Happy Blue Tea : un comptoir qui allie thé et bonne humeur !

Fanny perchan devant sa boutique de thé Happy Blue tea
Pour lutter contre la morosité qui nous gagne à la Rentrée, rien de tel qu'une bonne tasse de thé. Et, si vous avez envie de découvrir une nouvelle adresse, j'ai celle qu'il vous faut : Happy Blue Tea ! Allons donc chercher cette tasse dans cette nouvelle boutique de thé. Fanny Pecheran l'a ouvert au début de ce mois de septembre à Paris, dans le quartier Gambetta du 20e arrondissement. 

En avril, j’ai découvert le compte Instagram d’Happy Blue Tea. Après quelques échanges, nous nous sommes appelées pour discuter de notre passion commune : le thé. J’ai tout de suite apprécié l’énergie et l’enthousiasme de Fanny Pecheran qui se lançait dans l’entreprenariat. Sa pugnacité pour créer son lieu de thé, malgré un contexte compliqué, m’a impressionnée. Nous avons donc convenu de nous rencontrer fin août, pour que je puisse découvrir ce nouveau lieu et les délicieux thés qu’il abrite…

DiviniThé : Aujourd’hui, tu ouvres ta boutique de thé mais quel est ton parcours professionnel avant ?

Fanny Pecheran. Au départ, j’ai fait une école de commerce car j’ai toujours été passionnée par le marketing, par le droit et toutes les matières commerciales. Cela m’a permis d’avoir une vue générale du commerce puis j’ai fait un Master spécialisé dans le Consulting.

Ensuite, j’ai rejoint une belle entreprise du CAC 40 où j’ai eu une expérience professionnelle riche. Avec la COVID, je me suis remise en question. Je me suis demandé si j’avais envie de continuer dans cette voie. Tout se profilait plutôt bien mais je sentais que ça ne me correspondait pas pleinement. J’ai donc pris une année sabbatique pour réfléchir à ce que je voulais vraiment faire.

Il se trouve que je buvais déjà beaucoup de thé. Je m’y connaissais déjà un peu et j’ai eu envie d’approfondir en entrant dans cet univers. Être vendeuse dans une boutique est un très bon moyen pour découvrir le produit et en déguster tous les jours : matin, midi et soir ! C’est donc ce que j’ai fait en intégrant une belle maison de thé, à Paris, pendant un an. Je me suis encore plus passionnée pour ce produit. Cela m’a donné envie de continuer dans ce monde mais pas forcément dans l’entreprise où j’étais.  

Une belle opportunité est venue : j’ai découvert un local à quelques pas de chez moi. Je me suis alors décidée à me lancer dans l’aventure : ouvrir ma propre boutique de thé.

Pourquoi as-tu appelé ton comptoir de thé Happy Blue Tea ?

FP. Au départ, le nom Happy Blue Tea m’est venu quand je travaillais comme vendeuse dans une boutique de thé. Je voulais pouvoir échanger avec le monde du thé sans forcément mettre mon nom et que cette entreprise en soit informée.

Bien sûr, j’adore le thé vert, le thé noir, le thé blanc et autres mais les oolongs, dits également thés bleus, sont ma grande passion. Ils restent assez méconnus du grand public alors que leur palette aromatique est d’une incroyable richesse !

J’ai privilégié un nom anglais car le thé bleu, qui est ma famille de thé préférée, est un nom déjà déposé. De plus, la notion d’happy correspond assez bien à mon caractère.

Et puis, lorsqu’on on dit très rapidement Happy blue tea, ça ressemble à Happy beauty. Le thé, c’est bon ET beau. Je voulais que cette notion d’esthétique soit présente dans le nom.

Et enfin, ce nom est aussi une manière d’intriguer, j’aime bien quand les clients m’interrogent à ce propos.

Quant à mon logo, au départ, je ne savais pas comment le définir. Puis, je me suis souvenue d’un collier que j’aime beaucoup qui représente un soleil. Ma graphiste s’en est donc inspiré pour créer ce logo.

Les pétales du soleil sont en réalité des feuilles de thé. Il est décliné en différente couleurs selon les thés, en rouge pour les thés parfumés, les infusions sont de couleur orange les thés nature de couleur bleue.

Logo Happy blue tea

D’où viennent les thés de ta boutique ?

FP.  Pour les thés parfumés, j’ai voulu mettre à l’honneur une marque française. Je me suis donc tournée vers Dammann Frères. Le thé évidemment vient de différents pays mais l’aromatisation, les cartons d’emballages et les sachets de thés sont de fabrication française. Leurs thés aromatisés sont de véritables parfums ! 

Certains se composent même de 10 ou 15 ingrédients, ce qui permet une belle complexité au niveau des notes.

Et les thés d’origine que tu proposes, comment les sources-tu ? 

FP.  Je voulais bien sûr proposer en des incontournables comme les Long Jing, les Qimen, mais aussi des très beaux thés moins connus.

J’avais envie de mettre en avant le travail de petits producteurs. Par exemple, j’adore Les écailles de dragon de Van de Nuages Sauvages. Vous pourrez donc trouver une sélection de ses vietnamiens dans ma boutique.

Je travaille donc soit en direct avec le producteur directement, soit avec un intermédiaire français en lien direct avec des producteurs de thés.

Je vois sur les étagères des coffrets Dammann, des accessoires et des céramiques. Comment as-tu réalisé ta sélection ?

FP. J’ai choisi de présenter 5 céramistes. Une parisienne, Llaudem, Laurette Broll qui a son atelier à 500m de la boutique mais aussi deux français Jé Le Potier et Véronique Maury. Mais, j’ai également inclus une céramiste allemande, Inge Nielsen car je suis très sensible à la finesse de son travail.

Et tu proposes des gourmandises pour accompagner ces thés…

FP.  Oui, par exemple, des biscuits originaux, pur beurre, parfumés aux coquelicots et avec des pépites de chocolats. Je me fournis auprès des Deux Gourmands qui ont décidé de fabriquer des biscuits avec uniquement des produits locaux.

Et je vais bientôt proposer également du chocolat avec Le chocolat des Français qui favorise également le made in France. Leur packaging m’a également séduite car ils travaillent avec des designers français très créatifs. 

Quelle clientèle espères-tu avoir ?

FP. Il y a deux types de clientèle dans ce quartier. Les personnes âgées qui ont toujours vécu ici et de jeunes parents. De nouvelles écoles primaires ont ouvert ces dernières années. 

Ce sont deux clientèles très intéressantes. Chez les personnes âgées, beaucoup connaissent le thé, elles ont découvert le thé nature auparavant et consomment aussi des thés japonais et chinois. 

Les jeunes parents ont aussi un certain pouvoir d’achat, le quartier Gambetta a énormément évolué, ça s’est bobotisé

La rue où nous sommes, rue des Pyrénées, possède de nombreux commerces de bouche qui sont là depuis plus de 15 ans. De fait, il existe donc une clientèle de quartier très fidèle aux commerces de proximité. 

L’idée d’une clientèle avec laquelle on crée des liens me convient mieux qu’une clientèle de passage, comme il en existe dans des quartiers de Paris plus touristiques.

J’aime l’idée d’accompagner les personnes dans leur parcours gustatif, de faire découvrir les thés d’origine aux habitués des thés parfumés, le thé vert à des personnes qui ont l’habitude du thé noir, le puer à ceux qui n’en ont jamais entendu parler, etc.

Et dans ce lieu, tu vas aussi faire des ateliers ?

FP. Oui, le dimanche sera réservé aux ateliers, pour promouvoir les producteurs avec qui je travaille. Par exemple, pour les thés vietnamiens, Vân, de Nuages Sauvages va venir nous en parler. Mon partenaire de puer va venir également présenter son thé.

Je vais également proposer des ateliers accords thés/ mets, thés chocolat, thés et fromage et des ateliers originaux comme ton atelier thé et écriture. 

Image du thé &cailles de  dragon de chez Happy Blue Tea
Le thé blanc vietnamien, Ecailles de Dragon en vente chez Happy Blue tea

Quel est le meilleur thé que tu aies bu ?

FP. Question difficile. Je me souviens de 2 thés qui m’ont procuré une émotion très forte. Tout d’abord, Les écailles de dragon, un thé blanc du Vietnam. C’est la première fois que je buvais un thé dont les feuilles avaient cet aspect. Il possède des notes de litchi et de rose que j’adore. Cela m’évoque l’association rose, litchi et framboise que propose Pierre Hermé. 

Ensuite, le oolong indonésien, Saphir, m’a également ravie avec ces notes très gourmandes de fruit jaune et d’abricot. C’est la première fois que je buvais un oolong aussi savoureux et exceptionnel. Ce n’est pas forcément un thé rare ou d’exception mais il m’a donné de belles émotions !

INFORMATIONS PRATIQUES

Date d’ouverture : septembre 2021

Nombre de références : plus de 240, dont 90 thés d’origine (nature), 18 rooibos, 12 infusions et 120 thés parfumés.

Dégustation : boissons à emporter et dégustations sur place tous les dimanches lors d’Ateliers divers. (Excepté entre novembre et décembre)  

Particularités : une sélection de thés parfumés de chez Damman Frères mais également des thés d’origine provenant de petits producteurs portant des noms de thés empreints de poésie.

Coordonnées de la boutique : 210, rue des Pyrénées 75020 Paris (Métro Gambetta)

Horaires d’ouverture : du mardi au samedi, de 10h à 19h et le dimanche de 10h à 14h

Trà art : des thés du Vietnam, mais pas que…

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Superbe nouvelle pour cette fin d’année : un nouveau lieu de thé a ouvert à Paris !
J’entends d’ici les amateurs de thés blasés ronchonner : « Quoi ? Encore une nouvelle boutique de thés, mais y’en aura bientôt à tous les coins de rue. On ne s’y retrouve plus… »
Et bien non les amis ! il ne s’agit pas d’un énième comptoir de thé. Trà art vous propose des thés d’exception provenant du Vietnam, mais pas que…
Certes, ce lieu tenu par Vân, créatrice de la marque de thé Nuage Sauvage, est un salon de thé mais sa vocation est aussi de vous faire découvrir le Vietnam d’aujourd’hui à travers des expositions et des animations. Alors, on continue la visite ?


Le thé au Vietnam une histoire très ancienne

Le thé vietnamien, un thé méconnu en France

Avez-vous déjà bu du thé vietnamien ? Et, si c’est un oui, l’avez-vous apprécié ? Les chances que la réponse soit négative sont élevées…

En effet, le thé du Vietnam n’a pas bonne réputation auprès des amateurs français. Et pour cause : l’essentiel de sa production est destiné à l’industrie du thé en sachet. Les thés vietnamiens les plus connus sont les thés parfumés au lotus et au jasmin. Hélas, ceux importés en France sont souvent de piètre qualité. C’est ce constat qui a poussé Vân à vouloir nous faire découvrir d’autres du thé Vietnam Des thés artisanaux rares, de grande qualité qui même au Vietnam restent peu connus.

L’histoire du thé au Vietnam

Les Français ont créé les premières plantations de thé à la fin du 19e siècle. Elles ont connu leur apogé dans les années 1930, avec la construction d’usines modernes. Les guerres qui se sont ensuite succèdées dans la région ont rendu la culture du thé plus compliquée. La production a repris à la fin des années 80. Elle connait de nouveau un essor important depuis 2017. Le pays se classe au 6e rang mondial des producteurs de thé.

Le Vietnam produit essentiellement du thé noir et du thé vert. Le thé noir part à l’export alors qu’une partie du thé vert est consommée localement. Néanmoins, le pays fabrique également un peu de oolong. Le maocha (feuilles séchées au soleil utilisées pour fabriquer le puer) est exporté vers la Chine.

La culture du thé est très ancienne. Elle remonte à 3 000 ou 4 000 ans selon les sources. Son berceau est situé dans une zone formée par des territoires appartenant aujourd’hui au Vietnam, au Laos, à la Chine et à la Birmanie.

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Carte du Vietnam et des pays frontaliers.

Nous retrouvons aujourd’hui chez Trà Art des thés d’exception provenant du Nord du Vietnam.

Nuage Sauvage : thé et épices du Vietnam

Comment est né Nuage Sauvage ?

Vân [qui signifie nuage en vietnamien] est originaire du Nord du Vietnam. Il y a quelques années, elle a effectué un reportage photographique dans sa région d’origine. L’idée de promouvoir les thés locaux est née à cette occasion. Elle a alors découvert une forêt de théiers centenaires. La qualité des thés produits à partir de ces arbres l’a conquise. Elle a donc décidé d‘y retourner en 2017, pour mieux étudier le thé, comprendre les enjeux et développer un projet autour de ces thés.

Récolte des bourgeons sur des théiers sauvages qui font servir à faire le thé blanc Ecailles de Dragon. © Nuage Sauvage.

Cette région abrite une forêt primaire où poussent des théiers sauvages très anciens. Des ethnies minoritaires, comme les Dzao, les Hmong ou les Tay utilisent un savoir-faire ancestral pour fabriquer des thés d’exception. Malheureusement, cette connaissance intéresse peu les jeunes générations et risque de disparaître. Ces théiers et les techniques de fabrication locales constituent pourtant un véritable trésor national.

Les autorités locales et nationales semblent ignorer totalement cette richesse culturelle. Elles préfèrent favoriser le développement de complexes touristiques de luxe dans la zone. La déforestation que ces projets impliquent met en danger ses anciens théiers sauvages.

Sa démarche

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J’ai eu un coup de coeur pour ce thé blanc qui porte si bien son nom : Ecailles de dragon,. Il s’agit d’une récolte de bourgeons de théiers sauvages. Ces écailles supportent jusqu’à 10 infusions et délivrent une liqueure délicate, sucrée, florale et fruitée.

En s’appuyant sur l’association VACNE (L’Association Vietnamienne pour la Conservation de la Nature et de l’Environnement), Vân travaille sur un projet de protection de cette zone. Il vise à promouvoir une exploitation responsable et durable de ces théiers. Actuellement, le projet rencontre de nombreux freins. Le premier étant la difficulté à mandater un botaniste pour analyser les arbres de cette forêt.

Les théiers utilisés ne reçoivent aucun traitement. Les feuilles sont cueillies à la main, certaines proviennent même de zones de la forêt gardées secrètes.

Les thés n’ont pas tous reçus le label bio. En effet, certains sont produits en trop petites quantités pour que cela soit économiquement envisageable.

Après la cueillette, vient l’étape du flétrissage, réalisée ici en plein air. Le but est de réduire le taux d’humidité des feuilles. © Nuage Sauvage.

Les débuts la marque

A son retour de voyage, Vân se lance dans l’importation de thé du Vietnam en France. Dans un premier temps, elle les propose à des comptoirs de thés.

En un second temps, la volonté de vraiment mettre en lumière les thés vietnamiens pousse Vân à lancer donc sa boutique en ligne, Nuage Sauvage.

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Chez Trà art, on vous offre un thé d’accueil. Au premier plan, vous pouvez voir du puer du Vietnam, très joliment présenté dans un bambou.

Des thés d’origine et des thés parfumés

Nuage Sauvage vend, outre des thés en vrac, des épices vietnamiennes comme de la cannelle, du poivre sauvage, du curcuma, de la cardamone, etc.

Les thés proviennent donc du Nord du pays : de Lào Cai, de Hà Giang et de Yen Bài. La gamme est complète : thé blanc, thé vert, thé jaune, thé noir, du thé fermenté (puer) et oolong.

Vân a développé deux gammes, l’une constituée de thés d’origine et l’autre de thés parfumés.

Aujourd’hui, elle travaille avec deux coopératives de thé pour créer des mélanges parfumés. Elle a choisi un petit producteur, Cao Bo, pour les grands crus.

Les thés d’origine, des grands crus 

  • Ecaille de dragon : thé blanc, bourgeons de théiers sauvages
  • Les fées : thé blanc, bourgeons de théiers sauvages
  • Cao bo : thé jaune provenant des théiers anciens de Ha Giangun
  • Ailes de dragon : thé vert, bourgeons sélectionné à la main à partir de théiers sauvages Duoi Rong
  • Shan Ha Giang : thé vert
  • Oolong Bio Tam Duong : thé oolong
  • Ho Thau : thé noir
  • Pu-erh au bambou fumé : thé fermenté
Et non, la Chine n’est pas l’unique pays du thé jaune ! Nuage de thé vous propose Cao Bo, un thé jaune créé à partir d’une cueillette Impériale (un bourgeon + la première feuille ) provenant des théiers anciens. Cela donne un thé végétal, avec une pointe d’agrume très agréable.

Les mélanges parfumés

Il s’agit de mélanges créé par Vân, à partir de fleurs ou d’épices. Elle choisit des récoltes de qualité où l’on cueille la première et la deuxième feuille.

  • Thé aux fleurs de lotus : thé vert parfumé par imprégnation d’une grande délicatesse
  • Thé aux fleurs de jasmin : thé vert parfumé par imprégnation
  • Rizières Enchantées : thé vert mélangé avec des feuilles de Pandan
  • Printemps à Dalat : thé vert parfumé aux fleurs d’Ylang Ylang et d’Osmanthus
  • Lumière des guirlandes : thé noir de Noël parfumé aux fleurs d’Osmanthus et aux bourgeons de pins
  • Hanoi Breakfast : thé noir à la bergamote
  • un thé à la menthe poivrée : sur une base de thé vert

Tra art : un salon de thé et un lieu d’exposition

Devanture du salon de thé, lieu d'expositions Trà art de Nuage de thé
Devanture du salon de thé, lieu d’expositions Trà art de Nuage de thé

En vietnamien, thé se dit Trà. Etablir un lien entre le thé et l’art, le thé étant lui-même tout un art, c’est un très beau programme… C’est celui de Nuage Sauvage qui nous offre donc plus qu’une énième boutique-salon de thé.

Actuellement, dans le contexte COVID, nous pouvons y découvrir des thés d’exceptions, des épices et des chocolats vietnanmiens, des accessoires ou encore explorer la petite bibliothèque consacrée à littérature vietnamienne. Il est également possible de prendre du thé à emporter.

Nous attendons donc avec impatience 2021 et l’assouplissement des règles sanitaires pour profiter du salon de thé, de la petite bibliothèqueet surtout pour en savoir plus sur la culture contemporaine du Vietnam lors des expositions !

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Théière décorée, présentée dans la vitrine de Trà art, rue Bichat à Paris.

Adresse et horaires

TRÀ ART : 34 bis rue Bichat, 75010 Paris
Horaires : du mardi au samedi de 11h à 19h
Le site Internet : ici

En quoi consiste un atelier thé & écriture ?


Dates des prochains ateliers Thé & écriture

  • samedi 15 octobre 2022 de 15h à 18h, à l’atelier nunshen à Paris 8e, métro Madeleine.
  • vendredi 21 octobre 2022 de 19h30 à 21h30 à la librairie la Géosphère, 20 Rue Jacques Cœur, Montpellier inscription auprès de la librairie au 04 99 06 86 29 ou librairiegeosphere@gmail.com
  • samedi 26 novembre 2022 de 15h à 18h 2021, à l’atelier nunshen à Paris 8e, métro Madeleine.
  • samedi 10 décembre 2022 de 15h à 18h 2021, à l’atelier nunshen à Paris 8e, métro Madeleine.

J’ai deux passions dans la vie : le thé et l’écriture. L’idée de créer un atelier alliant ces deux passions m’est donc venue naturellement. Mais en quoi consiste exactement cet atelier qui marrie le thé et l’écriture ?
Voici donc un article pour en savoir un peu plus sur cet atelier. Un article qui est également l’occasion de vous raconter la belle histoire d’une participante « multirécidiviste » dont la plume s’est déliée.
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Comment se déroule cet atelier ?

L’atelier se compose de plusieurs moments d’écritures organisés de la manière suivante :
– des sessions d’écriture inspirées de l’univers du thé et d’extraits de romans
– des temps de lecture et d’échange autour des textes.
Pour plus de détails, vous pouvez consulter cette page.

Atelier-the-et-ecriture-DiviniThe

Pourquoi associer le thé et l’écriture ?

La meilleure réponse tient en 6 lettres : P R O U S T !  
La Recherche du temps perdu commence par la dégustation d’une infusion dans laquelle l’auteur trempe une madeleine. Et hop, la machine s’active, les émotions affluent. Elles sont accompagnées d’effluves de souvenirs, souvenirs des moments où Marcel enfant buvait ce breuvage.

Le fameux extrait avec la madeleine

« Je portais à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. […] D’où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D’où venait-elle ?« 

Du coté de chez Swann – A la recherche du temps perdu, Marcel Proust

Un exemple de thé inspirant ?

Pour une consigne d’écriture relative au lieu, j’ai utilisé le célèbre Arya Ruby. Il s’agit d’un thé noir bio, provenant d’une plantation située à 1 820 m d’altitude de la région de Darjeeling, en Inde.

La relecture de ce texte m’a donc inspirée une passerelle entre les sublimes feuilles du Camellia Sinensis et la page d’écriture.

En effet, le lien entre les souvenirs olfactifs et les émotions est très puissant car la mémoire olfactive possède une particularité. Le cheminement de l’influx nerveux dans le cerveau atteint les zones de la mémoire et des émotions avant celles de la conscience. Ce sens est donc fabuleux pour libérer la créativité et réveiller des mots !

C’est exactement ce que je cherche à faire en atelier d’écriture avec le thé : atteindre des souvenirs, des émotions, que chacun de nous possède mais auxquels il accède parfois difficilement.

Lors d’une dégustation de thé, l’odorat est accompagné du goût, ce qui va rendre l’expérience plus intense. Cette boisson devient alors un merveilleux medium pour écrire et se reconnecter à soi. Les participants se concentrent alors sur ce qu’ils ressentent spontanément. C’est parfois juste une note du thé qui les inspire ou une impression laissée par la saveur. L’important est qu’ils se laissent porter et guider librement par leurs sensations.

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L’aspect visuel du thé, la façon dont les feuilles sont travaillées, leur couleur sont également une source possible d’inspiration.
Ici, feuilles de thé Arya Ruby

Un même thé, une même consigne d’écriture mais des textes totalement différents !

Chaque palais possède une histoire singulière. Chaque individu est donc plus ou moins sensible à certaines notes, certaines saveurs.
C’est ainsi qu’un même thé inspiredes textes très différents aux participants.

Comment les thés sont-ils choisis ?

Je travaille avec Carine Baudry qui me fournit des thés d’exception. Tea Master, elle sélectionne les thés et créé des mélanges parfumés pour la marque nunshen.

J’utilise des grands crus qui possèdent une palette aromatique et sensorielle exceptionnelle. Je favorise également les thés bio qui proviennent de petits producteurs.

Certains thés présentent des univers très singuliers, voire déroutants. Je choisi donc ceux correspondant à la thématique d’une proposition d‘écriture que j’ai en tête et ceux qui ouvriront un large champ des possibles.

L’atelier nunshen, où se déroule généralement l’atelier thé & écriture, est un lieu magnifique qui respire la quiétude et l’harmonie. Il plonge immédiatement les participants dans l’univers du thé et renforce l’expérience sensorielle proposée.

DiviniThe-The-darjeeling-arya-ruby-tasse-2020
Le visuel n’est pas pour autant un aspect à négliger. Il sert aussi à déclencher l’imaginaire.
Par exemple, en regardant cette tasse, on peut s’amuser à imaginer quels aromes et quelles saveurs elle contient.

L’épidémie COVID 19, a compliqué l’exportation des thés, notamment ceux d’Inde. Les darjeelings qui arrivent habituellement en France en mars-avril sont entrés en stocks dans les comptoirs de thé beaucoup plus tard. L’Arya Ruby n’a pas échappé à ce contexte.

C’était donc aussi une façon de mettre en valeur ce thé merveilleusement gourmand et élégant, dont les arômes varient d’une année à l’autre. Ses notes boisées, épicées, fruitées, cacaotées, de roses et miellées constituent une large palette d’inspiration pour les participants !

Un exemple de texte écrit lors d’un atelier ?

L’une des participantes, Nathalie Legendre écrivait des poèmes à l’adolescence. Elle s’est inscrite à l’atelier, en mars 2020, pour raviver la flamme de l’écriture.

Dans mes ateliers, une consigne d’écriture n’est jamais à suivre à la lettre. J’invite les particpants à se laisser porter par leurs sensations et l’inspiration de l’instant. Prose libre ou poème, chacun se dirige naturellement vers la forme qui lui convient. Ainsi, Nathalie qui aime voyager est virtuellement retournée au Népal, pas si éloigné que ça de Darjeling d’ailleurs, et a composé un poème.

Après le premier jet de l’atelier, elle l’a retravaillé jusqu’à la version aboutie ci dessous :

Un thé à Lhassa, de Nathalie Legendre

Il fait si froid
Dans ce refuge
Himalaya
Kanchenjunga
Premier de cordée
Ou dernier

Je hume ce thé
Comme une première fois
Jamais
Je ne suis montée si haut
Jamais
Je n’ai vu le soleil si près

Suave, envoûtant
Je signe ton éternité
Parfum d’encens
Neige éternelle
Je n’ai plus sommeil
Je ressens l’Eveil

Présence divine
Je m’incline
Sa présence m’illumine
Dalaï-lama
Bouddha
Pèlerin de Potala

Sur les hauts de Lhassa
Flottent les drapeaux
Harmonie inoubliée,
Prière sacrée

Je ressens la paix
Fin de journée.

Happy End…

Depuis l’atelier de mars, Nathalie n’a cessé d’écrire des poèmes et d’affiner sa plume. Et, je suis très heureuse de vous l’annoncer : elle a trouvé un éditeur pour son premier recueil de poèmes. Vous pourrez relire Un thé à Lhassa. dans Parolier de Voyage, paru aux éditions Scenent en décembre 2020 !

La cup of tea de DiviniThé

« Dans un jardin qu’on dirait éternel » : un film sur la cérémonie du thé ?

Malgré la pandémie, les cinémas continuent de nous proposer de nouveaux films, et c’est heureux ! Vous vous en doutez, pour rien au monde je n’aurais manqué la sortie de « Dans un jardin qu’on dirait éternel » de Tatsushi Ōmori, film où il est question de la cérémonie du thé au Japon.


Adaptation à l’écran d’un best-seller

Tatsushi Ōmori s’est inspiré d’un livre paru en 2003 au Japon : Nichinichi Kore Kôjitsu. Son auteur, Noriko Morishita, a suivi une initiation à la cérémonie du thé dont elle s’est inspirée pour écrire ce livre.

Il faudra attendre 2019 pour que les éditions Marabout publient la traduction en France.

Le titre du film

Dans sa version originale, le film reprend littéralement le titre du livre : Nichinichi Kore Kôjitsu. Il s’agit d’un proverbe zen, généralement traduit par Chaque jour est un bon jour.

Mystère de la traduction ? Pour l’adaptation française, ce titre maintes fois cités dans le film et calligraphié surle kakimono (rouleau accroché au mur pour la cérémonie) du pavillon de thé, devient Dans un jardin qu’on dirait éternel. Est-ce une volonté de mettre en exergue l’instant présent, si important dans la cérémonie du thé, avec une expression évoquant une parenthèse temporelle ?

Peut-on apprécier ce film sans s’intéresser à la cérémonnie du thé ?

Le synopsis

En 1993, Noriko âgée de 20 ans termine ses études sans réellement savoir qu’elle direction donner à sa vie. Suivant les conseils de sa mère elle suit une initiation à la cérémonie du thé avec sa cousine Michiko. Noriko va persévérer dans cette voie exigeante, tandis que sa cousine va prendre un tout autre chemin. Chemin au fond tout aussi traditionnel : elle va cesser de travailler pour se marier et se consacrer à sa famille.

A partir de là, le film se centre principalement sur l’initiation Noriko, sur le chemin de vie que le rituel du thé lui dévoile peu à peu.

La cérémonie du thé, un apprentissage de la vie

L’humilité, la patience et la persévérance sont les ingrédients de base de la cérémonie du thé. Noriko en prend régulièrement la mesure. Elle apprend à les accepter.

Dans une scène, on la voit préparer le thé. Elle pense avoir acquis une certaine assurance dans ses gestes mais sa seisei (maitre de thé) s’indigne d’un mouvement qu’elle effectue grossièrement depuis le début.

Les objets utilisés pour le thé différent selon les saisons et les gestes acquis ne s’appliqueront pas à la suivante. L’élève apprend continuellement et doit se réinterroger sur ce qu’elle pense avoir acquis.

Dans cette cérémonie rien n’est laissé au hasard, tout est codifié. Chaque détail est minutieusement étudié. Il mérite d’être regardé et possède un sens. Les objets du thé comme le chawan (bol de thé), le kakimono ou les namagashi (pâtisseries japonaises) ne sont jamais choisis par hasard. Ils sont liés à la saison ou à l’intention du maitre de thé. Le réalisateur Tatsushi Ōmori a très bien su saisir et nous traduire cela en images.


Le fukusa est un foulard utilisé par le maître de thé pour purifier les ustensiles. Son pliage varie selon les étapes de la cérémonie du thé… et les écoles. Généralement, celui des hommes est violet, les femmes quant à elle, utilisent des fukushas de couleur rouge ou orange.

L’esprit de la cérémonie du thé

Les saisons rythment le récit et nous montrent l’évolution de Noriko. Elles possèdent des noms qui donnent une dimension poétique au film : la saison de la rosée blanche, la saison de l’eau de pluie, la saison de la clarté et la pureté, la saison du petit froid.

Les sens de Noriko s’éveillent au fur et à mesure de sa progression dans la voie du thé. Le jour où le kakimono évoque une cascade, elle est étonnée de ressentir pleinement sa fraicheur et de l’entendre. Elle devient de plus en plus sensible au rythme des saisons. Le jardin du pavillon de thé, magnifiquement filmé prend alors tout son sens.

Au Japon, on dit que chaque cérémonie du thé est unique et ne se vit qu’une seule fois. Les règles sont immuables et les gestes, ancestraux et précis, doivent être exécutés parfaitement et humblement.

Noriko va le comprendre au fil de son initiation. C’est sans doute un des sens les plus importants de la cérémonie du thé, nous encourager à vivre et savourer pleinement l’instant présent.

La contemplation et l’introspection occupent une place prépondérante dans ce film. Si vous avez déjà assisté à une cérémonie du thé et si appréciez ce moment, vous y serez sans doute très sensibles. Si vous n’êtes pas de nature contemplative, ce film risque de vous paraître un peu long.


En conclusion

J’ai apprécié le côté immuable du sujet de ce film. Il nous montre un parcours de vie universel : une jeune fille quittant la maison de ses parents, la séparation amoureuse, la mort d’un proche, etc. Cette initiation au thé donne un sens à la vie de Noriko et les événements qui la traversent auraient très bien pu se dérouler dans les siècles passés… ou dans le futur !


La bande annonce du film

Fiche technique

  • Titre : Dans un jardin qu’on dirait éternel
  • Titre original : Nichinichi Kore Kôjitsu
  • Sortie en France : le 26 août 2020
  • Durée : 1h 40min
  • Réalisateur : Tatsushi Ōmori
  • Le casting
    • Kiki Kirin, dans le rôle de Maître Takeda
    • Haru Kuroki, dans le rôle de Noriko
    • Mikako Tabe, dans le rôle de Michiko
    • Mayu Harada, dans le rôle de Tadoroko
    • Saya Kawamura, dans le rôle de Sanae

Le thé de Noël, un incontournable de la fin d’année

Divinithe : Christmas tea de chez nunshen

La période des fêtes de fin d’année approche, avec son lot de spécialités culinaires et ses fameux thés de Noël. A nous les moments de cocooning sublimés par ces thés aux notes chaudes et réconfortantes. Exactement ce dont nous avons besoin en ce moment !

Les amateurs de thés sont souvent très attachés au thé de Noël d’une marque, au point que ce thé devient sa signature. Mais savez-vous comment sont créés ces thés parfumés ?

Pour répondre à cette question, j’ai interviewé une experte dans le domaine : Carine Baudry. Elle source des thés et créé des mélanges parfumés depuis plus de 15 ans. Heureux hasard, cette année, elle a créé un Christmas Tea pour la marque nunshen...

DiviniThé : Pour commencer, Carine, peux-tu présenter ton métier et ton parcours en quelques mots ?

Carine Baudry : Mon métier comporte de nombreuses facettes. Par mon expérience, je dispose d’une vision à 360° du thé qui commence dans la plantation, au pied des théiers pour se terminer par la dégustation. J’accorde une grande importance à la dimension sensorielle de cette boisson ainsi qu’à la relation humaine que je construis avec mes partenaires

Le sourcing, qui est la première étape de mon métier débute par des voyages d’études. Je passe du temps à tisser la relation avec les producteurs, à comprendre leur façon de travailler. La sélection des thés doit avoir du sens. Le respect des hommes qui les produisent et le respect des normes pour la culture sont primordiaux.

Aujourd’hui, je réalise ce sourcing pour nunshen. Je sélectionne donc les thés qui correspondent à l’identité de la marque et à celle ses clients. Il peut s’agir d’une épicerie fine, de boutiques ou de restaurants et d’hôtels. Je travaille en étroite relation avec les établissements de la gastronomie, notamment avec les sommeliers et les chefs étoilés qui ont des demandes plus spécifiques.

Portrait-de-Carine-Baudry, Experte en thé, fondatrice de la Quintessence
Carine-Baudry, Experte en thé, fondatrice de la Quintessence

Une autre facette de mon métier consiste à mettre en mots le thé, à le décrire pour qu’il devienne accessible et pour rendre compréhensible la particularité de chaque thé. C’est dans cet esprit que je forme les professionnels, mais également des amateurs. Mon approche sensorielle est centrée sur ce ressenti et le vocabulaire permettant de s’exprimer et de transmettre.

Le dernier aspect de mon métier est celui de la création de thés parfumés. Pour cela j’utilise bien sûr mon expérience du terrain mais également ma formation initiale de nez à l’ISIPCA de Versailles.

D : Pour créer un thé parfumé, faut-il avoir une formation spécifique et existe-t-il des normes ?

CB : C’est essentiellement une sensibilité qui va s’exprimer, accompagnée d’un savoir-faire. Il faut trouver le juste équilibre pour obtenir un thé harmonieux.

D : Les thés parfumés occupent une grande place chez les amateurs de thé en Occident, sais-tu à quand cela remonte ?

CB : Bien sûr, il existe en Chine des thés parfumés par imprégnation depuis la dynastie Song (960–1279), notamment des thés au jasmin. Néanmoins, le véritable boum a eu lieu dans les années soixante-dix, avec le développement des arômes. C’est à ce moment que sont apparus et se sont développés les thés parfumés et aromatisés.

C’est un travail qui demande de la créativité, une sensibilité ainsi qu’une parfaite connaissance des matières premières et de leurs interactions. C’est une création qui pourrait être comparée à celle d’un plat par un chef ou d’un parfum créé par un parfumeur.

D : Comment se passe la création d’un thé comme ce thé de Noël ?

CB : Cela varie selon le brief et les contraintes qu’il contient. Pour ce Christmas tea, nunshen m’a demandé de créer un thé de Noël sur une base de thé vert. J’ai décidé de créer un thé sans arômes, avec des épices.

Avant de commencer la création, je passe un certain temps à l’imaginer. Comme les créateurs dans de nombreux domaines je crois, j’imagine ce que cela va évoquer. Je me suis laissée porter par mes souvenirs d’enfance. Notamment ceux des marchés de Noël en Alsace. Dans cette région, les fêtes de fin d’année sont l’occasion de cuisiner de nombreuses spécialités, dont de délicieux gâteaux blancs parfumés à l’anis.

DiviniThé ; badiane
La badiane est également connue sous le nom d’anis étoilé

Une fois que j’ai défini ce que va contenir le thé parfumé, je commence concrètement la création. Je sélectionne les matières premières que je déguste au préalable. Puis, je les imagine en mélange. C’est donc d’abord une construction mentale.

D : Combien de versions sont nécessaires à la création d’un thé et as-tu un panel de goûteurs ?

CB : L’expérience aidant, j’ai de plus en plus en tête le résultat que je souhaite obtenir. J’ai réalisé 15 versions en tout. A l’étape de le faire goûter, il en subsistait 3. Comme cette création est arrivée pendant le premier confinement, ma famille a suivi mes créations et mes essais. Ils ont l’habitude de boire du thé et leur avis est constructif pour avancer. Bien sûr, nous avons également validé la formule finale à distance, avec l’équipe de nunshen.

D : Y’a-t-il un nombre d’ingrédients à respecter pour obtenir un thé équilibré ?

CB : Il n’existe pas de règles précises. L’objectif doit toujours être d’obtenir un profil harmonieux, en restant attentif à ce qu’il ne soit pas confusant sous prétexte d’utiliser beaucoup d’ingrédients. Chaque ingrédient apporte des notes et ensuite l’alchimie du mélange opère.  

J’avais envie que ce thé soit un nectar de bienfaits parce qu’il contient des notes qui font plaisir, rassurent et stimulent mais aussi parce qu’il est bon pour la santé. La badiane, la cannelle et le fenouil possèdent de belles vertus pour la digestion. On en a plus que besoin en cette période. On peut donc le boire matin, midi et soir !

Carine Baudry

D : Parle nous de la spécificité de ce thé de Noël…

CB : L’idée était de créer un thé sans aromes, dont la qualité aromatique était apportée par la qualité des ingrédients ajoutés. Je suis partie d’un thé vert sourcé au Népal. Il est délicat, avec des notes végétales, minérales et florales.

Je voulais proposer autre chose que l’habituelle note dominante de cannelle des thés de Noël. J’ai donc ajouté un bouquet d’épices qui nous oriente vers un univers plus réglissé, chaud et boisé. Il est notamment porté par la badiane. La cannelle et la girofle lui apportent chaleur et profondeur tout en renforçant son univers boisé.

La cannelle est une cannelle cassia. Plus sucrée que l’autre cannelle, elle va s’associer avec l’écorce d’orange et apporter un pôle gourmand. Les baies roses et le fenouil font le trait d’union vers le thé et apportent un côté plus frais.

Visuellement, je voulais que ce thé soit comme un sapin de Noël avec le vert des feuilles, le marron du tronc, les guirlandes jaunes dorées et les boules rouge.

Divinithe-Melange-Chrismas_tea_de_nunshen
Le mélange Chrismas tea évoque Noël visuellement

J’avais envie que ce thé soit un nectar de bienfaits parce qu’il contient des notes qui font plaisir, rassurent et stimulent mais aussi parce qu’il est bon pour la santé. La badiane, la cannelle et le fenouil possèdent de belles vertus pour la digestion. On en a plus que besoin en cette période. On peut donc le boire matin, midi et soir !

D : Avec quel(s) met(s) nous conseilles-tu de boire ce thé ?

CB : Christmas Tea se boit chaud mais également froid. Pour le consommer froid, il est conseiller de l’infuser à chaud et ensuite le faire refroidir. Cela permet de mieux en extraire les vertus santés et la richesse aromatique.

Pour une boisson encore plus gourmande, infusez-le dans du lait de vache ou végétal (notamment lait d’avoine). En cuisine, il parfumera vos papillotes de poisson ainsi que vos crèmes

Il est également intéressant avec une raclette de fromages à l’ail des ours ou aux cinq baies ainsi qu’avec une tomme au cumin. Il s’accorde aussi avec un cake aux épices, des fruits secs ou du pain d’épice.

Divinithe-tasse de-Christmas_tea_nunshen
Ce Chrismas tea est également très appréciable car il possède des vertus digestives

Conseils d’utilisation du Christmas Tea

  • Température de l’eau : 80°C
  • Temps d’infusion : 4mn
  • Prix : 10€ les 100 grammes

Recette l’omelette aux feuilles de thé vert où, comment recycler ses feuilles de thé ?

Image DiviniThé : Omelette battue, salée et poivrée + feuilles de thé + graines de sésame et lin

Durant le confinement, certains d’entre-nous disposent de plus de temps pour cuisiner. Je vous propose donc une recette simple mais originale : l’omelette au thé vert. Elle permet de recycler vos feuilles de thé vert tout en revisitant un classique de la cuisine, l’omelette, en lui apportant des arômes surprenants !

Liste des ingrédients

Image DiviniThé pour la recette de l'omelette au thé vert

Pour 4 personnes :

  • 8 oeufs
  • 10 grammes de feuilles de thé déjà infusées
  • 2 cuillères à soupe de graines de sésame grillées et de lin
  • 200 grammes de lardons pour les carnivores
  • Sel et poivre à votre convenance

Avant de commencer à cuisiner…

Prendre le temps de déguster son thé vert japonais

Faites-vous plaisir en vous préparant un délicieux thé vert japonais que vous prendrez le temps de savourer pleinement. Réserver les feuilles.

Pour ma part, j’ai choisi un thé vert japonais, le Sencha Fukujyu de chez nunshen que j’avais bu le matin. Ces notes végétales et iodées vont apporter une touche originale à l’omelette.

Nb. Vous pouvez également utiliser un thé vert chinois, comme du Long Jin ou les feuilles d’un grand cru japonais comme le Gyokuro.

Image DiviniThé : feuille de sencha après infusion.
ASTUCE : Vous pouvez recycler vos feuilles de thé infusées dans l’omelette mais également les utiliser comme engrais au pied de vos plantes !

La préparation

Battez les oeufs, salez et poivrez et ajoutez les feuilles de thés infusées ainsi que les graines de lin et de sésame grillées.

Image DiviniThé : Omelette battue, salée et poivrée + feuilles de thé + graines de sésame et lin
Omelette battue, salée et poivrée + feuilles de thé + graines de sésame et lin

A la poêle !

Image DiviniThé : faire revenir les lardons dans la poêle.
On peut mettre des lardons, si vous n’êtes pas carnivores, mettez un peu d’huile dans la poêle avant de verser l’omelette.

Commencez par faire revenir les lardons.
Ajoutez ensuite le mélange les oeufs battus avec les feuilles de thé puis les graines.

Laissez cuire à votre convenance. Pour ma part, je n’aime pas l’omelette baveuse, alors je prends le temps de bien la cuire !

Image DiviniThé : poêle contenant une omelette au thé vert
Omelette au thé vert

Il n’y a plus qu’à déguster…

Et pour accompagner votre dégustation, bien sûr, vous pouvez vous faire une nouvelle une infusion du thé qui a servi pour l’omelette !

Image DiviniThé : Omelette au thé vert prête à être dégustée !

La légende de Tie Guan Yin

En Chine, on adore raconter des histoires, notamment autour des thés, de leur découverte et de leur création. Aujourd’hui on parle de storytelling mais à l’époque, il s’agissait de légendes…

Le fameux oolong, appelé Tie Guan Yin, s’inscrit dans cette tradition. Il existe même plusieurs légendes concernant la naissance de ce thé. Voici l’une des plus célèbres : celle du pieux et méritant paysan, remercié par une déesse pour sa dévotion !

Il y a fort longtemps, dans le sud de la province du Fujian, au pied des monts d’Anxi, vivait un paysan. Il était, très pauvre et très pieux et se nommait Wei Yin.

Pour se rendre aux champs, il passait toujours devant un temple délabré, dédié à Guan Yin. Dans le taoïsme, Guan Yin est une déesse tandis que pour le bouddhisme, c’est un bodhisattva. Quoiqu’il en soit, dans les deux cas, son nom signifie compassion et miséricorde. On l’évoque donc souvent pour les causes désespérées…. et la situation de notre pieux paysan l’était !

Malgré sa pauvreté, Wei Yin ne manquait jamais l’occasion de se recueillir et faire une offrande à la statut.

Il était désolé de voir ce temple si délabré. Un jour, il promit à la statue que si sa situation s’améliorait, il redonnerait son éclat originel au temple.

Le rêve salvateur…

Peu de temps après cette promesse, une nuit de printemps, la déésse Guan Yin lui apparût en rêve. Elle lui indiqua une grotte où trouver un trésor. Elle lui promit que ce trésor lui assurait la prospérité, ainsi que celle des habitants de la région.

Le lendemain matin, Wei Yin se mit donc en route vers le lieu indiqué. Il chercha longtemps le trésor dans la grotte, sans rien trouver. Il finit par remarquer un petit arbuste, baigné d’un rayon de soleil. Dépité, il le déterra pour le replanter dans son champ.

Les débuts d’un grand thé…

En grandissant, l’arbuste se révéla être un théier. Notre paysan récolta les feuilles afin de goûter le thé obtenu. La délicatesse de la liqueur et par la richesse de la tasse obtenue le surprirent.

Sans plus attendre, il le fit donc goûter à ses voisins. Immédiatement conquis, ils lui demandèrent le nom de ce thé ! Wei Yin réfléchit. Ce thé était un don de la déesse. Il déclara donc : « Nous l’appellerons Tie Guan Yin. Tie car ses perles de thé sont lourdes comme le fer. Guan Yin en hommage à la déesse qui me l’a fait découvrir. »

Fidèle à son vœux, Wei Yin fit restaurer le temple de la déesse et donna des boutures du théier à ses voisins. Très rapidement, le Tie Guan Yin se répandit dans toute la vallée d’Anxi et fit la richesse de la région.

Le Tie Guan Yin est aujourd’hui un cultivar qu’on trouve bien au-delà de la région d’Anxi, notamment à Taïwan.

Le Tie Guan Yin d’Anxi est considéré comme l’un des 10 meilleurs thés de Chine. Il est aujourd’hui l’objet d’une appellation d’origine contrôlée.

Capsule Bio, pour être écolo !

Thé en vrac contenu dans la capsule

Evacuons  d’entrée de jeu le débat : pour ou contre le thé en capsule. Bien sûr, rien ne remplace des feuilles de thé en vrac, préparées selon les règles de l’art. Cependant, nous ne pouvons nier le côté pratique des capsules qui conviennent bien à certains profils de consommateurs.

Comment est né Capsule bio ?

Capsule Bio est né d’un constat : le thé en capsule correspond à une pratique. En revanche, après usage, les capsules laissent une empreinte écologique désatreuse pour notre planète.

L’équipe est composée de 3 personnes. Sophie, ancienne pharmacienne en milieu hospitalier ; Céline ancienne infirmière et Yolaine, ancienne professeur de français. Trois femmes qui ont donc décidé de remédier à cette situation en créant des capsules biodégradables contenant du thé bio !

L'équipe de capsule Bio
L’équipe de Capsule Bio

Le thé et les machine à capsules

Il existe aujourd’hui sur le marché français deux principales machines à thé en capsules : la SpecialT et la T.O. by Lipton. Néanmoins, cette dernière n’est plus commercialisée depuis fin 2019. On peut donc s’interroger sur l’utilité d’une machine dédiée au thé. En effet, l’espace sur le plan de travail de la cuisine étant limité, une machine préparant à la fois le thé et le café semble suffisante.

Forte de ce constat, allié à la volonté d’atteindre le plus grand nombre, l’équipe de Capsule Bio s’est tournée vers Nespresso. En effet, sa machine permet d’intégrer des capsules pour le café, le thé et les infusions.

Les capsule biodégradables et compostables
Les capsules biodégradables et compostables

En quoi ses capsules sont-elles bio ?

Fabriquées en France, ces capsules 100% d’origine végétale, sont en amidon de maïs. Elles ont donc l’avantage d’être biodégradables…. et compostables !

La démarche écologique est également présente à l’intérieur de la capsule. Les produits sélectionnés ont obtenu le label AB (agriculture biologique) et le label Bio de l’Union européenne.

La gamme

  • Aujourd’hui la gamme compte 8 thés, dont de nombreux incontournables.
    • un thé vert à la menthe, un au gingembre-citron et un 3e aux litchis et à la mangue
    • un Earl grey noir , un aux fruits rouges et un autre à la vanille
    • un thé blanc à la pomme
    • et l’incontournable thé de Noël
  • Des infusions sont également proposées :
    • une aux fruits rouges
    • une verveine-menthe
    • et un rooibos parfumé à l’ananas, ou au caramel, ou à la vanille

Où trouver les capsules ?

Pour le moment, la vente s’effectue uniquement sur Internet, par paquet de 10. Le prix varie entre 3€95 et 4€35, ce qui correspond au prix moyen des capsules de thé.

D’un point de vue gustatif, le produit est tout à fait comparable à celui proposé par la Spécial T. Grâce à ses capsules, on se prépare un thé rapidement. Elle ont également toute leur utilité au bureau car les machines Nespresso y sont bien implantées !

Au-delà de la démarche écoresponsable, saluons Capsule Bio pour sa sélection de thés. En effet, la marque a dû faire face à des impondérables. La température de l’eau de la Nespresso est à 90°C. Cela implique donc des choix dans les thés. Par exemple, le thé vert est meilleur infusé entre, 60°C pour les grands crus, et 70 à 80°c pour les autres. La marque a su s’adapter en sélectionnant un thé vert qui ne devient pas amer à haute température.