Cape and Cape

Rooibos nature, Taffic Light de chez Cape and Cape

Cape and Cape est une jeune marque spécialisée dans le rooibos et les thés africains. Cette maison de thé originale a choisi de parier sur la capacité de l’Afrique à créer, se développer et innover. Parions qu’à l’avenir, il va être de plus en plus question de cette maison de thé moderne et des thés africains.

 

Intérieur de la boutique Cape and Cape
Intérieur de la boutique Cape and Cape, 19 rue Vineuse dans le 16e arr. parisien

 

L’HISTOIRE DE LA MAISON
Cape and Cape doit son nom au cap Blanc en Tunisie et au CapTown en Afrique du sud qui définissent le territoire d’où proviennent les thés et rooibos sélectionnés.
Au départ de cette maison, il y a la passion pour l’Afrique de 2 collectionneurs d’art : Gervanne et Matthias Leridon de la Fondation AAD (African Artistes for development). Lorsqu’ils fondent la marque en 2014, ils se positionnent comme découvreurs de rooibos. Petit à petit, ils vont également s’intéresser au(x) thé(s) africain(s) de qualité et devenir une maison de thés africains. La marque décide donc de faire découvrir certains thés de qualité, comme le thé vert du Malawi.

Le but est de promouvoir le rooibos et le thé africain, trop souvent méconnus ou peu considérés en France. La maison travaille directement avec les producteurs et un Teamaster afin de proposer des produits de qualité, originaux et inattendus, comme le thé africain oolong.
Les boîtes sont très colorées et très contemporaines. Elles sont réalisées par des artistes africains. Il existe 4 motifs de fonds différents : un pour les rooibos nature, un autre pour ceux aromatisés, un pour les thés nature et un pour ceux aromatisés.

Rooibos aromatisé : Chrismas Fireworks - Cape and Cape
Rooibos aromatisé : Chrismas Fireworks – Cape and Cape

INFORMATIONS PRATIQUES
Année de fondation : 2014
Nombre de références : une cinquantaine de références : une vingtaine de 20 rooibos nature et une dizaine aromatisés + une dizaine de thés nature et six aromatisés
Dégustation sur place : pas pour le moment
Particularités : sélection de produits de qualité, avec une volonté de faire découvrir le rooibos et les thés africains qui sont en plein essor.
Propose de très beaux coffrets permettant de découvrir la gamme.

Rooibos aromatisé : Miss grey - Cape and Cape
Rooibos aromatisé : Miss grey – Cape and Cape

Points de vente Cape and Cape  :
La marque possède de nombreux corners dans des salons de thés, boutiques dédiées aux thés ou cafés, lieux prestigieux comme Lafayette Gourmet ou le Bon Marché ainsi que dans des lieux plus inhabituels comme des cafés (cf. le café Fauve), une librairie, etc.
Consulter la liste des points de Cape and Cape

Coordonnées de la boutique
Tél. 01 45 24 77 70
Horaires d’ouverture : du lundi de 14h à 20h  et du mardi au samedi: de 12h à 20h
Consulter le site Internet de Cape and Cape

Kalahari Camp - Rooibos Sauvage de chez Cape and Cape
Rooibos sauvage : Kalahari Camp – Cape and Cape

Pour en savoir+ sur le rooibos, cliquez ici

Le rooibos, avenir de l’Afrique ?

Le thé est avant tout une histoire de moments de partage. Les rooibos, une infusion souvent considérée à tord comme un thé, que j’avais bus ne m’avaient pas convaincue. Et puis, j’ai été intriguée par la maison de thés africains Cape and Cape. J’ai été reçue par Maria Kockmann, Tea master, responsable de la communication et du e-commerce de la marque.
Je suis repartie conquise par cette boisson et convaincue qu’elle va être de plus en plus présente dans nos tasses. De même que les thés africains, encore méconnus et parfois méprisés, seront d’ici une dizaine d’années un beau symbole de la capacité de l’Afrique à créer et se renouveler sans cesse.  
Je partage donc avec vous ce voyage dans le monde du rooibos… de qualité.

Arbuste Rooibos
Arbuste rooibos d’Afrique du Sud

DiviniThé : Qu’est-ce que le rooibos et qu’est-ce qui le distingue du thé ?
Maria Kockmann : Le thé est fabriqué à partir d’une plante, le camellia. Le rooibos, souvent à tort appelé thé rouge. Il s’agit en fait d’un buisson qui appartient à la famille des acacias, son nom botanique est Aspalathus linearis. Il contient des tanins mais ne pas de théine.
Le rooibos a besoin de conditions climatiques très spécifiques. L’amplitude thermique des hauts plateaux est forte (entre 40° la journée à 0 la nuit).  Il pousse entre 450 et 900 mètres d’altitude sur des sols acides et sablonneux et il lui faut une certaine pluiviométrie. On l’appelle le Phoenix des plateaux car ses racines très profondes lui permettent de se régénérer malgré les feux.

D : D’où vient le rooibos ?
MK : Il s’agit d’une plante endémique qui au départ poussait de façon sauvage en Afrique du sud, autour de Clanwilliam. On le trouve du cap Nord au cap Occidental de l’Afrique du Sud.
Les écrits du botaniste Léonard Plukenet attestent qu’au 17e siècle, les populations d’Afrique australe en consommaient déjà et sûrement depuis des millénaires.
En 1929, un botaniste, le docteur Nortier mit au point une variété unique de rooibos. Cela contribua grandement au développement du rooibos dont la production doubla après la 2e guerre mondiale.
Le contexte de l’Apartheid et les sanctions de certains pays à l’égard de l’Afrique du sud limitèrent pendant longtemps sa diffusion en Europe et aux Etats-Unis. Entre les années 90 et 2006 la production a été multipliée par trois.

D : Quelle est la durée de vie de cet arbuste ?
MK : Lorsqu’il est cultivé, il vit entre 7 et 10 ans mais le rooibos sauvage peut atteindre 50 ans. Cela dépend des terroirs et des régions.

Récolte des graines des fleurs de rooibosr
Récolte des graines des fleurs de rooibos

D : Comment se présente le rooibos dans la nature ?
MK : Le rooibos a besoin de conditions climatiques très spécifiques. L’amplitude thermique des hauts plateaux est forte (entre 40° la journée à 0 la nuit).  Il pousse entre 450 et 900 mètres d’altitude sur des sols acides et sablonneux et il lui faut une certaine pluiviométrie. On l’appelle le Phoenix des plateaux car ses racines très profondes lui permettent de se régénérer malgré les feux.

Début du traitement du rooibos après récolte
Début du traitement du rooibos après récolte

D : Quelles transformations subit le rooibos avant d’arriver en magasin et dans nos tasses ?

Début de l'oxydation du rooibos à l'air libre.
Début de l’oxydation du rooibos à l’air libre.

MK : La première étape a lieu en octobre. Le rooibos donne des fleurs jaunes et chaque fleur contient une seule graine. Ces graines sont récoltées à partir de décembre et plantées dans des serres au mois de janvier. En juin, on replante les semis à l’air libre dans des pépinières. La première année, les buissons sont taillés. Puis, on attend 3 ans avant d’effectuer la première récolte, entre décembre et avril.
C’est la partie aérienne du buisson qui va être récoltée, feuilles et tiges, pour fabriquer la boisson.

Oxydation pls avancée et séchage du rooibos à l'air libre
Oxydation plus avancée et séchage du rooibos à l’air libre

La seconde étape est la transformation qui présente de nombreuses similitudes avec celle du thé. Les feuilles et tiges sont coupées par une rouleuse afin de libérer les arômes. Etalé sur 20 cm d’épaisseur, le rooibos fermente à l’air libre pendant une demi- journée. On l’arrose régulièrement. L’oxydation donne sa couleur rouge au rooibos et son parfum.

Tris, séchage du rooibos pour conditionnement
Tris, séchage du rooibos pour conditionnement

La troisième étape consiste à tamiser le rooibos et à le pasteuriser. Il peut être ajouté un arôme à ce moment-là. L’aromatisation se fait à posteriori comme pour le thé.

Pour finir, il est conditionné et emballé.
Il faut savoir que 60% de la production de rooibos est destiné à l’export.

conditionnement du rooibos pour stockage et transport
Conditionnement du rooibos pour stockage et transport

D : Quelles sont les vertus du rooibos ?
MK : Le rooibos est reconnu comme anti-oxydant et comme favorisant la digestion.

D : Quel est le temps d’infusion d’un rooibos ?
MK : Entre 5 et 10 minutes. L’avantage du rooibos sur le thé est qu’il ne sera jamais amer, même si vous le laissez infuser trop longtemps.

D : Qu’est-ce que le rooibos vert ?
MK : Il s’agit d’un rooibos non fermenté. Les feuilles sont séchées directement sans oxydation.

Rooibos vert : green mountains - Cape and Cape
Rooibos vert : Green mountains – Cape and Cape

D : Comment sont organisés les producteurs et les vendeurs de rooibos en Afrique du sud ?
MK : Depuis les années 50, le rooibos est à la mode dans les pays anglo-saxons. Cela a accéléré la production et donné naissance au consortium Rooibos Ltd qui regroupe la production des différents pays.
Le contrôle des productions livrées est uniquement visuel. Les grades sont définis à l’œil. Contrairement au thé, cela ne passe pas par la dégustation comme pour le thé. Pour obtenir un rooibos acceptable, les rooibos arrivants différentes régions et divers producteurs sont tous mélangés.

D : Vous voulez dire que toute la production de rooibos passe par le consortium Rooibos Ltd ?
MK : Oui, très peu de maisons de thé africaines sont indépendantes.
Généralement, les marques achètent la production du consortium qui arrive à Hambourg et en font des rooibos parfumés pour la plupart, sans mettre en lumière la richesse des terroirs.

D : La marque Cape and Cape travaille avec ce consortium ?
MK : Non. Nous nous adressons directement aux producteurs. Notre sélection se fait par le goût. Pour cela, nous avons fait appel au sommelier français, Mikaël Grou. Il nous a accompagnés dans la sélection des premiers rooibos, a établi une charte de qualité et formé les personnes sur place.
Pour nos rooibos aromatisés, nous travaillons avec un maitre de thé taiwanais, installé à Capetown. Nous souhaitons inscrire le rooibos comme un produit du terroir, un peu comme le vin avec les différents crus.
Pour le moment, nous proposons des rooibos nature et parfumés ainsi que des thés noir et vert d’Afrique. Nous allons bientôt élargir notre gamme de thés en incorporant des familles de thés inhabituelles dans ce continent comme les wulong, le thé blanc, le pu-erh… .

Boîtes Capes and Cape dont le motif est dessiné par des artistes africains.
Boîtes Capes and Cape dont le motif est dessiné par des artistes africains.

D : Les rooibos et thés de chez Cape and Cape sont-ils bio ?
MK :  Le label bio aurait un coût trop élevé pour nos producteurs, ce serait les pénaliser que d’exiger la labellisation de leur production, et de plus, ceci se répercuterait fortement sur le prix.

D : Comment l’idée est venue de Cape and Cape de créer une marque en France ?
MK : Les fondateurs, Gervanne et Matthias Leridon, sont au départ des collectionneurs d’art africains passionnés par l’Afrique du sud. Ils se sont intéressés au rooibos lorsqu’ils ont acheté une propriété sur place.
Ils ont créés la marque en 2014 et ont dès le départ travaillé directement avec les partenaires locaux. Très vite, ils ont décidé d’intégrer également les thés africains à leur gamme. Les thés noirs d’Afrique ont vraiment une identité spécifique et disposent d’un très fort potentiel d’élaboration de goûts variés. Les thés verts sont surprenants et de nouvelles familles se développent également…

La volonté de Cape and Cape est de promouvoir une image de l’Afrique contemporaine et dynamique, une Afrique de terroirs, loin des clichés. Nous tenons aussi à tisser le lien de ce produit de terroir avec l’art, nous avons ainsi fait appel à des artistes africains pour dessiner les motifs modernes et originaux ornant les boîtes, ou encore créer des « art collections », où des artistes africains revisitent notre packaging, et expriment ainsi l’identité de ce continent attachant.

Maria Koxkmann de Cape and Cape avec...
Maria Kockmann de Cape and Cape avec Maibé Gaye, Chargée de mission marketing.

Jeu-Concours : Clic-Clac, SéréniThé !

Parce que nous avons plus que jamais besoin de sérénité,
et que parfois le thé nous aide à y accéder,
DiviniThé vous propose un jeu-concours photos !

Entre le 18 novembre et le 13 décembre 2015, prenez une photo qui représente pour vous la sérénité du thé et postez la sur la page Facebook de DiviniThé.

Un jury, composé de professionnels et d’amoureux du thé, déterminera les 3 photos incarnant le mieux la sérénité du thé. Les gagnants se verront remettre des lots de thés de Noël de chez George Cannon.

Pour plus d’informations, voir le règlement ci-dessous.

Et surtout, surtout, amusez-vous et buvez, buvez du thé !

 

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Règlement du jeu-concours « Clic-clac, SéréniThé ! »

1 – Participation au jeu
Le principe du jeu consiste à prendre une photo d’un moment de thé incarnant la sérénité de  la boisson, puis à la poster sur la page Facebook de Divinité. La photo sera alors relayée sur le site www.divinithe.com

Le jeu n’est ouvert qu’aux personnes physiques résidant en France métropolitaine.
Chaque participant ne peut envoyer qu’une photo.
Une seule participation par foyer est admise.
Le non-respect des règles évoquées supra entraînera de facto la nullité de cette participation.

2 – Objet du jeu
Le présent jeu est un concours photo ayant pour objet de faire gagner les 3 lots suivants :

– 1er lot : 3 boules de Noël (Blanche Etoile du Berger, Verte Etoile Filante, Rouge Etoile des Neiges) + 1 Boîte Tube Blanche Etoile des Neiges + 1 Boîte Ronde Etoile des Neiges, Confit de Thé Etoile des Neiges.
– 2ème lot : 1 boîte Carré carton Etoile des Neiges + 1 boule de Noël Verte Etoile Filante + 1 boîte Ovale Etoile des Neiges.
– 3ème lot : 1 boîte Carré carton Etoile des Neiges + 1 boule de Noël Rouge Etoile des Neiges + 1 boîte ovale Etoile des Neiges.

3 – Dates de participation
Le jeu est ouvert du jeudi 19 novembre 2015 à 9h00 au dimanche 13 décembre 2015 minuit.

4 – Modalités de détermination du gagnant
Les gagnants des 3 lots seront désignés le jeudi 17 décembre 2015 à l’Essence du thé, 12 Rue Notre-Dame des Champs 75006 Paris, par un jury composé de :
Olivier Scala : président du Comité français du thé et directeur général des thés George Cannon
Fabrice Molord : passionné de thé et modérateur du groupe privé Facebook Club Thé
Maria Kockmann, de Cape and Cape, passionnée de thé
Jé le Potier : Potier et gérant le site theiere-tasse
– Nathalie Hegron : pour DiviniThé

5 – Modalités de réception du lot
Les gagnants désignés par le jury seront ensuite contactés par mail, et devront alors communiquer leur adresse postale pour recevoir leur lot.
Parallèlement, les noms, prénoms, départements et villes des gagnants seront publiés sur www.divinithe.com avec leur photo.

6 – Contact
Pour tout contact ou renseignement concernant ce jeu, s’adresser à contact[@]divinithe.com

7 – Dispositions relatives à la vie privée
Les données personnelles, notamment les adresses mails envoyées avec chaque participation, ne seront en aucun cas communiquées à des tiers.
Les adresses postales des gagnants ne seront en aucun cas communiquées à des tiers.

8 – Dépôt du règlement
Le fait de participer à ce jeu concours implique l’acceptation pure et simple du présent règlement dans son intégralité ainsi que toute annexe ou additif éventuel.

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LES PARTICIPANTS

Hélène Martin : La nuit tombée, le dos bien calé, un livre pioché, un thé parfumé. C’est ça la sérénité.

.La nuit tombée, le dos bien calé, un livre pioché, un thé parfumé. C'est ça la sérénité.

Christelle Desprez  : Petit coin à coté de l’âtre pour vous partager ma définition de la sérénité : la bougie pour la douceur de sa lumière, le bredele pour son réconfort , la fonte pour sa force tranquille qui perdure dans le temps, la gazelle pour le voyage imaginaire dans des contrées lointaines et un yunnan juste pour son énergie à la fois puissante et apaisante. Bonne soirée à toutes et à tous.

Christelle Desprez Petit coin à coté de l'âtre pour vous partager ma définition de la sérénité : la bougie pour la douceur de sa lumière, le bredele pour son réconfort , la fonte pour sa force tranquille qui perdure dans le temps, la gazelle pour le voyage imaginaire dans des contrées lointaines et un yunnan juste pour son énergie à la fois puissante et apaisante. Bonne soirée à toutes et à tous.

Michelle Saintpere : Endroit divin pour savourer un bon thé.

Endroit divin pour savourer un bon thé.

Zaza La Fatigua : Quelque soit l’endroit où nous nous trouvons, le Thé est est vrai un petit moment de sérénité.

Quelque soit l'endroit où nous nous trouvons, le Thé est est vrai un petit moment de sérénité.

Agnès Juillard : Il manque le chat…

Il manque le chat...

Marie Bengeveni

Marie Bengeveni

Remy Ducloux : Le Clos du Frotadou le thé est un de nos alliés précieux pour le bien recevoir.

Le thé est un de nos alliés précieux pour le bien recevoir.

Syl Vie : parfait.

Syl Vie

Elisabeth Boutevin Koskas‎ : Oolong lavande, un après midi d’automne en Provence.

Elisabeth Boutevin Koskas‎ : Oolong lavande, un après midi d'automne en Provence.

 

Catherine Quart Foisset : Un moment de nostalgie de fin d’été, un oolong à la figue dégusté avec les dernières figues de mon jardin.

Un moment de nostalgie de fin d'été, un oolong à la figue dégusté avec les dernières figues de mon jardin.

Mi Randa : Partager sa passion du thé avec Chasen, la chatonne la plus sereine du monde! A pas feutrés, elle a grimpé et lapé tout mon Sencha …
Les animaux sont les reflets de leurs maîtres dit-on…

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Laétitia Gautheron‎ : Voilà une photo personnelle symbolisant la sérénité que m’apporte un thé. Un moment cosy, ambiance zen, lumière tamisée…… la vraie sérénithé !

Laétitia Gautheron‎

Pat Dutch : Une maison bien chauffée, un chat très relax dans son cocon et ma tasse de thé Tchai qui m’attend au coin du feu…Sérénithé que je savoure avec grand plaisir.

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Elisabeth Bourgoin : Clic-clac, SéréniThé,
DiviniThé,
Oh divin Thé,
À un instant t, un instant Thé,
Source de séréni-thé,
Une tasse de ce divin breuvage,
Pour medi-thé,
Et se ressourcer,
Une tasse de thé, c est tout un voyage,
Que je partage

Elisabeth Bourgouin

Chloe Chateau : J’ai beau aimer le thé à toute heure de la journée et dans tous ses états, pour moi, le moment où c’est un vrai moment de séréni-thé, c’est un soir d’hiver glacial, au coin du feu, avec un bon livre et ma bouillotte et un petit quelque chose à grignoter. Ici, un thé blanc du Yunnan, soir oblige  !

Chloe Chateau

Mélancolie de Tachycardie‎ : Voilà pour moi un instant de sérénité lié au thé. Me poser après une journée chargée, me mettre un film ou de la musique avec bien sûr un pull aussi épais de confortable et un bon thé à portée de main.

Mélancolie de Tachycardie‎

Stephanie Mesans‎ : Le bonheur d un thé en compagnie de mes amies geisha ! Une pure moment de délice !!!!!

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Amandine Marchand : La sérénité du thé pour moi, mon tchai tea latte du dimanche matin, où je prends le temps, avec petits croissants et confiture maison *__*

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Le clip publicitaire de la T.O by Lipton

Il y a un mois, j’évoquais ici la T.O by Lipton, présentée en avant-première au BHV. Aujourd’hui, la marque lance officiellement une campagne publicitaire originale, en collaboration avec le Cirque du Soleil. Revenons sur ce concept et regardons comment ce film présente le thé.

 

La machine à Thé

La T.O by Lipton est le fruit de 5 années de recherche. Avant de lancer sa machine, la marque a longuement observé les consommateurs de thés ainsi que les études sur Lifestyle (nos modes de vie) dans les prochaines années.

Des années 90 jusqu’aux années 2010, nous avons vécu dans une société basée sur la recherche de la performance à tout prix. Le café a très bien symbolisé cette période.

Les études du Kantar Worldpanel révèlent que dans les 5 prochaines années, nos modes de vie seront plutôt orientés vers le je prends soin de moi, sans cette recherche de performance. Le thé incarne parfaitement cet état d’esprit.

Pour Lipton, il existe actuellement deux principaux types de consommateurs de thé en France. Le premier : les amateurs de thé, qui boivent du thé en vrac dans une théière, en respectant le temps d’infusion et qui se fournissent dans des boutiques spécialisées. Le second, majoritaire : les buveurs de thé, qui représentent plus de 95% de la consommation de thé en France et achètent du thé en sachet et un peu de vrac. Ils ne boivent pas obligatoirement du thé le matin, ce peut être un café, mais à différents moments de la journée ils vont boire du thé et des infusions. C’est à ces buveurs de thé français que la T.O by Lipton est destinée.

 

Oolong du Dragon infusé
Oolong du Dragon infusé

 

Les français consomment majoritairement du café mais la tradition de gastronomie du pays les rend très curieux. C’est pourquoi la marque a choisi ce pays et non le Royaume-Uni ou l’Irlande qui sont les plus grands consommateurs de thé d’Europe.

Cette machine propose donc une nouvelle façon de boire le thé et pour la promouvoir, en dehors d’une tournée du stand T.O by Lipton dans les centres commerciaux, la marque a réalisé un film publicitaire.

 

Making of du film publicitaire T.O by Lipton
Making of du film publicitaire T.O by Lipton

 

Le film publicitaire T.O by Lipton

Il existe peu de campagnes publicitaires télévisuelles pour le thé. Elles véhiculent généralement les images d’Epinal du thé : bien-être, relaxation, convivialité, esprit british, sérénité, etc.

Internet permet facilement d’effectuer des recherches, comme en témoigne la publicité ci-dessous. Cette campagne publicitaire Lipton qui date du début de la seconde guerre mondiale possède un certain charme désuet. Le message apparaît très daté mais révèle bien les clichés sur le thé et est très ancré dans son époque.

 

 

 

Ce n’est absolument pas dans ce style de clichés que la T.O by Lipton cherche à s’inscrire aujourd’hui. Dans toute sa communication autour de la machine, la marque parle de révolution. Le clip sort donc des poncifs et propose une autre image du thé : originale, moderne, énergique et avec des images colorées, très esthétiques et épurées.

 

Nageuse incarnant l'infusion Caprice de Citron
Nageuse incarnant l’infusion Caprice de Citron

 

La musique choisie est un classique connu du grand public, un extrait du ballet le Lac des Cygnes de Tchaïkovski. Mais il a été remixé par Dominic Howard pour T.O by Lipton afin d’être résolument moderne.

 

Nageuse incarnant l'infusion Rouge Baiser
Nageuse du Cirque du Soleil, dans le rôle de l’infusion Rouge Baiser

 

Pour les personnages, la marque a fait appel à un cirque de renommée internationale. Très contemporain, le Cirque du Soleil a notamment réalisé des spectacles aquatiques et ses membres sont de véritables athlètes.

Le film publicitaire se déroule donc dans la chambre à infusion de la machine à thé. Huit nageuses du Cirque du Soleil incarnent trois parfums. La première en jaune est Caprice de Citron n°97, une infusion citron avec des arômes de cupcake.

Les secondes en bleu incarnent un thé, le Oolong du Dragon n°45. Les troisièmes en rouge sont Baiser des Îles n°74, une infusion aux arômes de pamplemousse et d’hibiscus.

 

Nageuse incarnant le thé Oolong dragon
Nageuses incarnant le thé Oolong dragon

 

Les 3 parfums sont brassés très dynamiquement et leurs mouvements et gestes libèrent tous les arômes de la boisson en cours d’infusion.

Au final, ce film nous présente une nouvelle façon de faire infuser le thé, moderne et qui permet d’obtenir une boisson de qualité et très pratique à préparer. A voir si d’ici quelques années, à côté ou à la place de la machine à café, la T.O by Lipton trônera dans nos cuisines.

 

Capsule de feuilles du Oolong dragon
Capsule de feuilles du Oolong dragon avant et après infusion

Feuilles du Oolong dragon après infusion

Le thé et les expositions

Le thé de Maître Kuniyoshi, de George Cannon. Mélange de thé vert sencha avec des arômes de coings et poires.

Vous aimez les estampes japonaises ? Alors allez visiter l’exposition Fantastique Kuniyoshi, le démon, au Petit Palais du 1 octobre 2015 au 17 janvier 2016.
Vous êtes également amateurs de thé ? Alors vous serez comblés. La maison de thé George Cannon offre aux visiteurs, à l’entrée de l’exposition, un thé créé spécialement pour cet événement : Le thé de Maître Kuniyoshi. Une exception ? Depuis quelques années plusieurs maisons de thés parisiennes développent cette pratique. Quel est leur intérêt ? Pourquoi vendre du thé sur un lieu d’exposition ?

Les premières créations de thés pour des expositions

Le Palais des thés et la maison George Cannon ont débuté le partenariat avec un lieu d’exposition presque au même moment.

L’exposition Le thé à Guimet, Histoires d’une boisson millénaire s’est déroulée du 3 octobre 2012 au 7 janvier 2013. Il s’agit de la plus importante exposition consacrée au thé en France. Le musée Guimet a trouvé un partenaire bien connu des amateurs de thés : Le Palais des thés. La maison a créé pour l’occasion  le Thé Guimet. La couleur bleue de sa boîte est une référence au créateur du musée, le collectionneur Emile Guimet. Son père fabriqua un bleu, dit le bleu Guimet, qui assura sa fortune et celle de sa descendance.

Thé Guimet, créé par le Palais des thés
Thé Guimet, créé par le Palais des thés

Créé spécialement pour l’exposition, le Thé Guimet est un mélange composé d’un thé vert, parfumé avec des pétales de bleuets du yuzu et des arômes de cerises. Il est offert aux visiteurs au début de l’exposition et vendu uniquement à la boutique du musée. Un collector.

Du 21 novembre 2012 au 25 mars 2013 a lieu la rétrospective Dali au Centre Pompidou. Un partenariat est établi avec George Cannon qui crée pour l’occasion un mélange, vendu exclusivement durant 3 derniers jours de l’exposition. Le musée organise des nocturnes de 22h à 3 heures du matin où une tasse de thé Dali de Gala est offerte aux noctambules. Il s’agit d’un mélange à base de thé vert et oolong de Chine, accompagné d’arômes de bergamote, jasmin,  vanille, longane, lavande, agrumes et chocolat. Oui du chocolat, évident pour Dali !

Pourquoi ces partenariats ?

Les maisons de thé haut de gamme représentent 15% du CA du thé en France. Elles sont en très forte concurrence les unes avec les autres. Elles doivent donc particulièrement soigner leur image de marque. La plupart d’entre elles (George Cannon, Dammann Frères, Le Parti du thé, etc.) travaillent avec de grands hôtels. Elles fournissent, sous leur marque ou en marque blanche, du thé pour ces établissements.

Ces partenariats vont devenir importants pour Le Palais des thés et George Cannon qui développent de plus en plus ces dégustations et ventes sur le lieu d’une exposition.

 

Le thé de l'école de Sangai de chez George Cannon est un oolong de Chine, avec des arômes et morceaux de goji, églantier, chrysanthème, agrumes, jujube, longane et nashi
Thé Ecole de Shangai, de George Cannon
Le thé Au fil des saisons de George Cannon est un mélange de thés verts sencha de Chine et du Japon, avec des arômes de pomme, raisin, cassis, amande, coing, poire et rhubarbe et des pétales de soucis.
Thé Au fil des saisons, de George Cannon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

George Cannon travaille en partenariat avec le musée Cernuschi. A l’occasion de l’exposition L’Ecole de shangai du 8 mars au 30 juin 2013, la maison de thé propose un thé éponyme, semblable au Ba Bao cha (thé aux 8 trésors), sauf que le thé vert est remplacée par un oolong de Chine.

Toujours dans le même lieu, lors de l’exposition Japon au fil des saisons du 19 septembre 2014 au 11 janvier 2015, la marque crée le thé Au fil des saisons. Le mélange est composé d’un sencha du Japon et d’un thé vert de Chine, avec des arômes de pomme, raisin, cassis, amande, coing, poire et rhubarbe et des pétales de soucis.

Thé Hokusai, créé par le Palais des thés
Thé Hokusai, créé par le Palais des thés

Au musée du Grand Palais, pour l’exposition consacrée à Hokusai du 1 octobre 2014 au 18 janvier 2015, les visiteurs se sont vus offrir un mélange créé par le Palais des thés. Le Thé Hokusai est composé de thé vert sencha, avec des fleurs (dont de la rose), des agrumes et du gingembre. Il est vendu sur le lieu de l’exposition.

Une tasse de thé Maitre Kuniyochi est offerte par George Cannon à l'entrée de l'exposition.
Une tasse du Thé de Maitre Kuniyochi est offerte par George Cannon à l’entrée de l’exposition.

Au Petit Palais, pour  l’exposition Kuniyoshi, le démon de l’estampe du 1 octobre 2015 au 17 janvier 2016, le partenariat est établi avec George Cannon. La marque crée le thé de Maître Kuniyoshi, un mélange contenant du  thé vert sencha parfumé avec des arômes de poire et coing.

Mélange de thé Maitre Kuniyochi : thé vert sencha parfumé avec des arômes de poires et de coings
Mélange du Thé de Maitre Kuniyochi : thé vert sencha avec des arômes de poire et  coing

Créer un thé pour un grand musée parisien apporte du prestige à une maison de thé. C’est une reconnaissance officielle de la marque, de son savoir-faire. Les grands hôtels parisiens reçoivent de nombreux touristes qui y seront sensibles, ainsi que le grand public qui visite les expositions.

En France, plus de 60% du thé consommé est du thé parfumé. Les mélanges conçus  à l’occasion de ces expositions permettent aux marques de monter leur créativité et leur capacité à faire du sur mesure.

Le Palais des thés et George Cannon choisissent généralement des expositions en lien avec l’Asie, continent d’où est originaire le thé. Ils renforcent ainsi leur image d’experts et leur positionnement haut de gamme. Et puis, les visiteurs de ces lieux sont susceptibles d’avoir une certaine sensibilisation à cette boisson.

 

Le cas de la maison Theodor

La maison de thé Theodor réalise également des partenariats avec de grands lieux d’exposition. Le positionnement de la marque diffère puisqu’elle s’appuie sur la notoriété du lieu pour lancer de nouveaux thés mais le mélange créé n’est pas en lien avec le lieu.
Sous la verrière du Palais de Tokyo, l’après midi du 30 avril 2015, Theodor a présenté une installation éphémère Voyage en Jardin de Création qui racontait la genèse de son nouveau thé J.C. absolu Oolong. J.C. pour Jardin de création, un oolong parfumé au lotus, pêche et poire.
Le thé était vraiment la star du lieu et le directeur de la marque présentait au public sa démarche.

 

 

Perseus, collection Regard sur les étoiles, Theodor
Perseus, collection Regard sur les étoiles. Theodor

 

Plus récemment, du 10 au 13 septembre 2015, a lieu le salon des métiers d’art et de la création Révélations au Grand Palais. Theodor était présent pour présenter une oeuvre d’art autour d’une nouvelle collection Un regard sur les étoiles composée de 3 nouveaux thés. La marque a passé commande à deux élèves de l’École Camondo. Nicolas Jandrot et Florence Tajan ont conçu un totem de 2 mètres de haut autour de la création du thé et des astres.

 

Totem de Theodor, en hommage à la création de thés.
Totem de Theodor, en hommage à la création de thés.

Les 3 thés que l’on peut sentir sous les boules en bois en forme de planète du totem sont mis en avant juste à côté de l’oeuvre et disponibles à la dégustation sur place.
Perseus est un mélange d’earl grey, de bergamote, de yuzu et de prune.
Petite Ourse est un thé vert avec des arômes de mandarine et gingembre.
Phoenix est basé sur un thé noir et un maté vert avec des arômes de chocolat et une note pimentée.

 

Mélange Petite Ourse, de la collection Regard sur les étoiles, Theodor
Mélange Petite Ourse, de la collection Un regard sur les étoiles. Theodor

 

La maison de thé cherche clairement à mettre en avant sa dimension créatrice et novatrice en s’associant à des lieux dédiés à la création la plus contemporaine. Les thés sont vendus en avant première sur le lieu d’exposition. Ils sont ensuite intégrés au catalogue de thés de la maison.

 

Perseus et la Petite Packaging du thé Phoenix, de la collection Regard sur les étoiles.
Packaging du thé Phoenix, de la collection Un regard sur les étoiles, Theodor.

 

Les prix

Le Palais des thés et George Cannon pratiquent les mêmes prix : 15€ la boîte de 100 grammes. Cela correspond au prix moyen des thés vendus en boîte par ces marques.
La maison Theodor vend ses boîtes d’une même contenance à 20€. Le packaging est plus élaboré puisque la boîte en métal est abritée dans un écrin en carton particulièrement soigné.

Créer de l’éphémère et de la rareté

Au départ, le mélange de thé conçu pour une exposition est vendu uniquement durant l’exposition et donc en édition limitée et collector. A cela s’ajoute un packaging en lien avec l’exposition qui est une très bonne publicité pour la marque. Rapporter d’une exposition un cadeau-souvenir gustatif change des crayons, catalogues d’expositions, magnets, posters ou cartes postales.
George Cannon a choisi de rendre disponibles ses créations chez les revendeurs de la marque ainsi que dans sa boutique parisienne.

Cette formule, associer un thé à une exposition, peut être un succès au delà de l’exposition. Un an après l’exposition Le thé à Guimet, Histoires d’une boisson millénaire, le Palais des thés a obtenu l’autorisation du musée d’ajouter le Thé Guimet à son catalogue permanent.

Nous ne somme sans doute qu’au début d’un nouveau phénomène de création de thés sur mesure qui va nous permettre de prolonger le plaisir de l’exposition autrement qu’en feuilletant le catalogue. Un an après, nous pourrons nous installer confortablement dans un fauteuil pour déguster le thé de l’exposition XX. En le regardant, en le humant et le dégustant, nous reverrons de magnifiques images de l’exposition et d’intenses moments d’émotions resurgiront. Le thé est une madeleine de Proust !

Madeleine

La T.O by Lipton, une machine à thé

Stand T.O by Lipton au BHV

Pour le lancement de sa machine à thé, la marque Lipton, leader du marché du thé, a choisi la France et plus précisément le BHV du Marais à Paris. On peut donc aller jusqu’au 10 octobre 2015 tester gratuitement la T. O. by Lipton et être chaleureusement accueilli par l’équipe sur le stand.

Cet article a été rédigé en 2015, malheureusement, aujourd’hui la machine n’est plus commercialisée depuis 2019. Elle n’a pas rencontré le succès escompté.

Une machine à thé pour quoi faire ?

Soyons clairs. Les puristes du thé ont l’habitude de consommer du thé en vrac. Ils le préparent selon les règles de l’art alors pour eux, l’idée d’une machine est assurément une hérésie.

En effet, l’initié ou l’amateur éclairé de thé apprécie le rituel de la préparation. Il commence par sentir les feuilles de thé, puis, choisit la température de l’eau, la durée d’infusion, la quantité de feuilles pour pleinement réussir sa tasse.

Cette machine ne s’adresse donc pas à lui mais plutôt aux 75% des français qui consomment le thé en sachet. Ce chiffre laisse penser qu’une machine à préparer le thé a sa place chez les consommateurs de thé… pressés.

Oolong du Dragon infusé
Oolong du Dragon infusé

La légitimité de Lipton

Il y a 5 ans, le leader mondial du café Nestlé a lancé la première machine à thé individuelle. Et, malgré les avis mitigés du début, la Special T a trouvé sa place, néanmoins, elle n’a pas encontré un succès aussi retentissant que la Nespresso, lancée par la même marque.

Lipton arrive sur un marché déjà occupé par Nestlé mais avec un argument supplémentaire : la marque existe depuis 150 ans. Elle est réputée dans le monde entier et apparait donc comme légitime auprès des buveurs de thés.
Par ailleurs, Lipton a commercialisé depuis peu des capsules compatibles avec la machine de Nestlé.

Pour fabriquer sa machine, Lipton a soigneusement choisi 3 partenaires prestigieux : Krups pour la machine, la tasse est signée Bodum signe la tasse et c’est Brita qui conçoit le réservoir qui filtre l’eau afin d’en assurer la qualité.

Les différentes largeurs des opercules métalisés renseignent la machine sur le temps d'infusion et la température à programmer.
Les différentes largeurs des opercules métalisés renseignent la machine sur le temps d’infusion et la température à programmer.

La spécificité de T.O by Lipton

Comme pour la Special T, les capsules ont un marquage prédéfinit. C’est à dire que selon le thé choisi; le temps d’infusion et la température ont été définis par l’un des Tea masters de Lipton, Kurush Bharucha.

Les amateurs de thé savent que la qualité de l’eau est un élément primordial pour faire un bon thé. Une tasse de thé est composée de 98% d’eau et une eau faible en minéraux favorisera l’extraction des arômes dans la tasse. L’eau du robinet est donc à éviter car souvent très calcaire. C’est pourquoi, Brita a été choisi comme partenaire. Le réservoir de la machine contient un filtre Brita.

L’autre spécificité est la chambre d’infusion transparente placée sur le devant de la machine. Elle permet de voir les feuilles brassées lors de l’infusion. Cela comble un peu la frustration du buveur de thé de n’avoir pu examiner la qualité des feuilles en choisissant sa capsule. Il peut également les contempler une fois infusées. Cela n’est pas la cas avec la Special T, sauf à prendre le temps d’éventrer la capsule, les feuilles ne sont pas visibles. Par ailleurs, ces feuilles, en restant compressées dans la capsules, ne libèrent pas tous les arômes du thé.

Les capsules et leur prix

Pour le lancement, 33 capsules de thés différents ont été créées. Une belle place est faite aux thés natures, avec des noms prometteurs : Grand assam, Sencha splendide, Jardins précieux de Darjeeling, Mille et un jasmins, Yunnan d’or, etc. Les thés parfumés ont également des noms très évocateurs : Goûter petit-beurre, Délice de rose, Nuit d’épices, etc. A terme, il y aura 100 thés différents, dont un Pu Erh et des thés blancs.
Les capsules seront en vente uniquement sur les sites de la marque dans un premier temps. Lipton garde l’exclusivité du brevet pendant 2 ans. Ensuite, à l’instar de la machine Nespresso, les autres marques pourront proposer leur offre.

Capsules de la machine T.O by Lipton
Capsules de la machine T.O by Lipton

La boîte de 10 capsules est vendue 3,90€ quel que soit le thé. Nestlé a opté pour la même politique de prix unique. Ceci laisse un peu perplexe car on imagine que Lipton (ou Nestlé pour ces thés) ne doit pas acheter un Grand sencha  au même prix qu’un English breakfast

Capsule de thé Assam de la T.O by Lipton après infusion
Capsule de thé Assam de la T.O by Lipton après infusion

Le prix de la T.O by Lipton

La machine est vendue 179€, avec un assortiment de 40 cartouches, 2 verres Bodum et un filtre Brita. Elle est plus onéreuse que la Nespresso, mais le positionnement est clairement celui d’un produit premium, avec un prix en conséquence.

Il existe une autre machine à thé avec chambre à infusion, la Teforia, qui permet de modifier le temps d’infusion mais son prix à 1 174€ est vraiment celui d’un produit haut de gamme.

Où acheter la machine ?

La France est le premier pays où la T.O by Lipton est commercialisée. A compter de 2016, elle sera présente dans d’autres pays d’Europe.
Pour le lancement de sa Spécial T, Nestlé annonçait 1 000 machines fabriquées. Lipton, plus prudent, annonce une quantité de départ inférieure. Il faut dire que le marché des dosettes-capsules de thé ne représente que 4% du marché (source LSA) mais la marque mise sur une très forte croissance dans les 10 années à venir.

Le temps du lancement, c’est-à-dire jusqu’au 10 octobre 2015, T.O by Lipton est vendue uniquement au BHV et sur le site dédié à la machine. Ensuite, la machine sera également disponible pour la fin d’année dans quelques grandes surfaces spécialisées, comme Darty, Fnac et Boulanger.

Stand dédié à la T.O by Lipton au BHV
Stand dédié à la T.O by Lipton au BHV

La T.O by Lypton, présente l’avantage de préparer un thé rapidement et les capsules fermées hermétiquement permettent une meilleure conservation du thé que des sachets qui s’éventent vite. Elle peut être un bon compromis au bureau, où l’on n’a pas forcément la possibilité de se préparer un thé selon les règles de l’art.

Le Ba bao cha : un thé convivial

Mélange pour le thé Ba bao cha

 

A la Rentrée, on retrouve ses proches : certains reviennent de vacances avec dans leurs bagages des cadeaux originaux aux saveurs inédites. Ainsi, m’a-t-on rapporté de Chine, un thé dont la dégustation est vraiment originale et ludique : le Ba bao cha. C’est un bonheur pour les yeux, le nez et le palais. Je ne résiste donc pas au plaisir de partager cette découverte avec vous.

 

Histoire du Ba bao cha

Bā bǎo chá signifie thé aux huit trésors. En Chine, le chiffre huit est un chiffre porte bonheur. Le mélange Ba bao cha est très ancien. Son invention date de la dynastie des Tang (618-907) et il a été dès le départ considéré comme une boisson tonifiante.

Idéogrammes chinois du thé Ba bao cha
Idéogrammes chinois du thé Ba bao cha

 

Au 16e siècle, sous la dynastie des Ming (1368-1644), le docteur Li Shizhen (1518-1593), auteur du célèbre livre de médecine chinoise, Bencao Gangmu, établit une liste des ingrédients utilisés le plus fréquemment pour le Ba bao cha. A savoir : thé vert au jasmin, fleurs de chrysanthème séchées, baies de goji, longanes, racines de réglisses,  ginseng, fruits secs (morceaux de pommes, oranges, raisons) et sucre candi. Il explique qu’on peut également ajouter à ce thé des graines de sésames, des racines de lotis, des arachides ou des noix.

Comme bien souvent en Chine, l’origine d’un thé est l’objet de plusieurs légendes. Une autre indique que l’invention du Ba bao cha remonterait à la dynastie des Qing (1644-1912). L’impératrice douairière Cixi (1835-1908) aurait ordonné à ses médecins de lui créer une boisson permettant de conserver sa jeunesse et de maintenir son esprit alerte.

Les médecins impériaux auraient alors élaboré un mélange qui renforce l’élément Yin dans le corps, fortifie les reins, tonifie l’esprit et améliore la vue. Selon ces médecins, en boire toute l’année assurerait longévité et jouvence. Ce mélange magique est composé de thé au jasmin, morceaux de ginseng, raisins secs, longanes secs, jujubes desséchés, baies de goji desséchées, fruits du dragon (longan), chrysanthèmes séchées et sucre candi.

 

Mélange pour le thé Ba bao cha
Mélange pour le thé Ba bao cha

 

Le Ba bao cha est aujourd’hui bu dans toute la Chine. On lui prête toujours mille vertus liées aux propriétés des fruits qui le composent et ses huit trésors varient d’une région ou d’une saison à l’autre. Il est réputé être énergisant, anti-inflammatoire, bon pour la vue, améliorant la circulation sanguine, stimulant le système immunitaire, luttant contre les vertiges, aidant au bon fonctionnement du foie, diminuant les cernes, hydratant la peau, luttant contre la fatigue et pouvant aider les femmes à maintenir un cycle menstruel régulier.

Dans la région du Ningxia, la préparation pour le Ba bao cha est vendue dans les magasins sous forme de sachets.
Dans la région du Ningxia, la préparation pour le Ba bao cha est vendue dans les magasins sous forme de sachets.

Le Ba bao cha du NingXia

Le Ba bao cha que j’ai dégusté provient du NingXia. Dans cette région, les Hui, population majoritairement musulmane, offrent ce thé aux invités.

Carte de la Chine et région NigXia
Carte de la Chine et région NingXia

 

Le Ba bao cha peut être préparé à partir de fruits frais achetés séparément. Il est vendu dans tout le NingXia, sous la forme de sachets pour une théière contenant les fruits séchés. Le thé et le sucre sont eux vendus à part.

 

Sachet de Ba bao cha
Sachet de Ba bao cha

 

Le Ba bao cha du NingXia vendu pré-conditonné. Lorsque j’ai ouvert le sachet, j’ai été étonnée par la puissance de l’odeur de fruits. Le jujube dominant les autres.

Les huit trésors du Ba bao cha du NingXia sont :

– du thé vert : il s’agit ici de feuilles roulées en boules. L’échantillon contient peu de thé, l’odeur est si légère qu’il est difficile de savoir de quel thé vert il peut s’agir.

– des graines de sésame : elles sont mélangées au thé dans le sachet. Ces graines sont riches en vitamine E, fer et sont anti-oxydantes. Elles ont un léger goût de noisette.

Thé vert roulé en boules + graines de sésame pour le Ba bao cha en infusion
Thé vert roulé en boules + graines de sésame pour le Ba bao cha en infusion

 

des baies de Goji :  produites dans la région du NingXia, elles sont réputées pour être anti-oxydantes et améliorer la vue. Le goût est difficile à définir.

Baies de Goji séchées pour le Ba bao cha
Baies de Goji séchées pour le Ba bao cha

 

– des Longanes séchés : (fruit du dragon). Ce fruit est riche en vitamines A, C et D et minéraux dont le potassium, le fer et le calcium. Il est également connu pour être rafraichissant et son goût est proche du celui du lychee. Il faut les casser pour en extraire le fruit à mettre dans la boisson.

Longanes (fruit du dragon) pour le Bā bǎo chá
Longanes (fruit du dragon) pour le Ba bao cha

 

des raisins secs : je n’épilogue pas, on en consomme assez fréquemment en occident.

Raisins secs pour le Ba bao cha
Raisins secs pour le Ba bao cha

 

– du sucre candi : on peut penser que dans une région musulmane le sucre soit important dans le thé mais il est très peu utilisé dans le thé en Chine.

Sucre candi pour le Ba bao cha
Sucre candi pour le Ba bao cha

 

– des jujube séchés: ce fruit ressemble à une date. Il est riche en vitamines A et C, en niacine et riboflavine, en flavonoïdes, pectines et mucilages. Séché, il a un goût de datte.

Jujubes séchés pour le Ba bao cha
Jujubes séchés pour le Ba bao cha

 

– des fruits secs : de l’aubépine selon Magali, si quelqu’un est en mesure de traduire précisément ces caractères chinois  果干,  je suis preneuse.

Fruits secs pour le Ba bao cha
Fruits secs pour le Ba bao cha

La préparation du Ba bao cha

Il existe de très nombreuses recettes disponibles en ligne. Certaines conseillent de faire infuser d’abord les fruits et d’ajouter le thé après. Il est généralement conseillé d’infuser les fruits entre 5 et 10 minutes. J’ai crains qu’avec un thé vert infusé aussi longtemps que les fruits la boisson ne devienne amère. Pour le sucre, il est recommandé d’en mettre en 5 et 10 morceaux mais n’ayant pas l’habitude du thé sucré (sauf pour le thé vert à la menthe) je n’ai mis que deux morceaux.

On peut faire infuser ce mélange jusqu’à 4 fois et manger les fruits. Plus ils infusent, plus ils libèrent leur parfum et sont tendres sous la dent quand on les dégustent.

J’ai donc chauffé l’eau à 95° C. J’y ai laissé infuser les fruits 6 minutes puis, j’ai ajouté le thé vert mélangé aux graines de sésame et laissé infuser 3,5 minutes supplémentaires.

Théière de Ba bao cha en infusion
Théière de Ba bao cha en infusion

 

La liqueur obtenue est d’un jaune dynamique, presque citron. Son parfum est incroyablement fruité. On ne sent pas l’odeur du thé, on est davantage sur une impression d’infusion classique aux fruits que sur un thé parfumé. Cela varie sans doute selon la qualité (et quantité) du thé utilisé ?

Liqueur du Ba bao cha
Liqueur du Ba bao cha

 

Les feuilles infusées se sont totalement déroulées et révèlent des feuilles de thé entières.

Feuilles du thé vert du Ba bao cha après infusion
Feuilles du thé vert du Ba bao cha après infusion

 

Comme conseillé, j’ai ajouté quelques fruits de la théière dans la tasse. C’est très joli et le parfum qui s’en dégage est encore plus fruité et sucré.

Liqueur du Ba bao cha avec les fruits
Liqueur du Ba bao cha avec les fruits

La dégustation du Ba bao cha

Habituée à boire le thé nature, j’ai trouvé cela un peu trop sucré. Il me semble que les fruits sucrent suffisamment la boisson. Le jujube domine les autres arômes mais le mélange est riche en saveurs et vraiment délicieux. Chaque infusion est différente mais elles sont de plus en plus douces. C’est très beau à regarder et amusant à boire et déguster.
Le Ba bao cha étant réputé pour ses 1000 vertus, il peut faire un très bon thé de Noël. Au coeur de l’hiver, on a besoin de vitamines, de boissons chaudes et énergisantes. Sa dégustation ludique et son côté coloré en font en fait une boisson très conviviale. Les grandes maisons de thé parisiennes devraient l’ajouter à leur carte pour Noël !

Robert Fortune : aventurier, botaniste, espion et voleur de thé

Illustration extraites de Voyages en Chine à la recherche des fleurs et du thé (1843 — 1850), de Robert Fortune, Hachette, Paris, 1855

Non, l’espionnage industriel n’est pas spécifique de notre époque ! On le pratiquait déjà au milieu du 19e siècle, comme en témoigne le livre de Robert Fortune, « La route du thé et des fleurs ». Un récit plein de charme, même s’il « date » par certains aspects.

Le contexte ou pourquoi les britanniques ont voulu dérober les secrets du thé aux chinois ?

La Chine, berceau du thé, eut pendant des siècles le monopole de sa culture et de sa fabrication. A partir du 18e siècle, les Britanniques importent le thé exclusivement de Chine et assurent sa commercialisation en Europe. Les Chinois, forts de leur monopole, augmentent les prix à leur guise. L’Empire britannique d’alors a beau être l’un des plus puissants, il ne possède pas de denrées commercialisables pouvant être utilisées en échange du thé.

L’East India Company décide donc d’importer depuis sa colonie du Bengale de l’opium dans l’Empire du milieu, où il est officiellement prohibé. Cet échange, opium contre thé, n’est pas sans risque. En 1839, un fonctionnaire chinois furieux, Lin Zexu, qui lutte contre ce trafic fait détruire d’importantes cargaisons d’opium.

Quelques années auparavant, en 1834, l’East India Company a perdu son monopole sur le commerce de thé avec l’Europe. Il devient alors urgent de trouver une solution pour mettre fin à cette dépendance vis-à-vis de la Chine. C’est en Inde qu’elle va s’amorcer. Au début des années 1820, un arbre ressemblant étrangement au théier a été découvert dans la jungle d’Assam. Des essais de culture sont réalisés mais le produit livré à Calcutta ne sera pas jugé concluant.

Puisque le théier semble pouvoir vivre en Inde et que les Chinois sont détenteurs des secrets de la fabrication du thé, l’East India Company imagine alors une solution audacieuse. Ils vont envoyer un espion en Chine afin de prélever des plants de thé et ramener des Chinois en maîtrisant la culture, afin d’implanter des théiers sur les contreforts de l’Himalaya.

Pourquoi choisit-on Robert Fortune ?

Robert Fortune est un botaniste qui aime l’aventure. Il a séjourné en Chine, entre 1842 et 1845, pour le compte de la Société d’horticulture de Londres. Il parle chinois et connait les us et coutumes de ce pays.

En 1848, l’East India Company se tourne donc naturellement vers cet écossais de 36 ans et lui propose un salaire 5 fois supérieur à celui qu’il gagne alors afin de s’assurer de son adhésion.

C’est ainsi que Robert Fortune débarque en Chine en septembre 1848. Il a pour mission de s’aventurer dans la Chine interdite, afin de : « trouver et rapporter des graines et des plants d’arbustes de thé destinés aux plantations de l’Hon East India Compagny des régions de Chine où sont produits les meilleurs thés. »

Le récit de Robert Fortune : La route du thé et des fleurs

Les amateurs de récits à la James Bond vont être déçus. Le botaniste ne fait nullement état d’une mission d’espionnage et n’éclaircit pas certains points qui peuvent laisser perplexe. Un exemple ? Pour se fondre efficacement dans la masse, Robert Fortune s’habille en chinois, s’affuble d’une natte et se fait appeler Shing Wah. Certes, il parle la langue mais il semble difficile à imaginer que des Chinois, peu habitués à des étrangers, ne soient pas intrigués par son accent. Un Britannique de grande taille ne doit pas passer inaperçu dans l’Empire Céleste.

Quoiqu’il en soit, Robert Fortune prend sa mission très au sérieux et celle-ci s’avère compliquée :

Les susceptibilités ombrageuses du gouvernement chinois ont empêché les étrangers de visiter aucun des districts où se cultive l’arbre à thé, et les renseignements fournis, à cet égard, par les marchands de cette nation ne méritent aucune confiance.

La route du thé et des fleurs , Robert Fortune, éditions Hoëbeke, 1992

Pénétrer à l’intérieur de la Chine était passible de mort pour un étranger. Le botaniste envoie donc, dans un premier temps, des chinois chercher le thé. Les plants et graines rapportés le laissent dubitatif. Il va donc faire preuve d’une grande conscience professionnelle en décidant d’aller lui-même chercher les pants. Il opte pour deux régions : d’une part celle du Hwuy-chow (Woo-e), réputée pour son thé vert, d’autre part celle du mont Huangshan, réputée pour son thé noir.

Il réalise une découverte qui nous fait aujourd’hui sourire, mais en dit long sur la méconnaissance qu’avait l’Occident du thé à cette époque : thés vert et noir proviennent du même arbre.

Les thés verts et noirs proviennent de la même espèce, et la différence de couleur, de goût, etc, ne vient absolument que de la différence des modes de préparation. 

La route du thé et des fleurs , Robert Fortune, éditions Hoëbeke, 1992

En 1848, il réalise un premier envoi de graines qui arrivent pourries à Calcutta. L’intérêt d’avoir choisi un botaniste pour cette mission secrète se révèle alors crucial en de pareilles circonstances. L’année suivante, Robert Fortune a recours aux caisses de Ward (petites serres portatives en terre cuite découvertes une vingtaine d’années plus tôt) pour transporter les plantes.

1851, les premiers plans de thé arrivent à Darjeeling…

En mars 1851, 20 000 pieds de théiers destinés à être plantés sur les contreforts de l’Himalaya, accompagnés de huit ouvriers chinois spécialisés dans la culture et la manufacture du thé. Ils voyagent à bord de l’Island Queen et cette fois-ci la marchandise arrivera en bon état à Calcutta ! Ainsi va débuter la culture du thé sur les contreforts de l’Himalaya.

Ici s’arrête le récit de Robert Fortune, mais il retournera en Chine entre 1853 et 1856 afin de recruter d’autres ouvriers pour développer la culture du thé en Inde à plus grande échelle.

On s’amuse beaucoup à la lecture de ce récit très british. Robert Fortune s’y plaint régulièrement du manque de confort et de la roublardise des Chinois qui l’accompagnent. Ces derniers lui redemandent sans cesse de l’argent pour continuer le voyage, inventant des frais imprévus. Il n’a pas toujours le choix et doit souvent s’incliner.

Pour l’amateur de thé, cet ouvrage est une mine d’informations sur la culture du thé au 19e siècle et la façon dont les feuilles sont travaillées. 

Cette première récolte se fait dans les premiers jours du printemps, lorsque les boutons des feuilles commencent à se montrer. On en fait une qualité de thé tout à fait supérieure, qui répond à celle que l’on obtient des premières feuilles dans les districts à thé vert. La seconde récolte, comme nous l’avons déjà dit, est la plus importante ; les feuilles de la troisième et de la quatrième sont grossières et donnent un thé d’une qualité inférieure. 

La route du thé et des fleurs , Robert Fortune, éditions Hoëbeke, 1992

En revanche, l’importance de la préparation du thé pour sa dégustation semble quelque peu lui échapper, ou tout du moins reste-t-il très british dans son approche de celle-ci :

La maîtresse des lieux posa une tasse devant chacun de nous, dans laquelle elle plaça du thé, qu’elle couvrit d’eau bouillante. Inutile de préciser qu’elle ne nous proposa si sucre, ni lait. Toutes les autres tables étaient occupées, la plupart des clients étaient des coolies transportant du thé vers Chang-shan, et dont les caisses bloquaient le chemin, devant la maison. Nous bûmes notre thé, qui me parut très rafraîchissant à l’état pur, sans sucre ni lait. De temps à autres, un employé de la maison passait de table en table et remplissait nos tasses d’eau bouillante. Cela se renouvelait en général deux ou trois fois, jusqu’à ce que les feuilles de thé eussent perdu leur parfum.

La route du thé et des fleurs , Robert Fortune, éditions Hoëbeke, 1992

Robert Fortune continuera ses aventures botaniques, notamment au Japon et à Taïwan où il ira observer la culture du riz et des vers à soie. Néanmoins, son aventure chinoise constitue l’apogée de sa carrière. Dès 1887, l’importation de thé indien au Royaume de Sa Majesté va devancer celle du thé chinois. Il a donc réussi sa mission.

Les amateurs de darjeeling peuvent avoir une pensée émue pour cet aventurier-botaniste sans qui ils ne pourraient pas déguster ce champagne des thés cultivé sur les contreforts de l’Himalaya.

En savoir plus sur Robert Fortune :

– Documentaire : Robert Fortune, le voleur de thé, réalisé par Diane Perelsztejn 2001-52mn
– Le récit, disponible en ligne : Voyages en Chine à la recherche des fleurs et du thé (1843 -1850), de Robert Fortune, Hachette, Paris, 1855, VII+265 pages

Les illustrations sont extraites de : Voyages en Chine à la recherche des fleurs et du thé (1843-1850), de Robert Fortune, Hachette, Paris, 1855 et celle des caisses de Ward de Wikipédia