cultivé dans la ferme et la réserve naturelle privée de Klipopmekaar. Il ne contient ni conservateurs, ni colorants et précise l’emballage pas de caféine. Là, je souris de la stratégie de la marque : préciser ice tea sur la canette est vraiment ambigüe. Si le thé contient de la théine (même molécule que la caféine), le rooibos en revanche n’en contient pas du tout, il est donc normal que la cannette soit sans caféine.

Finalement, je n’ai pas trouvé le goût de thé que j’espérais mais je n’ai pas non plus trouvé un goût exceptionnel. Cela étant dit, cette boisson est plutôt saine et la marque semble éthique. En 2012, en partenariat avec Greenpop, une application mobile a été développée afin que tous les 2 000 canettes vendues, un arbre soir planté dans des zones défavorisées d’Afrique du Sud.

Où acheter BOS ice tea en France ?

Pour le moment la marque est très peu distribuée en France, mais cela risque d’évoluer dans les mois à venir. Si vous habitez Paris, vous pouvez la trouver dans quelques Franprix. La liste des points de vente parisiens est disponible sur le site de La Nouvelle Épicerie.